Le Rwanda poursuit sa chasse aux opposants : Le vice-président du parti d’Ingabire arrêté aussi

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Victoire Ingabire en prison
Victoire Ingabire en prison

Bruxelles/Kinshasa, 07/12 - Le vice-président du parti rwandais d'opposition FDU, formation de l'opposante emprisonnée Victoire Ingabire, non reconnue légalement par les autorités rwandaises, a été arrêté vendredi et est interrogé, signalent les médias étrangers dimanche citant une source policière rwandaise.

Le vice-président des Forces démocratique unifiées (FDU), Boniface Twagirimana "est au poste de police depuis vendredi matin. Il fait l'objet d’une enquête pour des crimes qu'il a commis. Il y a des accusations auxquelles il doit répondre", a déclaré Celestin Twahirwa, porte-parole de la police rwandaise, refusant de révéler les motifs exacts pour lesquels il est interrogé.

Mais lorsque l’on connaît le climat de terreur qui règne à Kigali, on ne peut douter qu’il s’agit une fois de plus de museler l’opposition pour étouffer dans l’œuf les velléités de contestation de la violation de la loi dont est accusé Kigali en voulant modifier la Constitution en vue d’un énième mandat du dictateur local, Paul Kagame.

Les FDU ont dénoncé dans cette arrestation une "violation continue du droit d’expression au Rwanda", l'estimant liée à une récente critique de M. Twagirimana sur la révision constitutionnelle adoptée le 17 novembre par le Parlement, dont une disposition permet au président Paul Kagame de se représenter en 2017 - ce que ne lui permettait pas le texte actuel - et de potentiellement diriger le pays jusqu'en 2034.

La présidente de ce parti, Victoire Ingabire, elle croupit en prison depuis 2010. Rentrée à Kigali en avril 2009, après avoir démissionné de son poste dans une firme privée aux Pays-Bas, elle se fait remarquer le 16 janvier 2010 lorsque, dans son discours à Gisozi (Kigali Memorial), elle souligne que ceux qui ont commis le génocide ainsi que ceux qui ont commis d'autres crimes de guerre et crimes contre l'humanité doivent être traduits devant la justice.

Les caciques du FPR se sentant également visés, elle est alors arrêtée et jugée pour « propos révisionnistes ». Elle est remise en liberté le lendemain sous contrôle judiciaire, avec l'interdiction de quitter Kigali en attendant son procès. Elle est arrêtée à nouveau le 14 octobre 2010 pour « organisation d'un groupe terroriste ».

Mme Ingabire faisait ici allusion au "contre-génocide" ayant suivi le génocide, et où l'armée de Kagame a massacré sans calcul la population d'origine hutu. le mot "contre-génocide" avait été utilisé pour la première fois par le journaliste rwandais Sibomana, qui a également été assassiné pour ses écrits, dans l'indifférence généralisée de la communauté internationale. L'armée tutsi rwandaise poursuivra d'ailleurs son "contre-génocide" jusqu'en RDC, sans émouvoir qui que ce soit, surtout qu'au Congo, "les morts ne sont pas morts".

Victoire Ingabire à son arrivée à Kigali en avril 2009

Victoire Ingabire à son arrivée à Kigali en avril 2009

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