La JUNAFEC de Kyungu wa Kumwanza fait du banditisme urbain à Lubumbashi sous la barbe des autorités

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Kyungu wa Kumwanza (en jaune) avec des cadres de l'UNAFEC
Kyungu wa Kumwanza (en jaune) avec des cadres de l'UNAFEC

Lubumbashi, 26/06 - Les vendeuses et vendeurs à la sauvette communément appelés « marchands pirates », ont organisé une marche, jeudi à Lubumbashi, pour protester contre la traque dont ils sont l’objet de la part de la JUNAFEC (Jeunesse de l’Union nationale des fédéralistes du Congo, un parti politique créé par le président de l’Assemblée provinciale du Katanga), dont les jeunes adhérents, selon une dépêche de l’ACP, font littéralement du banditisme urbain sans que personne ne puisse réagir.

En effet, revigorés par leur appartenance à cette formation politique dirigée par l’homme fort du Katanga et faisant partie de Majorité présidentielle, ces jeunes gens, qui ne sont pas à leur premier coup d’essai, se croient tout permis et se substituent aux agents de l’ordre, aidés parfois dans leurs turpitudes par des policiers qui ne comprennent rien à rien.

A l’issue de la manifestation, les vendeuses et vendeurs à la sauvette ont été reçus au gouvernorat par le directeur de cabinet du chef de l’exécutif provincial du Katanga, le Prof Huit Mulongo Kalonda Ba Mpeta, qui a apaisé les esprits, promettant de transmettre leurs doléances à l’autorité compétente.

Les manifestants estiment que la Jeunesse d’un parti politique n’a pas le droit de se substituer aux services de l’ordre. Ils déplorent les abus commis par les éléments de la JUNAFEC, connus sous l’appellation de « Zoulous » et qui sont déployés au centre-ville de Lubumbashi depuis le début de la semaine, traquant les marchands pirates, exerçant bien entendu en violation de la loi, raflant leurs marchandises. Aucune mesure urgente n’a été prise face à ce gangstérisme urbain.

Le même phénomène est signalé à Kinshasa où « Les jeunes kabilistes » affichent un comportement similaire. Le témoignage nous livré par un journaliste congolais, dont nous taisons l’identité pour des raisons évidentes, est édifiant. En effet, débarqué par un taxi au croisement du Boulevard Triomphal et de l’Avenue des Huileries, le journaliste remarque en face de lui une habitation cossue. Sur le mur de clôture trône un écriteau bien visible avec ces écrits : « Maison des Jeunes kabilistes » côtoyant l’effigie du président Kabila.

Mal lui en prit, il sort son objectif et décide de prendre la maison et les écrits en photo. A la seconde, il est littéralement happé par quatre malabars sortis précipitamment de l’habitation et amené à l’intérieur, aidé par un policier qui passait par hasard.

Après un interrogatoire serré et malgré que le journaliste a exhibé sa carte de presse, prétextant que la photo devait servir à illustrer une publication, il est menacé de coups et d’être transféré à l’ANR (Agence nationale de renseignement) pour « non respect au Chef de l’Etat », d’après une interprétation que seuls « les jeunes kabilistes » comprennent. Le journaliste réussira à sauver sa peau grâce à deux coups de fil passés dans un instinct de survie à des personnalités politiques de haut rang, qui sont parvenus à raisonner « les jeunes kabilistes ».

Un groupe de "jeunes kabilistes" en marge de leur 1er Congrès en décembre 2014 à Kinshasa. A droite, avec Lambert MendeUn groupe de "jeunes kabilistes" en marge de leur 1er Congrès en décembre 2014 à Kinshasa. A droite, avec Lambert Mende

Un groupe de "jeunes kabilistes" en marge de leur 1er Congrès en décembre 2014 à Kinshasa. A droite, avec Lambert Mende

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