Des professeurs d'université en grève brutalisés à coups de matraque devant la Primature

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Des policiers congolais
Des policiers congolais

Kinshasa, 8 juil - Près de quarante professeurs d'universités impayés depuis plusieurs mois et qui se rassemblaient le lundi 6 juillet devant la Primature pour réclamer la régularisation de leur situation ont été brutalement dispersés par la police et certains blessés, ont indiqué des témoins à Radio Okapi citée par l'APA.

Au mois de juin, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo avait demandé au ministère de l'Enseignement supérieur et universitaire de diligenter un contrôle physique des professeurs avant d'autoriser qu'ils soient payés aux grades qu'ils réclament, affirment ces professeurs.

"Nous sommes venus pour nous rassurer : le contrôle est terminé, est-ce que nous serons payés au mois de juillet ? Dommage que quand nous arrivons à la Primature, personne ne veut nous recevoir. Le Directeur de cabinet adjoint du Premier ministre nous envoie un message selon lequel il allait nous répondre. Et la réponse qui est arrivée, c'est une jeep de la police pleine avec des armes et munitions, comme si nous étions dans une zone de guerre", a déploré un professeur.

Les policiers ont dispersé ces enseignants d'universités à coups de matraque, les repoussant jusque sur l'avenue Pierre Mulele (ex-24 Novembre), très loin des bureaux du Premier ministre "Puisque nous avons des blessés parmi nous, nous avons des gens qui ont perdu leurs téléphones cellulaires, on va se concerter et voir ce que nous allons faire à la prochaine étape", a-t-il poursuivi.

Le cabinet du Premier ministre n'a pas encore réagi à cet incident. En mai dernier, un autre professeur associé à l'Institut supérieur des techniques médicales (ISTM), Naupess Kibiswa, avait observé une grève de la faim toujours devant le cabinet de Matata Ponyo pour réclamer ses arriérés de salaire de sept mois. Il avait également été évacué sans ménagement par des policiers sous ordre de la Primature, dans cette drôle de démocratie.

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