Réunion de l'opposition à Bruxelles : Déjà des voix discordantes

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Des leaders de la Dynamique de l'opposition
Des leaders de la Dynamique de l'opposition

Bruxelles, 05/06 - Nous l'avions annoncé sur http://lesignalducontinent.over-blog.com/2016/06/tous-les-yeux-a-kinshasa-tournes-vers-bruxelles-pour-le-sommet-de-l-opposition-congolaise.html, une importante rencontre au sommet réunira à Bruxelles, du 7 au 9 juin, les ténors de l'opposition congolaise autour du président de l'UDPS, Étienne Tshisekedi, en vue de constituer une "Plateforme des forces acquises au changement".

Mais à en croire les échos en provenance des milieux proches de l'organisation, la rencontre est d'ores et déjà confrontée à quelques difficultés relatives à sa mise en route, à la suite de "l'opacité sur son organisation". En effet, à peine foulé le sol belge, certains opposants lèvent la voix pour dénoncer certains vices de procédure. La même source relève que les débats vont tourner autour d'une "charte de l'opposition" qui a été rédigée par le seul G7, sans concertation avec les autres parties à la rencontre.

Par ailleurs, la question sur le financement des assises et, donc, d'une certaine condescendance du bailleur des fonds sur les participants, est également sur les lèvres des frondeurs, qui estiment que cette rencontre réunissant une centaine de délégués en provenance de Kinshasa et d'ailleurs, devaient plutôt être financée par chacun des partis politiques participants, afin d'éviter les suspicions. Ce qui n'est pas le cas, indique-t-on.

Kinshasa avait annoncé que les leaders du G7, de la Dynamique de l'opposition ainsi que du Front citoyen 2016 devaient effectuer le déplacement vers la capitale belge en vue de consolider l’unité de l’Opposition dans l'optique de sa participation au dialogue politique en ordre de bataille et, éventuellement, confectionner une charge commune. Là aussi, certaines interrogations se posent, lorsque l'on sait que le même G7 qui refuse le dialogue est aujourd'hui partie prenante à la rencontre de Bruxelles. Avec quel objectif, s'interroge-t-on ?

Pour sa part, la Dynamique de l'opposition, farouchement opposée au Dialogue politique, a néanmoins dépêché 7 délégués, en qualité d'observateurs, mais en posant des préalables, notamment une rencontre avec le président de l'UDPS avant toute participation et surtout solliciter le report de ces rencontres de deux ou trois jours afin de mieux les structurer.

Le MLC n'est pas partie prenante aux assises

Le Mouvement de Libération du Congo (MLC), membre de la Dynamique, déclare de son côté ne pas être partie prenante aux futures assises de l'opposition congolaise. Dans un communiqué diffusé dimanche dans la capitale belge par son Secrétaire national aux Relations extérieures, Jean-Jacques Mbungani, le MLC se pose des questions sur l'identité de la personne qui finance une telle rencontre ainsi que sur ses réels enjeux - positionnement ou partage du pouvoir.

Le parti de Jean-Pierre Bemba relève un important point de divergence concernant "la charte de ce conclave" qui, à en croire ce parti, est déjà élaborée en avance par les ténors du G7, écorchant "la susceptibilité de bon nombre d'opposants qui seront mis sur le fait accompli lors du discours inaugural du conclave par le président de L'UDPS et qui n'auront qu'à participer aux différents ateliers et thèmes prévus".

Le MLC dit privilégier le respect des prescrits de la Constitution ainsi que l'organisation des élections dans les délais prévus et, par conséquent, juge inopportune la ténue d'un dialogue avec la majorité présidentielle à quelques mois de la fin du dernier mandat de Joseph Kabila. Pour le secrétaire général aux Relations extérieures du MLC, même si "les plus érudits d'entre les participants apporteront des amendements sur certains points de la charte conçue par le G7, mais l'essentiel est connu d'avance", à savoir "l'harmonisation des vues pour le dialogue avec le régime de Kabila maintenant que la ténue des élections présidentielles et législatives devient difficilement réalisable dans les délais".

A l'allure où se présentent les divergences, les débats au cours du conclave s'annoncent houleux et rien ne présage une harmonisation des points de vue pour une "nouvelle union sacrée de l'opposition" annoncée.

Le Secrétaire national aux Relations extérieures, Jean-Jacques Mbungani

Le Secrétaire national aux Relations extérieures, Jean-Jacques Mbungani

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