Meeting de la MP versus Meeting de l'opposition : Le pays offre un spectacle désolant et est la risée du monde

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Une foule immense qui n'avait d'yeux que sur les dividendes
Une foule immense qui n'avait d'yeux que sur les dividendes

Bruxelles, 30/07 - Comme nous l'avons écrit dans notre article d'avant l'arrivée d’Étienne Tshisekedi à Kinshasa et d'avant meeting de la Majorité - lire http://lesignalducontinent.over-blog.com/2016/07/la-majorite-presidentielle-annonce-un-meeting-deux-jours-avant-celui-de-l-opposition.html, les dirigeants d'un pays ne peuvent se comporter comme des enfants du primaire dans une cour de recré, en jouant à "à toi, à moi". Car, ce n'est pas parce que le président de l'UDPS et du Comité des sages du "Rassemblement" regagne son pays et qu'il annonce un meeting que de grands garçons doivent aussi programmer leur partition.

On le sait, l'opposition a rassemblé des milliers et des milliers de personnes pour accueillir Étienne Tshisekedi. Il réussira aussi demain 31 juillet à récidiver, sans débourser un seul penny.
On le sait aussi, le pouvoir est capable de mobiliser des milliers de gens, grâce aux caisses de l’État. En effet, qui refuserait d'être gratifié, pour "être juste présent" au stade, d'une somme de 50 dollars, l’équivalent de son salaire mensuel lorsqu'il est au travail. Sachant par ailleurs que le taux de chômage en RDC est de 40%, à en croire les chiffres du gouvernement Matata, alors que pour le PNUD, « la RDC est parmi les pays qui ont le taux de chômage le plus élevé, et aussi le taux de sous-emploi global le plus élevé", occupant honteusement "la 176ème place sur les 188 pays".

Aussi, à part la foule immense qu'a réussi à drainer la Majorité présidentielle (Voir Photo), il convient de relativiser, lorsque l'on considère les dessous de table. En effet, selon également notre confrère du congoindependant.com, qui cite "un confrère kinois", le meeting de la majorité présidentielle s’est d'ailleurs terminé par des bagarres. Les personnes habituées à piocher dans les caisses de l'Etat et à "bouffer seuls" - Kabila avait même porté plainte contre certains d'entre eux - ne pouvaient libérer que des miettes à chaque participant.

Le meeting se termine en bagarre générale

Notre confrère précise que "des chaises en plastiques volaient en l’air jusqu’aux environs du lieu dit "Ban Kin" et devant la salle de spectacle de Koffi Olomide à l'issue du meeting. Le non versement d’une prime de 10.000 FC promise et l’absence des bus de la société Transcom pour assurer le retour des fonctionnaires et agents des entreprises publiques mobilisés presque manu militari seraient à l’origine de la colère".

Et congoindependant.com de citer le communiqué officiel convoquant les fonctionnaires : "Son excellence Monsieur le ministre de la Fonction publique invite agents et cadres du ministère à participer nombreux au rassemblement populaire qui aura lieu ce vendredi à 10 h précises au Stade des Martyrs. A cet effet, la journée de vendredi est déclarée chômée. Cordiale bienvenue." On se croirait revenu vingt années en arrière, commente le site à la lecture du " communiqué officiel publié par le directeur chef de service de ce ministère".

Dans un " stade était archi-comble comme à la belle époque du MPR parti-Etat, des militants brandissaient des calicots à la gloire du "Rais". On pouvait aussi lire que "Le président de la République reste en fonction ...." peint sur le panneau le plus géant possible. Et tant pis pour les pauvres caisses de l’État, dans un pays où la Cour des Comptes a longtemps cessé d'exister.

Avec un décor ainsi planté, quel message cette "foule immense" pouvait ramener chez elle, lorsque "la partie la plus importante du meeting", à savoir la distribution du butin, se termine par "une bataille rangée" selon des témoins cités par notre confrère, qui explique : " Des chaises en plastiques volaient en l’air jusqu’aux environs du dancing-club ’ex-Ban Kin’ et du Nganda "Apa Ndjo Kwetu" pour " non versement d’une somme de 10.000 FC promise par le secrétaire général de la Majorité présidentielle Aubin Minaku", qui a préféré garder pour lui la grande part, et " absence des bus de la société Transcom pour assurer le retour des militants, fonctionnaires et agents des entreprises publiques".

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