Airbus congolais saisi à Dublin: Le gouvernement propose un règlement à l’amiable

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

L'un des deux avions de Congo Airways
L'un des deux avions de Congo Airways

Kinshasa, 27/08 - Le ministre des Relations avec le Parlement, Tryphon Kin-Kiey Mulumba, porte-parole intérimaire du gouvernement, a déclaré mercredi que toutes les options restent ouvertes pour obtenir la main levée de l’Airbus A320 de Congo Airways saisi à Dublin, en Irlande.

Dans une communication officielle sur la situation de cet avion, le porte-parole a présenté notamment l’option d’un « règlement à l’amiable », estimant qu’un « mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès ».

Il affirmé que le gouvernement de la RDC, actionnaire dans le capital de Congo-Airways, étudie un accord entre parties, qui pourrait être présenté devant le juge irlandais par les avocats des deux parties en vue de permettre une rapide main levée de l’appareil.

L’aéronef, le deuxième Airbus A320 de la nouvelle compagnie Congo Airways devait être livré ce mois pour permettre à cette compagnie de démarrer ses activités, le premier avion ayant été réceptionné le 30 juillet dernier. Il a été saisi à l’aéroport de Dublin où il subissait des travaux de peinture, sur une plainte de la société de droit américain MIMINCO LLC, pour un conflit qui remonte à l’époque de la guerre de libération en 1997.

La société MIMINCO LLC, qui s’était vu déposséder d’une concession minière qu’elle exploitait dans le territoire de Tshikapa, avait pu négocier et conclure avec le gouvernement congolais un règlement transactionnel au terme duquel l’Etat congolais devrait à la société américaine un montant de 13 millions de dollars américains.

L’Etat congolais a versé à MIMINCO LLC un acompte de 1,3 millions USD. C’est suite au non-paiement du solde dû que MIMINCO LLC a fait saisir l’avion de Congo Airways.

Cette saisie, a estimé le ministre Kin Kiey est un coup dur pour la nouvelle compagnie aérienne nationale dont l’Etat congolais n’est qu’un des actionnaires. Il n’a cependant pas dévoilé les autres options envisagées par le gouvernement en cas de non aboutissement du règlement à l’amiable.

Trop d’amateurisme dans la gestion de l’Etat - Un immeuble de la GCM en vente publique

L’affaire de l’Airbus A320 de Congo Airways saisi à Dublin révèle une fois de plus l’amateurisme avec lequel un grand pays comme la RDC est géré, nos politiciens étant visiblement habitués à la navigation à vue et, donc, à réagir au coup par coup.

En effet, aucun état des lieux de la nation ne semble préoccuper ces Kuluna en cravates, plus préoccupés à piocher dans les caisses de l'Etat pour entretenir les nombreux bureaux ou investir les nombreuses tavernes de Kinshasa et d’ailleurs, Maluku, Kinkole et autres, qu’à défendre l'intérêt public.

Ainsi, ils attendent qu’un média fasse état d’une situation pour enfin sortir de leur léthargie et battre le rappel des troupes, alors même qu’ils ne maîtrisent rien du tout. Le cardinal Monsengwo n’avait-il pas dit un jour : « Les Congolais croient que lorsqu’ils ont parlé, ils ont travaillé ».

A ce rythme, il n’est pas exclu que la première fois qu’un aéronef de Congo Airways se risquera de fouler le sol belge, qu’il fasse également l’objet d’une saisie, compte tenu du nombre de litiges accumulés tant par les entreprises publiques que par l’Etat lui-même, vis-à-vis aussi bien des tiers que des citoyens congolais.

Et nous en savons quelque chose. Lors de la dernière visite du Premier ministre Augustin Matata Ponyo à Bruxelles, celui-ci déclarait ex cathedra au cours d’un point de presse à l’ambassade du Congo : « L’Etat a apuré ses dettes vis-à-vis des agents de l’Etat à l’étranger. Et aujourd’hui, ceux-ci sont régulièrement rémunérés ». Faux et archifaux. La vérité est que certains agents à Bruxelles attendent leurs salaires depuis une dizaine d’années.

Pire, pas plus tard que le jeudi 13 août 2015, un média tombait sur un scoop : l’imposant immeuble de la Gécamines, sis 30-32 boulevard du Souverain dans la commune de Watermael-Boitsfort à Bruxelles, est mis en vente pour cause de dettes. Un grand panneau bien visible avec ces écrits « Vente publique » est planté devant ce building de la Générale des carrières et des mines de cinq étages. Et ce n'est pas tout. La Gécamines possède aussi un luxueux appartement du côté des Etangs d'Ixelles, dans la capitale belge, qui subit le même sort.

Et notre confrère de s’interroger : « Comment l’Etat congolais, propriétaire de la Gécamines en est-il arrivé là ? Quelles sont les dettes de la Gécamines ou de l’Etat qui ont conduit à pareille situation ? Où va tout l’argent des mines du Katanga ? Un million de tonnes exportées en 2014 ! Et toutes ces petites sociétés minières n’exploitent-elles pas les concessions minières de la Gécamines ? Paient-elles leurs redevances ? ».

Sûr qu'il faut s'attendre à ce qu'un officiel rameute les troupes une fois de plus et fasse état d'un « règlement à l’amiable » concernant ces biens immeubles. Ainsi, la saga des dettes de l’Etat à l’extérieur n’est qu’à ses débuts. A qui le prochain tour ?

L'immeuble de la Gécamines en "vente publique" à Bruxelles (Photo Cheik Fita)

L'immeuble de la Gécamines en "vente publique" à Bruxelles (Photo Cheik Fita)

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