Banditisme d'Etat au Sud-Kivu, au Kasaï et à l'Equateur selon le MSR

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Les responsables des sept partis du G7
Les responsables des sept partis du G7

Bruxelles, 28/04 - Le Mouvement social pour le Renouveau (MSR), un parti membre du G7, dénonce, dans un communiqué de presse daté du 27 avril dernier, l’acharnement à l’endroit des membres et des locaux de cette formation politique à travers toute la RDC. A cet effet, " le MSR fait état de l’occupation anarchique et illégale de son siège fédéral du Sud-Kivu, au centre ville de Bukavu, de même que la prise d’assaut de celui du Kasaï dans la ville de Tshikapa, œuvres de " délinquants se réclamant de la Majorité présidentielle".

Ce qui interpelle le plus est que les deux immeubles sont situés en plein centre-ville et, donc, les délinquants opèrent au vu et au su des autorités en place comme des agents de l'ordre. Ce qui fait croire que ces actions de banditisme sont commanditées par le pouvoir.
Les contrevenants ont arraché les emblèmes du parti et proféré des menaces à l’endroit du secrétaire exécutif du MSR au Sud-Kivu, signale le document qui explique que le même comportement a été signalé antérieurement à Mbuji-Mayi, le 14 avril 2016, au siège fédéral du même parti au Kasaï-Oriental ainsi qu'à Lisala, le 7 avril dernier, au siège fédéral de la Mongala.

Le MSR dénonce " tous ces actes de barbarie, perpétrés dans une violation flagrante des droits civils et politiques les plus élémentaires garantis par la Constitution et les lois de la République". Pour Dieudonné Bolengetenge, Secrétaire Exécutif du Mouvement Social pour le Renouveau (MSR), qui signe le communiqué, rien ne justifie cet acharnement, ni même le " pseudo conflit né de la duplication du MSR ", une affaire qui suit son cours devant les cours et tribunaux. Le " pouvoir exécutif et ses services ne peuvent pas statuer sur les différends, ni entraver le cours de la justice ", estime le signataire qui appelle à la vigilance de tous les Congolais épris de démocratie et de justice.

L'appel au respect de la Constitution, à l'origine du délit

En effet, depuis le 14 septembre 2015, date de la publication d’une lettre ouverte adressée au président président Kabila, dans laquelle les dirigeants de sept partis politiques de la Majorité présidentielle exigeaient le "respect absolu de la Constitution et des délais constitutionnels" pour les élections, non seulement les sept partis, regroupés sous l’appellation G7, ont été exclus de la Majorité, mais surtout on remarque un phénomène de dédoublement des partis politiques du G7 orchestré par Kinshasa pour tenter d'amortir le séisme provoqué par cette mise au point, synonyme de défection de l'entendement de leur camp politique.

Le MSR de Pierre Lumbi, l’'Alliance pour le renouveau du Congo (ARC) d'Olivier Kamitatu Etsu, l'Union nationale des fédéralistes du Congo (UNAFEC) de Gabriel Kyungu wa Kumuanza, l’Union nationale des démocrates fédéralistes (UNADEF) de Mwando Nsimba, le Parti démocrate chrétien (PDC) de José Endundo, l'Avenir du Congo (ACO) de Dany Banza Maloba et l'Alliance des démocrates pour le progrès (ADP/MSDD) de Christophe Lutundula se sont vus simplement dédoublés par le pouvoir en place et se retrouvent une partie dans l’opposition, l'autre dans la Majorité et ce , avec la bénédiction du gouvernement chargé d'agréer les partis politiques. Une situation totalement loufoque que seule la RDC peut présenter à la face du monde, dans sa drôle de démocratie.

L'animosité de Kinshasa vis-à-vis du G7 est d'autant plus décuplée depuis que ce regroupement politique s'est choisi un candidat unique pour l'élection présidentielle prévue par la Constitution en novembre 2016, en la personne de Moïse Katumbi, l'ex-gouverneur du Katanga et président du Tout-Puissant Mazembe. Ce qui, pour la Majorité, fait de l'ombre à son protégé Joseph Kabila, qui a pourtant épuisé son quota de deux mandats à la tête de la RDC.

"La dernière session extraordinaire du Parlement et l'arrêt de la Cour constitutionnel rendu sur requête de la CENI, le mardi 8 septembre courant, ont conduit l'écrasante majorité des Congolais à la conviction qu'il y a des intentions inavouées de ne pas respecter la Constitution", avaient écrit les responsables de ces partis de la MP. "C'est ici l'occasion pour nous de rappeler et de réaffirmer que le partenariat, que nous avons engagé il y a dix ans, repose sur les valeurs républicaines et démocratiques inscrites dans la Constitution du 18 février 2006", poursuivent-ils.

"Le dialogue projeté sera voué à l'échec s'il n'est assis sur une volonté ferme de tous d'affirmer l'intangibilité de notre Constitution et d'en respecter les dispositions en ce qui concerne particulièrement les valeurs fondamentales de solidarité nationale, de liberté d'expression et de manifestations des échéances électorales et alternance politique", avaient prédit les responsables des sept partis.

La lettre ouverte adressée au président Kabila avait été publiée à la veille d'un grand meeting organisé par une trentaine de partis réunis au sein de la Dynamique de l'opposition, qui s'opposent à un glissement du mandat présidentiel.

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Moïse Katumbi, à ses côtés Mwando Nsimba de l'UNADEF

Moïse Katumbi, à ses côtés Mwando Nsimba de l'UNADEF

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