Mova Sakanyi contre la Constitution et pour un 3ème mandat de Kabila

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

L'article 220 de la Constituion est normalement cadenassé
L'article 220 de la Constituion est normalement cadenassé

Bruxelles, 06/06 - Le PPRd, le parti du président Joseph Kabila, a fait un véritable plaidoyer, samedi à Kinshasa, en faveur d'un 3ème mandat de son protégé qui arrive au terme de ses fonctions le 19 décembre 2016, faute d'avoir réussi à organiser les élections. S'exprimant tour à tour à l'issue de la marche organisée par ce parti pour la célébration de l’anniversaire de naissance du chef de l’État, le secrétaire général du PPRD Henry Mova Sakani et son adjoint Shadary ont tout simplement ignoré les prescrits de la Constitution et plaidé pour un autre mandat pourtant interdit par la loi fondamentale.

Si Kinshasa avait commencé à bégayer à ce sujet depuis qu'il a fallu abattre des personnes qui réclamaient le respect de la Constitution, en janvier 2015, dans l'entourage du président Kabila, l'idée continuait à trotter dans les esprits. Il fallait attendre le moment propice pour la recycler. Et pour Henry Mova, soudainement transformé en propagandiste du PPRD, l'opportunité de la marche était rêvée. « Si vous ne passez pas par le dialogue, en face de vous il y a le peuple et le peuple souverain s'exprime au travers d'un mode de scrutin universellement connu, c'est le référendum », a-t-il lancé à l’endroit de l’Opposition.

Aussi, l'idée de la convocation d’un référendum ne fait plus mystère dans ce camp, alors que le même peuple auquel Mova fait référence s'est déjà exprimée par "référendum" sur le départ de Joseph Kabila, le 19 décembre après avoir totalisé deux mandats lui concédés par "le souverain primaire". Et pas plus.

Sûrement boostés par l'arrêt de la Cour constitutionnelle accordant une rallonge à leur "autorité morale", les plus zélés du camp Kabila ne comptent pas en rester là. Mais la question qui demeure est celle de savoir comment le PPRD va s’y prendre pour mettre en branle le processus conduisant au référendum et faire sauter le verrou de l’article 220 de la Constitution interdisant au président de la République de postuler un 3ème mandat. « Tous les fossoyeurs de la stabilité des institutions de la République trouveront en face un peuple déterminé à prendre en main son destin », a-t-il lâché sans convaincre. En effet, la première tentative avait justement conduit "le peuple" dont parle Mova en face des chars de combat, des pompes à eaux ainsi que des camions anti-émeutes brandis par le pouvoir, avec au décompte des morts par balles.

Même si le secrétaire général adjoint et président du groupe parlementaire du PPRD, Shadary, avance dans son propos l’idée d’une pétition qui sera lancée incessamment afin de concrétiser ce projet de référendum, ils ne sont pas nombreux au parlement et au Sénat à se risquer de soutenir une telle aventure impopulaire. Surtout si on repasse les images du courroux de la population jalouse de sa Constitution. Mais l'actualité congolaise évolue à une telle vitesse qu'aucun scénario ne peut être à exclu d'emblée

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article