Koffi Olomide expulsé de Nairobi samedi, victime de ses multiples turpitudes

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Koffi dans ses états, à l'aéroport de Nairobi
Koffi dans ses états, à l'aéroport de Nairobi

Bruxelles, 24/07 - Le chanteur congolais Koffi Olomide a été arrêté vendredi soir dans la capitale kényane, où il était arrivé le même jour pour un concert, après avoir été filmé dans l'après-midi donnant un violent coup de pied au ventre de l'une de ses danseuses. Il a été expulsé, samedi matin, vers Kinshasa.

Entourée de plusieurs malabars qui l'entouraient et qui l'empêchaient de frapper la jeune fille, la vedette congolaise s'est brusquement dégagée pour asséner son coup de pied à la victime, devant des dizaines de caméras présentes à l'aéroport, son arrivée ayant été largement médiatisée. Il n'en fallait pas plus pour que la vidéo fasse le tour de la toile, largement reprise et commentée sur les réseaux sociaux, où l'on voit Olimide fraichement arrivé à l'aéroport, se diriger vers une de ses danseuses. Il lui adresse alors un coup de pied, qu'elle parvient en partie à amortir d'un réflexe de la main, sous le regard incrédule de deux policiers kényans dont l'un s'interpose. Il a fallu l'intervention d'un militaire pour que Koffi Olomide se calme.

Dans la soirée, la Commission nationale kényane sur le Genre et l'égalité publie un communiqué appelant l'Inspecteur général de la police à ouvrir immédiatement une enquête. Le chanteur de 59 ans a finalement été arrêté devant les caméras de télévision à l’extérieur des locaux d’une chaîne de télévision où il venait de donner une interview.

Emmené au poste de police de l'aéroport international Jomo Kenyatta sous forte escorte et où le flagrant délit a été acté, le chanteur a été retenu en garde à vue toute la nuit, avant d'être expulsé purement et simplement comme un vulgaire malfrat.

La version de Koffi, qui ne convainc pas

Koffi avait essayé de masquer son forfait, en expliquant : "A notre arrivée à l'aéroport, une dame a commencé à insulter et voulait se bagarrer avec les dames qui sont venues avec moi, d'après ce qu'on m'a expliqué, car j'avais le dos tourné, en faisant une interview avec une télévision kényane", selon les médias présents.

"J'ai voulu, avec ma jambe, empêcher un coup de partir sur l'une de mes danseuses, que je suis venu défendre, pour empêcher surtout qu'il y ait du désordre à l'aéroport. Avec l'Internet, les gens ont fait un petit montage pour donner l'impression que j'ai donné" un coup de pied, s'est-il défendu.

"J'ai vu la vidéo comme vous. Il y a eu une petite découpe de la vidéo (…) Les gens n'ont pas tout vu (…) Quel intérêt j'ai à frapper quelqu'un ?" soutient-il. Mais sans convaincre, car un grand nombre de personnes sur les réseaux sociaux, dont une responsable kényanne en charge du Genre, ont appelé au boycott du concert du chanteur et appelé à son arrestation.

Koffi, un multi-récidiviste

Pour rappel, ce n'est pas la première fois que Koffi Olomide défraie la chronique dans des affaires impliquant des jeunes filles et même des mineures d'âge. En effet, une action en justice avait été intentée contre lui en France pour "actes de barbarie en bande organisée et trafic d’êtres humains", après que trois de ses anciennes chanteuses et danseuses avaient déposé plainte en 2006 et 2008 pour "viol sur mineures et séquestration".

Il avait été condamné pour ces délits en février 2012, mais s'était prestement éclipsé de la capitale française pour Kinshasa afin d'éviter la détention provisoire décidée par le juge d’instruction de Nanterre après trois heures d'interrogatoire.

A Kinshasa, Koffi Olomide qui, finalement, ne sait pas se départir de son comportement de délinquant primaire malgré son succès, avait également été condamné à 3 mois de prison avec sursis, en août 2012, pour "coups et blessures volontaires" après une altercation avec son producteur Diego Lubaki, un Congolais habitant le quartier Château Rouge, à Paris.

Les faits s'étaient déroulés dans un hôtel de luxe de la capitale congolaise où, selon le témoignage de la femme de chambre qui avait alerté la police, le producteur Diego Lubaki « saignait de la bouche » après avoir été copieusement frappé par le suspect Koffi Olomide pour une histoire de 3 000 euro.

Le chanteur, arrivé à son procès au tribunal de Paix de la Gombe flanqué d’une quinzaine d’avocats ainsi que d'une meute d'admirateurs et de curieux, risquait six mois de prison pour la première prévention et cinq ans pour « destruction méchante », une porte d'hôtel ayant été fracassée pendant la bagarre.

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