Humeur sur les réseaux sociaux autour d'un 3ème mandat en RDC

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Débat houleux au Parlement congolais
Débat houleux au Parlement congolais

Bruxelles, 20/10 - L’épisode d’un 3ème mandat continue de faire son chemin en Afrique subsaharienne. Après le Burkina Faso qui a réussi à éjecter son président délinquant – c’est le nom que la justice donne à celui qui enfreint la loi - c’est au Burundi que le 3ème mandat réussira à jouer sa partition. Le président Pierre Nkuruziza a, lui, réussi son épreuve de force, après avoir marché sur nombre de cadavres de ses concitoyens, perdant tout le crédit qu’il s’était ficelé auprès des partenaires.

Puis l’idée a fait des émules. Au Congo Brazzaville, le président Denis Sassou Ngouesso s’est découvert les velléités de délinquance. Il a annoncé pour le 25 octobre l’organisation d’un référendum devant lui faciliter l’accession à un 3ème mandat, interdit par sa Constitution. Même si l’opposition s’est déjà investie à faire échec à cet acte de banditisme politique, nul ne peut présager de l’issue du feuilleton brazzavillois. En effet, si le référendum est organisé, le « oui » a beaucoup de chance de l’emporter. Car, comme l’a si bien dit Lénine, « le plus important dans un vote n’est pas le nombre de voix recueillies, mais celui qui compte les voix ». Et celui-là est forcément proche du pouvoir.

Le spectre d’un 3ème mandat hante également la RDC. Plusieurs voix s’élèvent déjà contre un possible scénario du genre. Si le G7 a réclamé « le respect absolu » de la Constitution, en clair le refus d’un mandat supplémentaire pour le président en exercice, le fait que les 7 partis concernés soient exclus de leur plate forme, la Majorité présidentielle, pour la seule raison d’avoir osé « lire » la Constitution, est interpellant.

Mais même, le pouvoir s’est plutôt lui-même tiré une balle au pied. En effet, les sept partis sont dès lors passés à l’opposition. Un véritable séisme, lorsque l’on sait que le gros du contingent des frondeurs provient de la province du Katanga, grande pourvoyeuse de voix à Joseph Kabila, auxquels a emboîté le pas pour les mêmes motifs le volubile Moïse Katumbi, gouverneur et président du plus grand club congolais, le Tout Puissant Mazembe.

« Ils sont jaloux de Kabila », a écrit un fanatique sur Facebook

Si plusieurs caciques de la Majorité présidentielle ont fait preuve d’amateurisme béat dans la lecture des signes du temps, estimant qu’il s’agissait là d’un « non événement », le président Kabila, lui, a directement senti la brise, convoquant rapidement une réunion de crise à Kingakati pour tenter de recadrer les troupes restées fidèles.

Sur les réseaux sociaux, un autre Kabiliste a cru bon de lancer une perche. Pour lui, « il vaut mieux un ennemi qu’on connaît qu’un ami qu’on ne connaît pas ». Le débat était lancé. Et tout le monde y est allé de son commentaire aiguisé.

Voulant sûrement enfoncer le clou, un partisan a écrit : « Ils sont jaloux de Kabila ». Comprenez tous ceux qui ne veulent pas que le président congolais brigue un 3ème mandat. Prenant le taureau par les cornes, un journaliste a répondu :

« Monsieur, faites attention à ce que vous écrivez, parce que vous risquez d’être arrêté par les services de sécurité de Kabila pour déviationnisme. En effet, si vous dites qu’ils sont jaloux de Kabila, cela veut dire que les députés et les sénateurs kabilistes – majoritaires – et qui ont approuvé la Constitution qui interdit un 3ème mandat à Kabila, sont-il jaloux de Kabila ? Pourtant c’est ce que vous sous-entendez.

Vous voulez aussi affirmer que la population congolaise qui a souscrit à ladite Constitution par référendum, est-elle jalouse de Kabila ? Pire, Monsieur, vous insinuez que le président qui a promulgué par ordonnance une Constitution qui interdit un 3ème mandat, est-il aussi jaloux de Kabila ? C’est-à-dire de lui-même. Faites attention à vos affirmations, parce que si vous ne comprenez rien, le mieux c'est de vous taire », a conclu le confrère. Sans commentaire.

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