Joseph Kabila dément avoir engagé une action judiciaire contre quatre gouverneurs

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Le président Kabila et les gouverneurs de provinces
Le président Kabila et les gouverneurs de provinces

Kinshasa, 3 juil – La plainte qui circule serait fausse. Le président Joseph Kabila a demandé aux gouverneurs et à tout le monde de ne pas se fier à cette rumeur. Le chef de l'Etat a fait ce commentaire au cours d'une audience qu'il a accordée à la délégation des gouverneurs des provinces et dont le compte-rendu a été fait par celui du Nord-Kivu, Julien Paluku.

Le gouverneur du Nord-Kivu, au sortir de l’audience, a déclaré: " Il y a une affaire dont on se fait échos sur Internet au sujet des gouverneurs de province qui auraient été assignés en justice (le Chef de l'Etat précise qu'il parle bien au conditionnel), avant de préciser : « Eh bien, en tant qu'homme d'Etat et homme politique, on ne peut pas se fier à des rumeurs ». Et le Chef de l'Etat de conseiller la population congolaise de considérer ce qu'on lui sert, aussi bien sur la toile que dans certains médias, comme de la rumeur pure et simple. Et devant ces rumeurs, Joseph Kabiba conseille que l'on se bouche les oreilles.

Cependant, Kinshasa reconnaît que la plainte du conseiller spécial Luzolo Bambi auprès du Procureur général est une vérité mais fait suite à des dénonciations à l'endroit de quelques cadres et gestionnaires du Congo. Le document, hautement confidentiel, avait été remis entre les mains du Pgr. Le Conseiller spécial du Chef de l'Etat, partant du fait qu'il s'agissait des accusations à vérifier avant confirmation, et étant donné que les personnes concernées bénéficiaient de la présomption d'innocence, avait clairement dit qu'il n'était pas question de citer des noms.

Kinshasa explique que celle qui circule dans les médias est un faux fabriqué pour le besoin d'anticipation, d'opposer la justice à la politique. Il n'est pas dit que parmi les gouverneurs cités, un seul ne pourra pas figurer sur la plainte réelle. Mais il faut attendre que l'instruction commence et que le nombre exact et l'identité des accusés soient révélés par qui de droit.

Selon l’AFP, en effet, la plainte concernerait une trentaine d'accusés. L’agence française avait cité quatre gouverneurs compromis, celui du Katanga Moïse Katumbi, du Sud-Kivu, Marcellin Chisambo, et des deux Kasaï oriental et occidental, Alphonse Ngoy Kasanji et Alex Kande Mupompa. Elle avait ensuite ajouté à la liste deux proches de Matata Ponyo : Patrice Kitebi, ex-ministre des Finances, et Justin Kalumba, l’actuel ministre des Transports, tous deux soupçonnés entre autres de surfacturation des travaux de rénovation de la piste d’atterrissage à Kinshasa, pour un montant de onze millions de dollars. Mais également de hauts fonctionnaires, tous proches du Premier ministre Matata Ponyo, pour fraudes ou corruption, notamment de la Direction générale des impôts (DGI), de la Direction générale des recettes administratives (DGRAD) ainsi que des ministères des Finances et du Budget

Le gouverneur Moïse Katumbi est à la base de la fuite, selon Kinshasa

Kinshasa accuse le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi – assurément devenu l’ennemi numéro 1 du pouvoir – d’être à la base de la rumeur et de sa propagation, dans le but est d'enclencher sa défense. Mais l'auteur du faux en a ajouté trois autres pour que lorsque la vraie plainte dévoilera son mystère, dans l'opinion on fasse croire que l'on aurait bavé les autres, explique-t-on à dans la capitale congolaise. Et le seul qui serait resté dans les filets de la justice, serait le mal aimé pour ses ambitions politiques.

C'est le gouverneur du Katanga qui a mis au parfum les observateurs avertis en déblayant cette piste. Car, avait-il fait remarquer, déjà, alors ministre de la Justice, sous son mandat - pendant que le ciel était bleu au-dessus des relations entre Katumbi et le régime - la justice congolaise avait porté plainte contre Moïse Katumbi et sa famille à Londres et à Bruxelles. La Justice de ces deux pays, a-t-il ajouté, avait déclaré le non-lieu. Il y a toutes les bonnes raisons que le gouverneur du Katanga, ou ses stratèges, craignent que le moment soit propice aujourd'hui pour Luzolo Bambi de consommer froid sa revanche. En attendant que la justice se prononce, il fallait déclencher l'arme politique, est-on convaincu.

Est Kinshasa de s’étonner que quatre gouverneurs sur les onze que compte la RDC soient accusés par le Conseiller spécial du Chef de l'Etat, soit presque la moitié, mais que l'accent soit mis sur un seul des quatre, Que parmi les quatre gouverneurs, deux soient des deux Kasaï, considérés comme le fief de l'opposant Etienne Tshisekedi, n'est pas gratuit pour le pouvoir qui estime qu’on comptait sur l'opinion des habitants de ces deux provinces et surtout sur les leaders politiques de ces provinces connus pour machine à rumeur.

Comme on le voit, ce démenti, à la place d’éclairer la lanterne, vient au contraire rajouter à la confusion. Mais la vérité, c’est comme une femme enceinte, plus elle met sa main sur le ventre pour cacher la grossesse, plus les gens remarquent son état. Et avec le temps qui passe, la grossesse finit par repousser la main.

Selon l’APA

A gauche, le gouverneur Paluku  -  A dr, Moïse Katumbi, le mal-aiméA gauche, le gouverneur Paluku  -  A dr, Moïse Katumbi, le mal-aimé

A gauche, le gouverneur Paluku - A dr, Moïse Katumbi, le mal-aimé

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