CPI : Jean-Pierre Bemba condamné à 18 ans de prison (Développement)

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Bemba encore à la CPI pour dix ans
Bemba encore à la CPI pour dix ans

Bruxelles, 21/06 - La Cour pénale internationale, siégeant ce mardi 21 juin à La Haye, aux Pays-Bas, vient de condamner l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, président du MLC (Mouvement de libération du Congo), à une peine de à 18 ans de prison pour "crimes de guerre et crimes contre l'humanité" commis en Centrafrique entre 2002 et 2003.

Le président du MLC avait été reconnu coupable, il y a trois mois, de ces griefs lui reprochés alors qu'il était chef de la rébellion dans la province de l’Équateur, au nord-ouest de la RDC.
Selon RFI, La Chambre a prononcé des peines pour chaque chef d'accusation : viols, meurtres et pillages. Dix-huit ans de prison, moins le temps déjà passé en détention, soit huit ans, Jean-Pierre Bemba va donc passer encore dix ans en détention.

La peine la plus lourde concerne les viols. Les hommes du MLC dépêchés en République centrafricaine à la demande du président en place, auraient commis des viols partout et tout le temps, faisant par ailleurs preuve d'une cruauté particulière, selon des témoignages. C'est ce qu'a dit la présidente de la Chambre qui a retenu des circonstances aggravantes pour les agressions sexuelles.

Toujours selon des témoignages recueillis par la CPI, lorsqu'ils arrivaient dans des villes ou villages, les combattants du MLC commençaient par s'assurer qu'ils étaient les seules forces armées sur les lieux. Puis, ils violaient à plusieurs des femmes et filles parfois âgées de seulement dix ans. Ils ont aussi agressé des personnes âgées, des hommes, parfois des familles entières pour les punir d'avoir résisté aux pillages comme rétribution pour ces troupes, qui s'estimaient mal payées.

Bemba impassible au prononcé du verdict

Jean-Pierre Bemba a écouté, sans bouger, le récit des crimes commis par ses troupes. Pendant ce temps, la présidente de la Cour a expliqué qu'il n'a pas agi pour faire cesser ces exactions. Elle considère que même s'il n'était pas présent en Centrafrique à l'époque, Jean-Pierre Bemba était bien responsable. Il s'est rendu dans le pays à plusieurs reprises, notamment pour apporter des armes à ses hommes ou pour rencontrer le président d'alors Ange-Félix Patassé. C'est lui qui prenait les décisions les plus importantes.

Pour la Cour pénale internationale, cela ne fait aucun doute : il n'a pas seulement ignoré les crimes, il les a encouragés. Les avocats de la défense ont d'ores et déjà annoncé qu'ils allaient faire appel.

Jean-Pierre Bemba fut arrêté dans une banlieue de Bruxelles aux alentours de 22h00 le 24 mai 2008, alors qu'il s'était réfugié Portugal en juin 2007 après des affrontements d'une rare violence qui avaient opposé à Kinshasa ses troupes à l'armée régulière après l'élection présidentielle de 2006. Joseph Kabila avait alors été proclamé vainqueur mais l leader du MLC avait contesté les résultats pour lesquels il était donné 42 % des voix au second tour. Il avait alors quitté la RDC dont la justice l'avait inculpé pour "haute trahison".

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