Déclaration fracassante de Moïse Katumbi pour annoncer son départ du PPRD

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Moïse Katumbi
Moïse Katumbi

Bruxelles, 1/10 – Le mardi 29 septembre, Moïse Katumbi annonçait avec fracas, par l’entremise d’un communiqué, quitter son poste de gouverneur du Katanga mais aussi le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, au pouvoir).

« Au moment où nous, peuple congolais, entrons dans la dernière ligne droite du dernier mandat constitutionnel du président de la République, les faits indiquent que depuis maintenant un an, tout est mis en œuvre pour ne pas respecter la Constitution en entretenant retard, flou et illisibilité du cycle électoral et en élaborant une stratégie de glissement des dates des scrutins », explique-t-il selon l’APA reçue ce jeudi.

« Après la tentative de changer l'article 220 pourtant verrouillé de notre Constitution, après l'échec des Concertations nationales, à l'ordre du jour figure maintenant un projet de loi portant sur les modalités d'organisation des référendums qui renforce encore la confusion », poursuit Moïse Katumbi, également président du plus grand club de football du Katanga et de la RDC, le TP Mazembe.

« Le pouvoir vient du peuple et uniquement de lui », écrit encore l'homme d'affaires katangais qui s'oppose « fermement à tout prétexte pour retarder les élections ». Il souligne ensuite « l'absence d'État de droit », « le recul généralisé des libertés individuelles, la hausse du niveau d'intolérance politique dont la nation est victime ».

A ce sujet, il énumère des faits totalement vérifiables tels « les arrestations arbitraires de militants pro-démocratie » comme Eric Kikunda, Jean-Claude Muyambo, Eugène Diomi Ndongala, Vano Kiboko, Christopher Ngoyi mais aussi les jeunes activistes de LUCHA et de FILIMBI ou l’opposant Ernest Kyaviro du RCD/KML, les « interdictions de sortie de films », allusion au documentaire « L’homme qui répare les femmes » de Thierry Michel et Colette Braeckman sur les prouesses du gynécologue Denis Mukwege à Pandi, les « interdictions de toutes sortes », les « répressions policières de plus en plus violentes », etc.

« Le pouvoir vient du peuple et uniquement de lui », rappelle Moïse Katumbi dans son communiqué, citant « les manifestations de janvier 2015, au cours desquelles de jeunes compatriotes ont perdu la vie ». Autant de « dérives inacceptables » qui, explique-t-il, motivent sa décision de « prendre ses distances avec le PPRD et d'en assumer toutes les conséquences ».

Moïse Katumbi, candidat à la présidentielle de 2016 ?

Dans le même communiqué, Moïse Katumbi lance un « appel à toutes les forces vives de la nation, société civile, partis politiques de la majorité comme de l'opposition », pour « mettre un terme au découragement, à la résignation et au fatalisme, en sauvegardant notre jeune démocratie ». Une déclaration aux termes de laquelle il se positionne comme un rassembleur et qui ressemble fort à une candidature à peine voilée à l’élection présidentielle de 2016, une intention que d’aucuns lui prêtent d’ailleurs depuis qu’il avait lancé sa boutade des « trois penalties » à la face du pourvoir .

Après la fronde de sept partis (le "G7") exclus jeudi de la majorité pour avoir jugé « suicidaire » la politique d'un chef de l'État entretenant le « mystère sur ses intentions » alors que la Constitution lui interdit un 3ème mandat et appelé à « préparer l'alternance au sein de la majorité », M. Katumbi vient d’ouvrir une nouvelle brèche, cette fois-ci à l’intérieur même du PPRD de M. Kabila.

Olivier Kamitatu, un des membres fondateurs du G7, le regroupement des sept partis frondeurs de la Majorité présidentielle dont ils ont été exclus, a tout de suite salué le départ de Moïse Katumbi, estimant que « le paysage politique subit un nouveau séisme », mieux une « réplique » après le coup d'éclat du G7.

Même si le parti au pouvoir se donne bonne conscience en annonçant que la démission de Katumbi est « un non-événement », à croire une déclaration du sénateur Léonard She Okitundu, premier vice-président du PPRD, il s’agit réellement d’un véritable tremblement de terre sur la planète politique congolaise, un désaveu et un signe de défiance envers le président Joseph Kabila.

La politique congolaise ayant cette particularité de s’accélérer, il faut sûrement s’attendre à d’autres coups d’éclats dans les tout prochains jours.

Avec l’APA

Une messe du PPRD : D'autres départs en vue ?

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