Echec de l'offensive rwando-congolaise
Les FDLR affirment infliger des pertes aux Congolais et Rwandais
Nairobi - Les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont affirmé vendredi avoir infligé de lourdes pertes aux armées congolaise et rwandaise
lors «d’intenses combats» dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), à croire une dépêche de l'AFP. Les troupes rwandaises entrées le 20 janvier en territoire congolais pour
aider l’armée de Kinshasa à traquer les FDLR, basées dans l’Est de la RDC et considérées comme l’une des principales causes de l’insécurité dans cette région, sont officiellement rentrées dans
leur pays le 26 février.
«D’intenses combats continuent d’opposer la coalition aux FDLR dans la province du Nord-Kivu», écrit le secrétaire exécutif de l’organisation, Callixte Mbarushimana, dans un communiqué daté de
Paris. Les combats les plus meurtriers ont eu lieu dimanche «dans les environs de Peti et Pinga», deux localités du territoire de Masisi, où «la coalition a perdu plus de 50 militaires», affirme
le texte, alors qu'officiellement le contingent rwandais a regagné Kigali.
Lors d’autres affrontements dimanche et lundi «dans les environs de Miliki dans le territoire de Lubero», les FDLR ont mis en échec une attaque de la coalition qui y a perdu plus de 40 hommes,
selon la même source, qui ne précise cependant pas s’il s’agissait de soltats congolais ou rwandais.
Lundi, la coalition aurait encore perdu «plus de 30 militaires» lors des combats» dans le Masisi, affirme
encore le communiqué, selon lequel les FDLR «ont saisi (...) des quantités considérables de matériel militaire dont des canons et des mortiers».
A la fin de l’opération conjointe RDC-Rwanda contre les rebelles, le gouvernement rwandais avait pourtant
jugé que les FDLR avaient été «sérieusement affaiblis», reconnaissant toutefois que le «problème n’était pas résolu».
Drame humanitaire à Sava Ina après l’occupation de l’armée angolaise
Mbanza-Ngungu - La majorité des habitants de Sava Ina, l’une des localités occupées par des militaires angolais dans le Bas-Congo,ont fui leur village et leurs conditions de vie sont des plus
difficiles, bon nombre d’entre eux passant la nuit à la belle étoile. Selon le député Jacques Lungwana, qui revient de la contrée et qui tire la sonnete d’alarme, Sava Ina vit «un véritable drame
socio-humanitaire», rapporte radio Okapi parrainée par l’ONU.
Le député a effectué un voyage à Luvaka, un village situé
à moins de 20 km de Sava Ina où il a recueilli de nombreux témoignages faisant état de la situation humanitaire préoccupante dans laquelle se trouvent ses habitants qui ont fui l’occupation des
soldats angolais. Sans toit et sans nourriture, même l’accès à l’eau potable leur est également difficile. Les élèves ne vont plus à l’école, note-t-il.
Le député Lungwana se dit étonné de voir que le gouvernement central ne réagit pas face à cette situation.
«C’est vraiment inquiétant, la situation est dramatique », a-t-il lancé avant de jeter des fleurs au vice-gouverneur de la province du Bas-Congo, Déo Nkusu « qui a pensé au moins à donner quelque
chose à ces gens-là.»
« Aujourd’hui, je ne peux demander que deux choses : que les deux gouvernements se mettent ensemble pour
trouver la solution, et que le gouvernement congolais puisse venir en aide à cette population qui est en détresse», a conclu le député Jacques Lungwana.
Du coté du gouvernement central, le ministre des Affaires sociales, Barthélemy Botswali, contacté par radio
Okapi, a déclaré ne pas être informé de la situation que traversent les habitants du village Sava Ina. Par ailleurs, d’autres sources renseignent, en revanche, que la population du village de
Kuzi continue, malgré la présence des soldats angolais, à vaquer librement à ses occupations.
Les attaques de la LRA dans deux districts de la province Orientale contre la population
s’intensifient
Kisangani - Les rebelles ougandais de la LRA ont intensifié jeudi et vendredi leurs attaques contre les civils dans les districts du Haut Uélé et du Bas Uélé, dans la province Orientale, où l’on
déplore environ 5 morts et plus de 30 civils enlevés. Ces attaques ont provoqué d’importants mouvements des populations qui fuient leurs villages vers d’autres centres, note radio Okapi,
parrainée par l’Onu.
Dans la journée de jeudi, le village de Bangalu, situé à 50 km de Dungu-Centre, deux civils ont été tués et 7
autres enlevés par des rebelles ougandais. Dans la même entité, un jour plus tôt, les mêmes rebelles ont encore tué deux civils à Masabe, à 85 km à l’Est de Dungu-Centre. A l’issue de cette
attaque, un jeune homme de 18 ans, rescapé et blessé à l’abdomen, a été conduit à l’hôpital général de Gangalanabodio où il suit des soins jusqu’à présent. Le coordonnateur de la commission
diocésaine « justice et paix » de ce territoire a confirmé l’information.
Selon lui, les habitants de Masabe se dirigent actuellement vers Faradje, et ceux de Bangalu vers Nyangara,
où les FARDC sont présentes. Dans le district du Bas-Uélé, un opérateur économique a été tué à Nango, situé dans la collectivité de Mompoyi, en territoire d’Ango. Selon un chef coutumier de la
place, ce ressortissant soudanais, très connu dans le milieu, revenait de Yambi, au Sud-Soudan, avec sa marchandise sur un vélo. La même source signale des scènes de pillages survenues le même
jeudi, suivies de l’enlèvement de 25 civils par la LRA à Bamangana, un village de la collectivité de Mopoyi.
