CPI : Le premier procès annexe de Jean-Pierre Bemba pour subornation de témoins s’ouvre le 29 septembre

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Jean-Pierre Bemba à la CPI
Jean-Pierre Bemba à la CPI

La Haye/Bruxelles, 28/09 Le premier procès de la Cour pénale internationale (CPI) pour subornation de témoins s’ouvre le 29 septembre. Il met en cause, outre Jean-Pierre Bemba, les quatre personnes également accusées, à savoir Me Aimé Kilolo-Musamba, le conseil principal de la défense du président du Mouvement de Libération du Congo (MLC); Me Jean-Jaques Mangenda Kabongo, membre de l’équipe de défense de Bemba, Fidèle Babala Wandu, membre du parlement de la RDC et secrétaire général adjoint du MLC; et Narcisse Arido, un témoin de la défense dans l’affaire Bemba.

Selon le Procureur de la CPI Fatou Bensouda, depuis début 2012 des témoins de la défense témoignant dans le procès désormais clos de l’homme politique congolais Jean-Pierre Bemba à la CPI ont reçu de l’argent et des instructions afin qu’ils fournissent des preuves et des témoignages qu’ils savaient faux ou falsifiées, tentant ainsi d’interférer dans l’administration de la justice internationale en vertu de l’article 70 du Statut de Rome – le traité fondateur de la CPI, indique un communiqué de cette institution reçu ce lundi. Pour l’accusation, Bemba a été impliqué dans cette « action criminelle alléguée ».

« L’affaire Bemba a mis en lumière l’influence que des suspects haut placés et puissants peut potentiellement avoir sur le procès équitable même, comme allégué, depuis un complexe pénitentiaire à la Haye. », a déclaré William R. Pace, coordinateur de la Coalition pour la Cour Pénale Internationale.

Quatre des accusés ont bénéficié de la liberté provisoire mais doivent être présents à leur procès. Quant à Bemba, il est toujours détenu par la CPI, la liberté provisoire lui ayant été refusée à plusieurs reprises.

Par ailleurs, le procureur de la CPI cherche actuellement à arrêter et transférer trois Kenyans également soupçonnés d’avoir suborné des témoins dans les affaires concernant le président kenyan Uhuru Kenyatta, le vice-président William Ruto et le journaliste Joshua Sang.

Le procès de Bemba pour crimes contre l’humanité et crimes de guerres qui auraient été commis par ses militaires du MLC, en République centrafricaine en 2002-2003 s’est terminé en novembre 2014. Le verdict est toujours en attente. Le procès qui s’ouvre le 29 septembre est distinct de la première affaire Bemba et est confié à une autre Chambre de première instance.

La CPI mise au ban par les Africains

La CPI est la première cour internationale permanente compétente pour les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide. Elle a actuellement neuf enquêtes en cours : la République centrafricaine I & II, la RDC, le Darfour (Soudan), le Kenya, la Libye, l'Ouganda, la Côte d’Ivoire et le Mali. La CPI a publiquement émis 34 mandats d'arrêt et neuf citations à comparaître. Deux procès sont en cours. Il y a eu deux condamnations et un acquittement. Ce qui a provoqué un tollé de critiques de plusieurs Africains de premier plan qui mettent en cause la mémoire sélective de cette juridiction.

Les Congolais, de leur côté, vont plus loin et mettent carrément en cause la CPI face à sa cécité devant les vrais responsables du « génocide congolais », préférant s’enquérir même de crimes de moindre importance que celui du « massacre des millions de Congolais », comme si « en RDC, les morts ne sont pas morts ».

Neuf examens préliminaires sont également en cours à la CPI, à savoir les situations en Palestine, au Honduras, en Ukraine, en Irak, en Afghanistan, en Colombie, en Géorgie, en Guinée et au Nigeria. Le Bureau du Procureur a mis fin a mis un terme à des examens préliminaires au Venezuela, en Palestine, en République de Corée et au renvoi des Comores, refusant dans chacun de ces cas d’ouvrir une enquête.

Le collectif des avocats de Bemba

Le collectif des avocats de Bemba

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