Joseph Kabila révoque son conseiller spécial à la Sécurité

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Pierre Lumbi
Pierre Lumbi

Bruxelles, 16/09 - Le président congolais Joseph Kabila vient de signer, ce mercredi 16 septembre 2015, une ordonnance révoquant aux fonctions de conseiller spécial du Chef de l’État en matière de Sécurité M. Pierre Lumbi Okongo.

Aux termes de la décision, il est reproché à ce dirigeant d'ONG du Kivu, passé ministre dans plusieurs gouvernements avant d'entrer au bureau présidentiel, des "manquements graves aux devoirs déontologiques auxquels sont soumis les membres du cabinet du président de la république".

Néanmoins, cette révocation intervient au lendemain de la lettre au président Kabila rédigée par 7 poids lourds de la Majorité, dits "G7", appelant au respect absolu de la Constitution et des délais constitutionnels dans l’organisation des élections qui, soulignent-ils, doivent « consolider la démocratie et consacrer l’alternance politique ». En clair, ils demandent au président congolais de quitter absolument le pouvoir en 2016 pour garantir la paix.

La lettre est signée par des présidents de partis alliés à Kabila, sauf pour le Mouvement social pour le Renouveau (MSR) soit le second parti en importance de la coalition gouvernementale après le PPRD où c'est le vice-président Yves Mobando-Yogo qui appose sa griffe. Or nous savons que M. Pierre Lumbi Okongo en est le président. Il avait aussi, de sa propre main, signé la première lettre qui plaidait pour l’alternance et demandait au chef de l’État congolais de se prononcer sur l’échéance 2016. Celle missive avait provoqué la réunion de Kingakati du dimanche 22 mars où les membres de la majorité étaient près d'en venir aux mains, la réunion s'étant terminée en queue de poisson après une avalanche de noms d'oiseaux entre les frondeurs, menés par Gabriel Kyungu, et les applaudisseurs, en tête Marcellin Chisambo et André Kimbuta.

Pierre Lumbi paie ainsi sa propension à proposer des solutions au président, qui préfère plutôt s'entourer des applaudisseurs et chantres du kabilisme qui vont jusqu'à cloner des chansons de l'ère mobutiste.

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