L’UDPS dénie au président Kabila le droit de définir les contours du dialogue national

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

L’UDPS dénie au président Kabila le droit de définir les contours du dialogue national

Bruxelles, 2/12 – L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) reconnaît que le dialogue national constitue la « voie royale » pour la résolution de la crise politique en RDC, mais dénie au président Joseph Kabila le droit de définir les contours que doivent emprunter ces assises.

« Le président Kabila, en tant que partie prenante au dialogue, donc élément du problème congolais et non de solution, ne peut s’arroger le rôle d’être juge et partie. A cet effet, il ne peut ni en définir l’ordre du jour, ni en donner une quelconque orientation », estime le président national de ce parti, M. Etienne Tshisekedi wa Mulumba, dans un communiqué daté du 1er décembre et reçu mercredi.

M. Tshisekedi regrette par ailleurs que dans son allocution du 28 novembre dernier, le président Kabila ait parlé de tout, sauf de lui, refusant ainsi sciemment de s’engager, selon lui, à respecter la Constitution, notamment pour ce qui est du nombre et la durée des mandats présidentiels et du respect de l’alternance à l’issue de son deuxième et dernier mandat en 2016, conformément à l’article 220, indique la source.

L’UDPS réaffirme par ailleurs que le dialogue ne doit ni sortir du cadre constitutionnel ni donner lieu à une quelconque manœuvre visant à un changement du mode de scrutin ou favoriser un glissement du calendrier électoral au-delà des délais constitutionnels.

Aux termes du communiqué, l’UDPS annonce ne pas se sentir concerné part le dialogue tel que défini par Kabila, mais reste disposé d’examiner toute initiative émanant de la communauté internationale visant l’élaboration d’un calendrier électoral réaliste et consensuel qui tienne compte des délais constitutionnels, la mise à jour du fichier électoral crédible ainsi que l’alternance en 2016 par le transfert pacifique du pouvoir dans le respect de l’expression du peuple congolais.

Le parti d’Etienne Tshisekedi sollicite le secrétaire général de l’ONU de désigner un facilitateur afin d’éviter à la RDC de sombrer davantage dans une situation de chaos qui, souligne-t-il, a déjà coûté de nombreuses vies humaines.

Ainsi, le pouvoir en place, qui s’enorgueillissait d’avoir consulté « toutes les parties » et d’être aujourd’hui en droit d’en tirer toutes les conclusions, devrait revoir ses prétentions à la baisse et corriger sa feuille de route concernant ce forum destiné à apaiser une situation déjà au bord de l’explosion en cette période préélectorale.

Il est de bon aloi pour Kinshasa de clarifier certaines options fondamentales en vue balayer les appréhensions des différentes parties prenantes, la Majorité présidentielle comprise, notamment sur la volonté de respecter la Constitution et les délais électoraux, pour pouvoir prétendre organiser des assises visant à garantir la paix. Le contraire ne ferait qu’amener certaines composantes essentielles à se cabrer et à électriser davantage une atmosphère que l’on voudrait pourtant apaiser.

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