195,5 millions du FMI en urgence pour la RDC, frappée de grave crise
Washington - Le Fonds monétaire international a annoncé jeudi que son conseil d’administration avait approuvé en urgence le versement de 195,5 millions de dollars à la République démocratique du
Congo (RDC), confrontée à une grave crise économique. Ce versement se fera dans le cadre de la «facilité de protection contre les chocs exogènes», qui fournit un prêt avec un taux d’intérêt très
réduit aux pays pauvres touchés par une crise née hors de leurs frontières.
«Fin 2008, la crise financière mondiale et le ralentissement économique ont provoqué la chute des prix
mondiaux des principales exportations» du pays, qui est un important producteur de matières premières, a expliqué le FMI. «Cette baisse, s’ajoutant à une aggravation du conflit dans l’Est du
pays, a réduit les réserves brutes (en devises, ndlr) officielles à un niveau très bas, mis le taux de change sous pression, et affaibli les perspectives de croissance», a ajouté l’institution
multilatérale.
Le pays a connu en 2008 une croissance de 8,2%, et une inflation de 28%. Le FMI prévoit que la croissance
chute à 4,4% cette année, et l’inflation à 12%. Pour stopper la chute de la valeur du franc congolais, qui a considérablement renchéri le coût de la vie dans un pays très dépendant de ses
importations, la Banque centrale du Congo a relevé son taux directeur de 28% à 65% entre décembre et janvier.
«Les autorités ont suivi une politique adaptée pour réagir au choc», selon le FMI, mais «en l’absence d’une
aide suffisante des donateurs, à court terme, les difficultés de la balance des paiements et du budget de l’Etat nécessiteraient une réduction considérable des importations et une baisse des
dépenses publiques».
La Banque mondiale avait annoncé en février un prêt à long terme et sans intérêt de 100 millions de dollars
au pays. Dans le même cadre de soutien aux Etats frappés par les conséquences de la crise mondiale, la RDC attend de la Banque africaine de développement 50 millions USD promis par une délégation
d’administrateurs de cette institution financière qui a séjourné en février dernier à Kinshasa.
Ce contexte, souligne-t-on, a mis en mal les emplois existants avec des des licenciements massifs dans les
provinces minières, principalement, celles du Katanga et du Kasaï oriental, où les pertes d’emplois avoisinent trois cents unités. Même les creuseurs artisanaux ont déserté leurs puits à la suite
de la chute des prix des produits miniers. Cette situation aggrave la pauvreté dans le pays.
Les cent millions Usd serviront à financer les importations de biens de première
nécessité pour endiguer et peut-être enrayé l’inflation à travers la bausse des prix. Il servira à payer un mois de salaires des enseignants et six mois de facturation d’eau et d’électricité à
charge de l’Etat.
La dépréciation du franc congolais face au dollar a repris en RDC
Kinshasa - La monnaie congolaise, le franc congolais, a repris sa dégringolade face au dollar et à l’euro, en dépit de mesures prises par le gouvernement, a rapporté jeudi la radio onusienne
Okapi. La barre des 800 francs congolais (FC) pour un dollar américain a été franchie mercredi à Kinshasa sur le marché noir. Et il faut plus de 1.000 francs pour obtenir un euro. En trois mois,
la monnaie congolaise a perdu plus de 35% de sa valeur face au billet vert, entraînant du coup une flambée des prix de biens de consommation - dans un pays où le revenu moyen par habitant est
d’un dollar par jour -, a souligné Radio Okapi, parrainée par l’ONU.
Sur les marchés de Kinshasa, l’augmentation des prix de produits alimentaires est proportionnelle du taux
d’inflation. Un sac de cossettes de manioc se négocie ainsi actuellement à 45.000, voir 47.000 FC, soit une augmentation de plus de 30% par rapport à fin décembre 2008. Il en est de même pour le
maïs. Le prix d’un bidon d’huile de palme est passé de 9.000 à 15.000 FC, alors qu’un sac de riz de 25 kilos s’écoule aujourd’hui à 24.000 FC, contre 19.000 FC en début février. Un carton de
poisson est acheté à 40.000FC contre 30.000 FC en fin décembre.
La devise de la RDC avait déjà connu un premier accès de faiblesse début janvier, avant que le gouvernement
de Kinshasa et la Banque centrale du Congo (BCC) ne prennent une série de mesures, dont un relèvement du taux directeur d’intérêt par palliers de 28 à 63%. La monnaie congolaise était ainsi
remontée au taux de 650 FC pour un dollar (550 sur le marché parallèle) après une chute brutale - de l’ordre de 20% -, avec des taux qui avaient alors atteint plus de 900 francs pour un dollar.
Mais les interventions de la BCC ont réduit ses réserves en devises étrangères, qui avaient chuté en février à 36 millions de dollars - soit un à deux jours de couverture des importations, selon
un expert.
La RDC, qui tente de se remettre des suites d’une longue guerre civile et régionale, entre en 1998 et 2003,
est touchée de plein fouet par la crise économique mondiale et la chute des cours de ses matières premières, bien que celui du cuivre ait rebondi en raison de la faiblesse des stocks, a expliqué
un spécialiste du dossier à l’agence BELGA.
Face à la baisse de ses recettes, le gouvernement tente de les «maximaliser» en réclamant des régies
financières qu’elles collectent davantage et plus rapidement les impôts et taxes. Kinshasa compte aussi sur l’aide des donateurs internationaux. La Banque mondiale (BM) a annoncé le 27 février
l’octroi d’une aide de 100 millions de dollars à la RDC, en faisant l’un des deux premiers pays - avec l’Arménie - à bénéficier d’une nouvelle facilité de prêts d’urgence. Cette aide doit
permettre de financer des importations indispensables de biens et de matières premières, de payer des enseignants ainsi que les factures d’eau et d’électricité de l’Etat.