Séisme politique en RDC : Moïse Katumbi inculpé pour "recrutement de mercenaires" et visé par un mandat d’arrêt provisoire

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

L'opposant Moïse Katumbi marchant vers le parquet avec ses fanatiques
L'opposant Moïse Katumbi marchant vers le parquet avec ses fanatiques

Bruxelles, 18/05 - Le parquet général près la cour d'Appel de l'ex-province du Katanga vient d'inculper, ce jeudi, Moïse Katumbi du chef de "recrutement de mercenaires", selon des sources judiciaires et gouvernementales citées par plusieurs médias. Un mandat d'arrêt provisoire a également été délivré contre l'opposant, candidat à la présidentielle contre le camp de Joseph Kabila.

Selon le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, Moïse Katumbi, toujours hospitalisé jusqu'à ce jeudi pour brutalités policières subies vendredi dernier à l'occasion de son audition, "Moïse Katumbi n'est plus libre de ses mouvements à partir de maintenant". Ce qui présage son arrestation dans les heures ou les minutes qui suivent. A moins d'un miracle.

Pour rappel, un autre opposant katangais, Jean-Claude Muyambo, brutalisé par les agnts de l'ordre il y a une année, soit en février 2015, est toujours hospitalisé à Kinshasa jusqu'à aujourd'hui et également inculpé par la justice congolaise, qui fait preuve d'une grande célérité lorsqu'il s'agit de juger les opposants.

L'inculpation de Moïse Katumbi rejoint ainsi la logique africaine, où les principaux opposants n'ont jamais la vie longue. En Ouganda, l'opposant Kizza Besigye, candidat malheureux à la présidentielle face au président Yoweri Museveni, vient également d'être " inculpé de trahison" et risque la peine de mort. Pour sa part, Hama Amadou, l'opposant candidat à l’élection présidentielle nigérienne n'a pas suivre le second tour que depuis un hôpital parisien où il avait été admis, en mars dernier, pour des soins urgents après quatre mois de détention dans son pays.

Un Brésilien a déclaré avec raison : "La dictature n'a plus besoin d'armée pour s'implanter et se maintenir. Aujourd'hui, une justice corrompue lui suffit".

Brutalités sur Moïse Katumbi

Vendredi, à proximité du Palais de Justice de Lubumbashi, la police avait tiré des gaz lacrymogènes afin de disperser la foule venue soutenir Moïse Katumbi, convoqué pour une audition pour la troisième fois. À l’intérieur du bâtiment, les forces de l’ordre s’employaient à chasser des dizaines d’avocats arrivés depuis plusieurs heures et affirmant vouloir plaider pro deo (gratuitement) pour Moïse Katumbi.

« Nous voulons plaider pro deo en faveur de M. Katumbi et de toutes les autres personnes arrêtées dans le cadre de cette enquête », a déclaré l’un d’eux Me Hubert Tshiswaka avant que la police ne les boute hors du palais à coups de matraque.

« Mais l’audience n’a pas pu avoir lieu parce que Moïse Katumbi a été agressé par les forces de l’ordre à quelque 500 mètres du parquet », a expliqué Me Georges Kapiamba, l’un des avocats de MoÏse Katumbi qui a précisé que « des policiers ont d’abord jeté des projectiles sur le véhicule de Moïse Katumbi », avant de forcer les passagers à sortir. « Notre client a été brutalisé : ils l’ont roué de coups et ont tenté de l’étrangler », dénonce Me Georges Kapiamba. Des proches de Moïse Katumbi, dont son grand-frère Abraham et le député Charles Mwando Nsimba notamment, avaient été légèrement blessés, selon des témoins sur place.

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