Kinshasa s'emploie à créer un imbroglio autour des partis du G7 grâce aux doublons

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Rassemblement d'un regroupement politique à Kinshasa
Rassemblement d'un regroupement politique à Kinshasa

Bruxelles/Lubumbashi, 03/02 - Une délégation du parti politique Mouvement social pour le Renouveau (MSR), conduite par le secrétaire national Trésor Lutambi, séjourne à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga, dans le cadre de la vulgarisation de la décision de l’arrêté ministériel agréant le MSR comme parti unique et membre de la Majorité Présidentielle.

Déjà jusqu'ici, on perd son latin. En clair : Le ministre de l'Intérieur agrée "un parti unique" chassé de la Majorité et qui est membre de la Majorité. Vous comprenez ce chinois, vous ? Pratiquement les 7 partis composant le G7 se retrouvent dans la même situation, que seul le ministre de l'Intérieur maîtrise. Des doublons créés volontairement pour nuire, dans cette drôle de démocratie où ceux qui tentent de raisonner sont rangés parmi des parias, ou alors emprisonnés, et ceux qui cessent de raisonner dans le camp des bons et chaudement applaudis.

L'ARC (Alliance pour le Renouveau au Congo) d'Olivier Kamitatu, également exclue de la Majorité, a sa sœur jumelle agréée par le même ministre et membre de la Majorité, tout comme L’UNAFEC (Union des nationalistes fédéralistes du Congo) de Gabriel Kyungu et le bon MSR version Charles Mwando Nsimba. L'appendice, créé par le ministère, a la bénédiction de tenir des réunions, de se déplacer librement, de se faire accueillir par les mandataires publics payés par le contribuable, de bénéficier de la protection des forces de l'ordre et, sûrement, de se faire graisser la patte avec les deniers publics, alors que l'original est épié, fiché et pratiquement interdit de territoire. Gabriel Kyungu avait même été interdit de culte religieux à Lubumbashi.

Aussi, la délégation du MSR doublon a été reçue mardi à l’hôtel de ville de Lubumbashi par le maire intérimaire de Lubumbashi, Mme Lauriane Kalombo Mwewa, à qui elle a expliqué le but de sa mission qui consiste à faire comprendre à l’opinion nationale et internationale que le MSR est un et indivisible et qu’aucune tierce personne ne peut engager ce parti dans l’opposition ni utiliser ses emblèmes sous réserve de poursuites judiciaires. Le maire intérimaire n'a sûrement jamais lu la presse annonçant l'exclusion du MSR de la Majorité.

Pour rappel, 477 partis et une trentaine de regroupements politiques sont agréés en RDC, aux termes d'un rapport publié le 18 mars 2015 à Kinshasa par la Commission africaine pour la supervision des élections (CASE). Parmi eux seulement 12 "grands partis" qui sont implantés dans toutes les provinces, souvent d'ailleurs limités dans les chefs-lieux, et 4 partis qualifiés de « géants » qui présentent un taux d’implantation de 75 % à travers tout le Congo. Il s'agit du PPRD, de l'UDPS, du MLC et de l'UNC.

Ainsi, 97 % des partis politiques régulièrement agréés ne sont ni suffisamment implantés ni véritablement connus par la population, selon le rapport.

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