Référendum au Congo-Brazzaville : Le « oui » l’emporte

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Sassou Ngouesso au bureau de vote
Sassou Ngouesso au bureau de vote

Bruxelles, 27/10 – Sans surprise, le « oui » l’a emporté à 92,96 % au référendum convoqué par le président congolais Denis Sassou Ngouesso sur le projet de nouvelle Constitution devant faire sauter les deux verrous l’empêchant de se représenter à la présidentielle de 2016 pour un 3ème mandat à la tête de son pays, à savoir le nombre de mandats et l’âge limité à 70 ans.

L'opposition congolaise avait boycotté le référendum qui s'est déroulé dimanche 25 octobre après plusieurs scènes de violences et de nombreux morts selon diverses sources, dénonçant un « coup d'Etat constitutionnel ».

Sans rire, selon les chiffres officiels communiqués mardi à la télévision nationale par le ministre de l'Intérieur, Raymond Mboulou, le pouvoir congolais a chiffré la participation à 72,44%, ajoutant que le texte de nouvelle Constitution entrerait en vigueur dès sa promulgation par le président de la République.

La veille, un des chefs de l’opposition, Pascal Tsaty Mabiala avait pour sa part estimé la participation à moins de « 10% », les Congolais ne s’étant pas déplacés en nombre suivant le mot d’ordre lancé par l’opposition. Un chiffre proche de la réalité selon le constat des observateurs sur place, qui ont remarqué qu’il n’y a eu « ni affluence, ni engouement » aux bureaux de vote.

Lorsque l’on sait par exemple que dans un bureau de Kinsoudi, dans le sud de la capitale, sur 833 inscrits, 184 ont voté pour le « Oui », 48 « Non » et douze bulletins étaient jugés nuls, soit un total de 244 votants et 25% en terme de participation.

Une atmosphère quelque peu glaciale

Une source qui cite des personnes interrogées sur place conclut que les violences et les manifestations qui ont eu lieu au début de la semaine dernière, notamment à Brazzaville, à Dolisie et à Pointe Noire, les trois principales villes du pays, doivent avoir joué sur les abstentions, les électeurs s’étant déplacés vers les bureaux de vote dans une atmosphère quelque peu glaciale. Ainsi, tout au long du scrutin, qui s’est achevé à 18 heures locales, aucune file d’attente n’a été constatée dans les différents bureaux de la capitale congolaise.

Il faut néanmoins concéder qu’à la mi-journée, l'affluence était visible dans certains bureaux de la capitale congolaise. Le Président Denis Sassou Nguesso a, lui, voté à l'école nationale des Arts, escorté par un grand nombre d’officiels et de sympathisants.

Ainsi, comme au Burundi où Pierre Nkurunziza a réussi son coup de force en obtenant un 3ème mandat interdit par la Constitution de son pays, même si il lui a fallu pour cela marcher sur un grand nombre de cadavres de ses concitoyens, le président Sassou Ngouesso est en train de réussir le même pari. Qui sera le prochain à emboîter le pas de la voyoucratie ?

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