Plainte de Kabila : Le ministre des Transports et plusieurs proches de Matata Ponyo dans le collimateur

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Matata Ponyo, dans la tourmente
Matata Ponyo, dans la tourmente

Bruxelles, 01/07 - Le journal C-News paraissant à Kinshasa a publié, lundi, un extrait de la « Demande d’ouverture d’information judiciaire » déposée le mardi de la semaine dernière par le conseiller spécial de M. Kabila pour la bonne gouvernance au procureur de la République. Dans ce document, l’actuel ministre des Transports, mais aussi de hauts fonctionnaires, tous proches du Premier ministre Matata Ponyo, sont nommément cités pour fraudes ou corruption.

Selon RFI qui cite le journal C-News, dans les documents rendus publics, on ne trouve pas de traces de la demande d’enquête pour fraude ou corruption formulée à l’encontre de quatre gouverneurs, ceux du Katanga, du Sud-Kivu, du Kasaï oriental et Kasaï occidental, ni de l’ex-directeur de cabinet de Joseph Kabila, Gustave Beya Siku, laquelle avait été largement commentée. Mais, on sait pertinemment bien que ces noms figurent dans la « demande d’ouverture d’information judiciaire » déposée par le conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de bonne gouvernance, Luzolo Bambi, à croire plusieurs sources.

Mais l’extrait de la plainte publié lundi semble, à croire RFI, se concentrer uniquement sur les collaborateurs du Premier ministre Matata Ponyo. Aux termes des documents en possession du journal, sont désignés comme responsables présumés de fraudes douanières ou fiscales, ou encore de détournement de deniers publics ou corruption les responsables de presque tous les services de l’Etat qui gèrent les rentrées et les dépenses financières. Ainsi, sont cités dans la plainte des hauts fonctionnaires de la direction générale des impôts (DGI), de la direction générale des recettes administratives (DGRAD) ainsi que des ministères des Finances et du Budget. Des portefeuilles sous la responsabilité de Matata Ponyo depuis 2010 en tant que ministre des Finances d’abord, ensuite comme chef du gouvernement depuis 2012.

Sont également pointés du doigt deux proches de Matata Ponyo : Patrice Kitebi, ex-ministre des Finances, et Justin Kalumba, l’actuel ministre des Transports. Les deux sont soupçonnés entre autres de surfacturation des travaux de rénovation de la piste d’atterrissage à Kinshasa. Onze millions de dollars auraient été dépensés pour payer les travaux d’excavation sur 400 mètres de la piste pour un résultat jugé médiocre, à en croire le document publié dans la presse. Des accusations lourdes, « mais suffisamment documentées » pour demander l’ouverture d’une instruction, estime le conseiller spécial de Joseph Kabila dans ce document.

Lundi, aucune réaction n’était enregistrée de la part des intéressés, mais d’aucuns se demandent déjà s’il ne s’agit pas là de règlements de comptes politiques à l’approche des élections. Pour sa part, le porte-parole du gouvernement Lambert Mendé a affirmé, sans convaincre, que rien ne permettait pour le moment de confirmer l’authenticité de ce document publié par le journal C-News. Personne n’est en tout cas dupe, la population congolaise se délectant d’ailleurs de savoir chaque jour quel nom de vautours la presse va encore tirer de cette boîte de Pandore que vient d’ouvrir Joseph Kabila.

A gauche, le ministre Kalumba  -  A dr, l'ancien ministre KitebiA gauche, le ministre Kalumba  -  A dr, l'ancien ministre Kitebi

A gauche, le ministre Kalumba - A dr, l'ancien ministre Kitebi

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article