Beni : La police réprime une manifestation à coups de gaz lacrymogènes

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Face à face Police et population à Beni
Face à face Police et population à Beni

Bruxelles, 17/08 - Le mensonge des officiels congolais, incapables de protéger leurs populations, en tentant de s'embusquer derrière des "pseudo-djihadistes" n'a pas pris à Beni. En effet, la population, de Beni est descendue mercredi dans les rues pour une manifestation, qui été réprimée à coups de gaz lacrymogènes et de tirs de sommation par la police et l'armée congolaises, à l'occasion du dernier jour du deuil national décrété après le massacre de plusieurs civils dans la nuit du samedi 13 août dans cette ville de l'est.

Selon le journaliste de Jeune Afrique présent sur les lieux, "les forces de l’ordre ont chargé à 10h30 des centaines de manifestants qui évoluaient sur l’avenue Nyamwisi, la principale artère menant à la mairie de Beni, pour protester contre l’inaction des autorités face aux nombreux cas de violences qui ont fait plus de 650 morts depuis octobre 2014 dans le Nord-Kivu.

On fait état d'au moins six manifestants sauvagement interpellés et embarqués sans ménagement dans une jeep militaire pour une destination encore inconnue.

Drapeaux du PPRD et effigie de Kabila brûlés - Matata Ponyo hué

Au cours de la manifestation, des drapeaux du PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie parti présidentiel, ont été brûlés, de même qu’une effigie du président Joseph Kabila au grand marché. La société civile locale avait décrété Béni "ville morte" pour trois jours à partir de lundi. Pour clôturer le deuil, les manifestants ont noué autour de la tête une étoffe marquée « Amani » (paix, en swahili).

La dernière tuerie d’envergure a eu lieu dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 août dans des quartiers nord de Beni, à la lisière du parc de Virunga, repaire des rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF). 51 personnes ont trouvé la mort dans cette agression à la machette, selon la société civile de Beni. Le gouvernement, quant à lui, avance le chiffre de 42 morts.

Par ailleurs, en visite éclair à Beni mardi, le Premier ministre Augustin Matata Ponyo a été copieusement hué par la foule qui l’a appelé à la démission, accusant les autorités congolaises de n’avoir rien fait - sciemment ou par irresponsabilité - pour protéger la population contre ce danger bien identifié.

Une autre image de Beni

Une autre image de Beni

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