Kongo Central : Un port privé construit à Matadi à côté du Pont Maréchal

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Un vue de Matadi et son port, en déperdition
Un vue de Matadi et son port, en déperdition

Bruxelles/Kinshasa, 20/06 - Un port maritime privé dénommé « Mbengu Matadi » vient d'être construit à Matadi par le groupe Ledya, pour un financement de 400 millions de dollars américains, selon des sources concordantes citées par Radio Okapi .

D'autres sources indiquent néanmoins que l'actionnaire majoritaire de ce nouveau port est une multinationale de droit philippin, alors que Ledya en détiendrait 40% des parts. D’après des responsables du port interrogés à l'occasion de son inauguration, le mercredi 15 juin, mais qui n'ont pas abordé le sujet de l'actionnariat, ce port devait accueillir son premier navire le même mercredi en guise de l’inauguration des activités de ce port, construit à l’extrême gauche du Pont Maréchal, le long du fleuve Congo.

Le port Mbengu Matadi dispose d’un quai fini en béton lourd, d’un débarcadère, de deux bâtiments en étage dont un reste encore en construction. Les travaux de construction de ce port sont exécutés par l’entreprise chinoise CREK7 depuis le 4 avril 2015 mais, malgré son inauguration mercredi, les travaux vont se poursuivre pour s’achever en 2017.

Plaidoyer pour la relance des activités du port de Matadi

De leur côté, les opérateurs économiques du Kongo Central, qui saluent cette initiative du groupe Ledya, actif dans plusieurs secteurs économiques en RDC, dont les mines et les services, plaident pour que les ports publics de la province, butés à plusieurs difficultés de fonctionnement ne soient pas négligés au profit de ce nouveau.

En effet, le port de Matadi, qui emploie près de 11 000 salariés et dont le caractère crucial, vital et stratégique est pourtant démontré, tourne au ralenti. Selon des chiffres de 2013, l’État congolais devait à l'ex-ONATRA, devenu STCP, plus de 700 millions (sept cents millions) de dollars américains. Une belle enveloppe qui pouvait permettre à l'entreprise entre autre d’acquérir des locomotives, des bateaux et nombre d’engins de manutention et lancer le projet de construction du port en eau profonde de Banana.

Plusieurs quais, sur la dizaine que compte le port, sont fermés depuis près de huit ans, en raison de leur vétusté, réduisant ainsi le nombre de bateaux au mouillage à cause du coût pour les armateurs, dont le temps d'accostage est allongé.

Par ailleurs, la RDC est l'un des rares pays au monde où le poisson meurt de vieillesse, alors que jusqu’au début des années 80, une véritable pêche industrielle y était pratiquée par des entreprises comme PEMARZA (Pêcherie maritime du Zaïre) et PIM (Pêcheries industrielles de Moanda), aujourd’hui à l'arrêt mais dont les structures sont encore visibles aussi bien à Moanda qu’à Boma.

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