Sortie de la plate-forme Alternance pour la République : Moïse Katumbi fait le carton plein à Kinshasa

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Un point de presse de l'opposition (Archives)
Un point de presse de l'opposition (Archives)

Bruxelles, 02/05 - Une nouvelle plate-forme, « Alternance pour la République », a vu le jour le dimanche 1er mai à la FIKIN, à Kinshasa, devant des milliers de partisans survoltés. Il s'agit d'une coalition d’opposants regroupant 16 partis politiques et qui s'est alignée derrière l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, 51 ans, comme "candidat commun de l’opposition" à la présidentielle de 2016.

"Nous avons décidé en Conférence des présidents de présenter, pour le scrutin à convoquer le 20 septembre 2016, la candidature de Moïse Katumbi comme candidat commun à l’élection présidentielle", a déclaré Delly Sessanga, président du parti Envol et coordonnateur de cette nouvelle plate-forme, cité par le quotidien kinois Forum des As. Il a fait cette annonce devant des milliers de partisans qui scandaient le nom du très populaire président du TP Mazembe, avant d'expliquer que "la désignation du gouverneur Moïse Katumbi comme candidat commun de l’opposition à l’élection présidentielle est une étape décisive pour garantir l’alternance démocratique".

Pour le coordonnateur de la plate-forme AR, Katumbi est " le ticket gagnant de la République. La propulsion de sa personne à cette charge, en ce moment précis est une nécessité pour garantir le succès du peuple pour le changement. "

On pouvait lire sur les nombreuses banderoles et autres T-shirts arborés par les différents états-majors des partis membres de l’AR tout l'espoir populaire placé en la personne de Moïse Katumbi : " Moïse Katumbi, l’alternance pour la RD Congo en 2016 ", " KCM c’est lui mon choix ". A chaque évocation du nom de l’ex-gouverneur du Katanga, la foule était en délire, certaines personnes allant jusqu'à embrasser le portrait du président du Tout Puissant Mazembe, dans une véritable messe de plébiscite. Un mois plus tôt, le 30 mars, une autre coalition de partis d’opposition, le G7, avait également désigné l’ex-gouverneur comme son unique candidat à la présidentielle.

Un véritable tsunami attendu dans la classe politique

Parmi les chefs des 16 partis concernés par la création de la nouvelle plate-forme de l'opposition, on cite outre Delly Sessanga, Jean-Claude Muyambo, Franck Diongo, Adam Bombole, Moïse Moni Della, Jean-Claude Vuemba, José Makila et Mbusa Nyamuisi. A ceux-ci il faut ajouter plusieurs responsables de la Société civile. Pour le journal La Prospérité, ce choix du candidat commun de l’Opposition intervenu quelques jours après sa désignation par le G7, donne à Moïse Katumbi une envergure nationale.

Le coordinateur de la nouvelle structure explique que "les raisons qui motivent leur choix, après une réflexion mûrie incluent l’expérience, la capacité à faire gagner le peuple, la popularité et l’adhésion aux actions entreprises par Moïse Katumbi".

Après le G7 et, dimanche, l’Alternance pour la République, on annonce "un véritable tsunami" dans les prochains jours, avec l'adhésion à la plate-forme "d’autres grosses têtes de la politique congolaise" en ralliement à la candidature de Moïse Katumbi. S'agit-il de l’UDPS, qui n'a jamais souscrit à l'idée d'une candidature commune, alors que même la Dynamique de l’Opposition y est favorable ? Dans ce cas, le tsunami porterait bien son nom.

La candidature à la Majorité Présidentielle demeure un sujet tabou

Contrairement aux élections de 2006 et 2011, où l'opposition a péché jusqu'à l'auto-suicide en alignant voire une trentaine de candidats en ordre dispersé, face au seul candidat du pouvoir, une certaine organisation se précise dans ce camp, et pas de moindre. Pendant ce temps, la simple question relative au candidat président au sein de la plate-forme de la Majorité présidentielle demeure un sujet strictement tabou.

Les velléités existent pourtant, qui ont une peur bleue de discourir sur le sujet pour ne pas "s'auto-exclure" et perdre le gâteau de la république, comme il en a été le cas des partis du G7, dont l'unique tort avait été de s'exprimer sur leur option quant au "respect de la Constitution et des délais constitutionnels".

A la place, la Majorité continue de concentrer son énergie à multiplier les actions visant à traquer les partis proches du futur candidat de l'opposition Moïse Katumbi, dont la popularité devient trop envahissante à ses yeux, et d'essayer de déstabiliser celui-ci jusqu'à le couler, et à anéantir les partis qui le soutiennent avec l'histoire des doublons.

Chasses aux sorcières

Ainsi, après avoir empêché son meeting à Lubumbashi le 24 avril dernier, avec des gaz lacrymogènes, des coups de feu et des arrestations de partisans, à croire des sources locales, le richissime homme d'affaires katangais fait à présent l'objet d'accusations graves distillées par médias proches du pouvoir interposés. Ainsi, une chaîne inféodée passe en boucle une insinuation sur un "recrutement de mercenaires" par Moïse Katumbi et "l'existence d'un camp d'entraînement" entretenu par lui.

Dans un communiqué, le Bureau de Moïse Katumbi appelle les autorités congolaises et les représentants de la communauté internationale à " venir vérifier le caractère diffamatoire des informations circulant depuis le 28 avril au soir dans un média proche du pouvoir", ajoutant : « Un candidat qui a toutes les chances de gagner haut la main une élection présidentielle n’a pas besoin de se retrouver au centre d’un complot visant à soulever la population ».

Et l'ex-gouverneur du Katanga d'ajouter : " Le pouvoir cherche à me nuire et tous les moyens semblent bons. J'ai confiance dans la population et les observateurs internationaux qui ne tomberont pas dans ce piège grossier et dangereux. Loin de me décourager et affaiblir mes proches, ce stratagème pervers ne fait que renforcer notre combat pacifique pour l'instauration de l’État de droit, pour la défense de la démocratie et pour l'alternance dans notre pays en 2016". Il termine en assurant : " Mon combat est et restera pacifique, en toutes circonstances ".

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Le meeting de Katumbi du 24 avril 2016 dispersé

Le meeting de Katumbi du 24 avril 2016 dispersé

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