Deux chefs rebelles FDLR condamnés par la justice allemande

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Des rebelles des FLDR arrêtés à l'est
Des rebelles des FLDR arrêtés à l'est

Kinshasa, 29/09 - Le gouvernement de la RDC a appris avec satisfaction la condamnation par la justice allemande de deux chefs des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), Ignace Murwanashyaka et Straton Musoni, qui écopent respectivement de 13 ans et 8 ans de prison pour avoir orchestré, depuis l’Allemagne, des crimes de guerre et contre l’humanité dans l’est du territoire congolais.

Dans un communiqué remis lundi à l’ACP, le ministre de la Communication et médias, porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, indique que cette sentence de la justice allemande constitue une avancée notable dans la lutte contre l’impunité qui est aux sources de la persistance des forces négatives dans la région des Grands lacs.

Elle devrait également servir d’exemple aux autres pays qui hébergent des chefs FDLR afin que ces derniers cessent de se servir de l’espace européen pour semer la mort et la désolation dans la région des Grands lacs africains, estime encore le gouvernement.

Un procès long et épineux

Les deux chefs rebelles hutu rwandais ont été condamnés à l’issue d’un procès long et épineux rapporte une dépêche d’agence reçue lundi à Kinshasa. «Il ne s’agit pas d’un procès politique mais d’une procédure pénale d’une ampleur particulière», a souligné le juge Jürgen Hettich en délivrant le verdict, à l’issue de quatre ans d’un procès qui s’est déroulé à 6.000 km de distance des crimes reprochés aux énergumènes, condamnés par une Cour de Stuttgart (sud-ouest) où ils comparaissaient depuis le 4 mai 2011.

Les peines sont cependant moins lourdes que celles requises par le Parquet contre les deux hommes, arrêtés en Allemagne en 2009 où ils vivaient depuis 20 ans. Le procureur avait réclamé respectivement la perpétuité, sans libération conditionnelle automatique au bout de 15 ans, et 12 ans d’emprisonnement.

L’organisation «FDLR a aussi tué des civils lors des combats et des représailles contre l’armée congolaise», a souligné le juge pour justifier le verdict. Les deux hommes, âgés de 51 et 54 ans, devaient initialement répondre de 26 crimes contre l’humanité et 39 crimes de guerre, commis en 2009, ainsi que de «la direction d’une entreprise terroriste à l’étranger». Mais la Cour avait finalement abandonné les trois quarts des accusations pour se concentrer sur les meurtres.

Fin 2014, trois Allemands d’origine rwandaise avaient également été condamnés à des peines de 4 à 2 ans de prison ferme pour appartenance ou soutien aux FDLR. Mais le chemin reste encore long pour rendre toute la justice à ces millions de Congolais suppliciés depuis 1996 à l’est de leur pays, d’autres criminels se terrant en toute impunité ailleurs en Europe, mais également à Kigali, Bujumbura et même à Kinshasa, d’où ils seront tôt ou tard débusqués. Surtout lorsque l'on sait que l'Europe continue à traquer ses criminels nazi près de trois quarts de siècle après les faits mais aussi quand l'on considère le traitement sélectif et complice du dossier congolais par la communauté internationale.

Avec l’ACP

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