Répression aveugle en RDC : Un étudiant arrêté à Kisangani pour conférence sur la Constitution

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Une conférence de Filimbi (Archives)
Une conférence de Filimbi (Archives)

Bruxelles, 18/07 - Le militant du collectif Filimbi, l'étudiant Jean de Dieu Kilima, arrêté le samedi 9 juillet 2016 à Kisangani, vient d'être transféré à Kinshasa. Également membre de de la Coordination Front citoyen 2016/Province de la Tshopo, il avait été arrêté par les services en marge d’une conférence de presse qu'il avait tenue sur le lancement de la campagne de sensibilisation sur les articles clés de la Constitution.

Âgé de 27 ans, l’étudiant Kilima, de l’Université technologique internationale de Kisangani(UTIK), co-animait l’une des sept conférences de presse qu’organisait simultanément le Front citoyen 2016 dans ses différentes cellules à travers la RDC, à Kinshasa, Kisangani, Goma, Bukavu, Bunia, Butembo et Uvira, pour exiger la convocation de l’élection présidentielle le 19 décembre 2016, conformément à l’article 73 de la Constitution.

Même pour les novices du droit commun, ils rechercherons l'infraction mais ne la trouveront jamais. En effet, il n'y a qu'en République démocratique du Congo où organiser une conférence sur un sujet public constitue un crime, alors que des exposés du genre se tiennent à la pelle dans les universités et instituts supérieurs sans que leurs auteurs ne soient inquiétés. Alors pourquoi s’acharner sur un étudiant, qui ne fait que remplir son rôle de membre de la société civile ?

Jean de Dieu Kilima a été transféré à Kinshasa depuis le mardi 12 juillet dernier, dans le secret le plus total. Ce sont ses pairs du collectif qui l'ont révélé au cours d’une rencontre avec les journalistes, le vendredi15 juillet 2016 au siège de l’Asadho dans la commune de Gombe, dans la capitale congolaise.

A en croire Carbone Beni wa Beya, chargé de la mobilisation et déploiement de cette organisation, cité par le journal Le Phare, « il s’agit là d’une arrestation arbitraire, d’un acharnement, d’une violation flagrante de la liberté d’expression et d’un mépris total des règles les plus élémentaires de procédure pénale ». Il ajoute : « Nous ne nous laisserons pas impressionner par ces intimidations d’un temps révolu. La jeunesse congolaise aspire à un réel changement et travaille d’arrache-pied pour l’obtenir ».

Pour une république qui se veut « démocratique » et où parler de la Constitution devient un tabou, on se demande s'il ne faut pas simplement changer le nom du pays pour mieux refléter toute la chasse à laquelle se livre le pouvoir à l'égard de tout ce qui sent l'opposition, allant jusqu'à intenter des procès de façade à la chaîne, à confisquer les médias publics, bref à contrecarrer tout exercice des droits fondamentaux par une frange de la population.

Fin juin dernier, un communiqué de Lambert Mende, ministre de la Communication et des médias, accusait sans rire le collectif Filimbi de « mouvement terroriste », alors qu'il n'a pour seule arme que sa parole. Il est triste de constater que des gens qui ont été à l'école ne puisse utiliser leur savoir que pour causer du tort.

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