Séisme dans la musique congolaise avec le décès de la mégastar Papa Wemba samedi à Abidjan (Développement)

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

La mégastar congolaise Papa Wemba, dcd à Abidjan
La mégastar congolaise Papa Wemba, dcd à Abidjan

Bruxelles, 24/04 - Le chanteur Papa Wemba Ekumanyi, leader de de Viva La Musica et pape congolais de la Sape, est décédé dimanche à Abidjan, en Côte d'Ivoire, où il participait au Festival des musiques urbaines d'Anoumabo, foudroyé par une crise soudaine. L'Agence Belga l'a annoncé dimanche matin, citant le site Internat de Radio Okapi. Après Emmany Shaba Kamba de Bella Bella et Afrisa lundi dernier, c'est une autre figure clé de la rumba congolaise qui vient de nous quitter en l'espace d'une semaine.

De son vrai nom Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, Papa Wemba est né le 14 juin 1949 à Lubefu dans le Kasaï-Oriental. Surtout connu comme le fondateur de l'orchestre Viva la Musica, qui formera de grandes stars de la musique congolaise telles que Koffi Olomide et King Kester Emeneya, il est aussi un des créateurs de Zaïko Langa Langa en 1969, avec Anto Evoloko, Jossart N'yoka Longo, Pépé Felly Manuaku, Mavuela Somo, Andy Bimi Ombale et Efonge Gina wa Gina notamment. Zaiko va atteindre le summum de sa gloire en 1974 avec des tubes comme MT La Vérité et Chouchouna (Papa Wemba), Eluzam et Mbeya Mbeya (Evoloko), Yo Nalinga et BP ya Munu (Gina).

C'est aussi l'année où il quitte le groupe pour fonder Isifi Lokole avec Evoloko, Mavuela Somo et Bozi Boziana. La chanson "Amazone" de Papa Wemba lancée par cet ensemble domine alors les hit-parades sur les deux rives du fleuve Congo. Les jeunes gens se rebellent vite d'Evoloko qu'ils quittent pour former Yoka Lokole. . L'attaque-chant de Yoka Lokole, avec Bozi Boziana et Mavuela et qu'on appelle « The Fania All-Stars », devient plus redoutable encore lorsque le bouillant Mashakado Mbuta la rejoint en mars 1976, après avoir claqué la porte de Zaïko Langa-Langa. Des tubes sanctionnera cette collaboration, dont Matembele bangi (Papa Wemba) et Maloba bakoko (Mavuela), sans oublier plus tard "Bana Kin".

Sûrement trop envahissant, Papa Wemba, un jour, va être chassé de l'orchestre par ses compères en plein concert. Avec l'appui financier de Maxime Soki Vangu, il monte son propre orchestre en 1977, Viva La Musica, dont la sortie officielle a lieu le 26 février au Type K, avec un équipement pimpant neuf mis à la disposition du "Chef coutumier du Village Molokai" par le Big Boss de Bella Bella.

Viva la Musica, un orchestre aux multiples facettes

Viva La Musica sera le label qui va accompagner Papa Wemba durant toute sa carrière musicale. L'orchestre va se décliner dans toutes les langues, d'abord autour de jeunes talents comme Kisangani Espérant, Pépé Bipoli, Jadot le Cambodgien Petit Aziza, Syriana et Pinos, ensuite avec Emeneya et les guitaristes Rigo Star et Bongo Wendé, avec des succès foudroyants avec des tubes comme Mère Supérieure, Ebalé Mbongé, Mabele Mokonzi, Bokulaka, Ekoti ya nzube.

C'est aussi le début de sa collaboration avec Koffi Olomidé, alors étudiant en France. Le résultat sera des chansons comme "Princesse Ya Sinza", "Asso", "Samba Samba" et "Anibo". Mais Viva la Musica connaîtra des «défections» à la pelle : Bipoli, Fafa de Molokai, Debs Debaba et King Kester Emeneya (1977-1982), Koffi Olomide (1978-1979), Djuna Djanana (1978-1981), Dindo Yogo (1979-1981), Maray Maray (1980 -84), Lidjo Kwempa, José Fataki et Bongo Wende (1982-2001), Reddy Amissi (1982-2001) et Stino Mubi (1983-2001).

De 1979 à 1980, Papa Wemba intègre le groupe Afrisa International de Tabu Ley, pour une collaboration temporaire. Il participe à une tournée européenne de l'Afrisa et enregistre deux chansons : "Ngambo moko" et "Levres roses".

Vers la fin des années 1980, Papa Wemba s'installe en Europe, où il sort successivement les albums "L'Esclave", "Mfono Yami", "Le voyageur", "Foridoles" et "Malimba". Il réalise également la dernière mouture de son Viva La Musica, avec les "Fioti fioti". Il s'essaie aussi au cinéma, notamment dans le long métrage La vie est belle de Dieudonné Ngngura Mwenze et Benoît Lamy.

Il rend l'âme dans la nuit de samedi 23 à dimanche 24 avril 2016 à Abidjan en Côte d’Ivoire, frappé par une crise soudaine en plein concert, alors qu'il participait au Festival des musiques urbaines d’Anoumabo. Repose en paix. L'artiste ne meurt jamais.

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Deux vues de Papa Wemba dans ses oeuvresDeux vues de Papa Wemba dans ses oeuvres

Deux vues de Papa Wemba dans ses oeuvres

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