RDC/Présidentielle : La Libre Belgique fait état de six candidats déclarés ou supposés

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Des hommes politiques congolais (Archives)
Des hommes politiques congolais (Archives)

Bruxelles, 13/05 - Le conclave de l'opposition congolaise, organisé les 8 et 9 juin derniers à Genval, en Belgique, dans l'optique de réunifier l'opposition sur des objectifs communs a réussi à se constituer en un "Rassemblement". L'on sait également que le MLC et l'UNC n'y ont pas adhéré, préférant voler de leurs propres ailes, malgré le désordre que cela implique face à l'union des "forces politiques et sociales acquises au changement".

Toutes les résolutions issues de ces assises ont convergé dans ce sens, mais aussi vers l'option de forcer l'organisation des élections en novembre 2016 en vertu des dispositions légales puisées dans la Constitution et la Résolution 2277 du Conseil de Sécurité de l'ONU, instance à laquelle la RDC a souscrit et dont les décisions lui sont opposables en conséquence.

Mais une question a été éludée - sciemment ? - au cours de cette assemblée, celle de la candidature de l'opposition à la présidentielle une fois lesdites élections obtenues, pour maximiser les chances de l'emporter. L'on a encore en mémoire l'imbroglio de 2006 et 2011 où l'opposition avait aligné jusqu'à 32 candidats face au candidat du pouvoir, avec la débâcle pourtant annoncée qui s'en est résultée.

Si dans le camp présidentiel, le vocable reste strictement tabou, de peur de déviationnisme et d'exclusion, certains observateurs citent néanmoins des noms, tout en soupesant leurs chances respectives. La palme revient naturellement au Premier ministre Matata Ponyo, mais qui serait politiquement mal en point aujourd'hui, à la suite d'une salve d'actions de déstabilisation au sein du Parlement, où les députés ont dépeint un bilan catastrophique de son mandat et démontré noir sur blanc son incapacité à gérer le pays.

Face aux déboires et revers successifs que collectionne Matata Ponyo, amplement répercutés dans les médias, les analystes sortent la carte Henri Mova Sakanyi qui se démène à acquérir une stature qui le positionnerait comme possible leader. Mais on lui reprocherait ses déclarations à l'emporte-pièce, qui démontrent son inconstance et sa légèreté politique dangereuse pour son parti. Ceci aurait d'ailleurs irrité certains caciques du pouvoir qui se méfient désormais de "cet arriviste". Le joker présidentiel, pensent-ils, serait alors Aubin Minaku, président du parlement, catalogué plus posé et respecté à l'hémicycle, malgré un manque notoire d'objectivité mais que son appartenance politique peut excuser.

Le candidat de la Majorité reste inconnu

La Libre Belgique abonde dans le même sens, dans son édition de ce lundi 13 juin, affirmant que "le candidat de la majorité est inconnu jusqu'ici, alors que l'élection présidentielle est annoncée pour novembre 2016 et vraisemblablement retardée mais devant se tenir un jour". Pour notre consœur, "le meilleur candidat aurait été Moïse Katumbi" (passé à l'opposition), "dont la popularité personnelle aurait assuré de très nombreux suffrages". Mais le président Joseph Kabila a, lui, " préféré imiter Mobutu et déstabiliser le Congo plutôt que de s'établir comme figure de l'histoire en permettant la première passation de pouvoir démocratique du pays", écrit La Libre Belgique.

Quant à l'opposition, le quotidien belge fait remarquer qu'aucune mention n'ayant été faite au Conclave de Genval au sujet d'une candidature unique de l'opposition, plusieurs ténors se sont déjà déclarés pour la présidentielle, soit officiellement comme Moïse Katumbi et Martin Fayulu, soit via des interviews, sans compter les outsiders tels que Freddy Matungulu ou Noël Tshiani.

Les chances de l'opposition, selon La Libre Belgique

Dans son tour d'horizon réalisé sur deux pages, avec photo pour chacun des candidats, mais aussi celle de Joseph Kabila brandie par les militants du PPRD, avec une légende soutenant qu'il était "trop jeune pour la retraite" bien que ce soit "ce qu'exige la Constitution", notre consœur analyse les atouts et les faiblesses de chaque prétendant au sein de l'opposition, face à "l'inconnu de la Majorité".

Au sujet d’Étienne Tshisekedi, La Libre Belgique estime que "le bon sens devrait écarter le vieux malade de la course", mais le conclave de Genval - où, selon le quotidien, le président de l'UDPS "est apparu très affaibli mais a été reconnu pour son leadership et intronisé président du Conseil des sages du Rassemblement de l'opposition - laisse planer le doute. Comme atouts, le journal note qu'il est le seul homme politique, avec le chef de l’État et Moïse Katumbi, à être connu dans tout le pays. Il dispose en plus d'un parti expérimenté et de vrais militants. Quant à ses faiblesses, le quotidien pointe "son âge et son piètre état de santé" ainsi que sa longue absence "qui a diminué sa capacité mobilisatrice".

Moïse Katumbi : le plus redouté par le pouvoir

Concernant Moïse Katumbi, le journal souligne qu'il est extrêmement populaire en raison de ses succès d'homme d'affaires, des progrès réalisés alors qu'il était gouverneur du Katanga (2007-2015) ainsi qu'à la tête du TP Mazembe et de ses actions charitables au-delà de sa province. En outre, il a été porté comme candidat par trois rassemblements politiques. Comme faiblesses, le quotidien relève les critiques de ses détracteurs sur sa fortune, qui affectent peu son aura auprès de ses sympathisants, tout en reconnaissant que la machine de guerre enclenchée contre lui par les kabilistes dans l'"affaire des mercenaires" pour l'écarter de la course semble l'avoir affecté mais démontre qu'il est le plus redouté par le pouvoir.

Quant à Vital Kamerhe, sa force serait "son expérience politique variée", alors qu'il pâtirait de son inconstitutionnalité et une majorité éclatée en cas de candidat du pouvoir, avec lequel il partagerait les "fruits de la croissance captés par l'élite" et empêchant "la pauvreté de diminuer". Martin Fayulu, lui, se prévaut d'une constance dans l'action politique mais ne dispose que d'un petit parti, l'Ecide, tout comme Freddy Matungulu, avec sa formation politique "Congo na biso". Mais ce dernier, doté d'une expérience nationale et internationale, peut mettre en avant ses succès en tant qu'économiste de haut vol.

De son côté, Noël Tshiani, qui a joué un rôle dans le redressement économique du Cap Vert en tant que haut fonctionnaire à la Banque mondiale, a mis au point un programme de redressement - "un plan Marshal" - pour le Congo, secteur dans lequel il dispose d'une expérience éprouvée. Mais, outre qu'il est inconnu au Congo, il est confronté à son manque d'expérience politique et se serait attiré la méfiance des ressortissants du Kasaï, dont il est originaire, après avoir sollicité l'appui d’Étienne Tshisekedi.

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Les deux pages de la Libre Belgique du 13 juin 2016Les deux pages de la Libre Belgique du 13 juin 2016

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