Laurent Gbagbo veut voir Alassane Ouattara devant la CPI

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Les trois protagonistes : Gbagbo, Blé Goudé et Fatou Bensouda
Les trois protagonistes : Gbagbo, Blé Goudé et Fatou Bensouda

Bruxelles/Kinshasa, 02/02 - La défense de Laurent Gbagbo a affirmé lundi que son rival, le président Alassane Ouattara, s'était emparé du pouvoir par la force avec l'aide de la France, a-t-on appris des médias internationaux. " La bataille d'Abidjan est la mise en œuvre de cette stratégie", a déclaré l'avocat de M. Gbagbo. L’avocat de l’ancien chef d’État ivoirien, Me Emmanuel Altit, s'est exprimé au troisième jour de ce procès devant la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye.

Rappelant que son client a été arrêté en avril 2011 après des bombardements français, l'avocat a soutenu que la France ne voulait pas d'une paix négociée entre les deux rivaux de la présidentielle de fin 2010. Il a accusé Paris, l'ancienne puissance coloniale, d'avoir préparé en sous-main l'offensive ayant mené à la chute de l'ex-président. Cela notamment en fournissant des armes aux forces pro-Ouattara malgré un embargo décrété par l'ONU.

Mais l'avocat de Laurent Gbagbo a accusé le bureau du procureur de faire, comme à son habitude, une lecture partielle des événements ayant secoué la Côte d'Ivoire et de peindre à grands traits un camp du bien et un camp du mal. "Le dossier présenté par l'accusation n'est que la reprise pure et simple, sous des habits juridiques, d'un narratif de nature politique", a soutenu Me Altit.

L'ex-président, 70 ans, et son coaccusé Charles Blé Goudé, 44 ans, ex-chef de la Jeunesse, sont poursuivis pour leur rôle dans la crise née du refus de M. Gbagbo de céder le pouvoir à Alassane Ouattara. Ce dernier a été reconnu vainqueur par la communauté internationale de l'élection présidentielle de 2010. Les violences Côte d'Ivoire avaient fait plus de 3 000 morts en cinq mois dans les deux camps.

M. Gbagbo est le premier ex-chef d’État poursuivi par la CPI. Son procès pour crimes contre l'humanité, qui doit durer entre trois et quatre ans, est un test pour la Cour, entrée en fonction en 2003. A l'ouverture du procès jeudi, la procureure Fatou Bensouda avait accusé M. Gbagbo de s'être accroché au pouvoir par tous les moyens. Elle n'a malheureusement pas dit si elle compte poursuivre tous les présidents qui se sont "accrochés au pouvoir par tous les moyens" ainsi que ceux qui tentent de le faire. Ce qui ferait trembler l'Afrique du Nord au sud. Avec l'ACP

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