Interdiction d'une manifestation d'opposition à Lubumbashi

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Une vue de la ville de Lubumbashi
Une vue de la ville de Lubumbashi

Bruxelles/Lubumbashi, 13/10 - Alors que l’on assiste presque partout à travers la RDC au retour en force des pratiques décriées de la dictature d’un autre siècle, avec l’organisation des « marches de soutien » au président, voici que la démocratie congolaise interdit plutôt ce qui ne devait l’être, à savoir les manifestations de l’opposition.

En effet, à croire l’APA ainsi que plusieurs autres sources indépendantes, les autorités congolaises ont interdit la tenue samedi à Lubumbashi d'une manifestation que projetait d'organiser par M. Gabriel Kyungu wa Kumwanza, leader de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec), l’un des sept partis partis du groupe du G7 passé dans l'opposition après avoir été exclu en septembre de la majorité présidentielle pour avoir appelé le président Joseph Kabila au « respect strict de la Constitution », en clair à quitter le pouvoir en 2016.

« J'ai reçu des instructions de ma hiérarchie » interdisant l'organisation de « manifestations, meetings ou marches à travers la ville de Lubumbashi » jusqu'à nouvel ordre, a déclaré le maire de cette ville, Jean-Oscar Sanguza, ajoutant que cette interdiction était valable tant pour les opposants au chef de l'Etat que pour ses partisans. Un simple mensonge lorsque l’on sait qu’à Kikwit, Kindu, Mbuji-Mayi et ailleurs, l’on a assisté à un véritable retour aux temps anciens avec des écoles, des marchés et des bureaux fermés en vue des manifestations du PPRD, sans que cette pratique copiée du parti unique de triste mémoire ne puisse interpeller un seul esprit lucide à Kinshasa.

« Nous sommes dans un Etat de droit et je ne peux pas accepter d’être intimidé simplement parce que je prêche le respect de la Constitution », a déclaré à la presse M. Gabriel Kyungu qui a rappelé qu’il ya une semaine, « près de 200 éléments de la police armés de matraques, de boucliers, de fusils et pour certains de lance-roquettes avaient encerclé un lieu de prière que je fréquente », à Lubumbashi.

Pour Olivier Kamitatu, membre dirigeant du G7, la décision d'interdire la manifestation est « maladroite », ajoutant qu’elle « contredit tous ceux qui nient, toute honte bue, l'existence des violations répétées contre les droits d'expression et de manifestation ».

L’ASBL Justicia a qualifié pour sa part de « sélective » la mesure interdisant la tenue des manifestations politiques publiques dans la ville de Lubumbashi. Cette structure a exprimé son indignation dans une lettre ouverte adressée, samedi 10 octobre, au maire de la ville de Lubumbashi.

Comme le disait si bien un penseur, « Si un pouvoir a besoin d’une armée pour défendre sa démocratie, soit c’est une drôle d’armée, soit c’est une drôle de démocratie ».

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