Enrôlement : Pourquoi la population ne se bouscule pas au portillon

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Un bureau de compilation des résultats (Archives)
Un bureau de compilation des résultats (Archives)

Bruxelles/Kinshasa, 10/08 - Alors que l'on avait noté un engouement apparent de la cérémonie inaugurale du dimanche 31 juillet 2016, fortement médiatisée, les populations du Nord-Ubangi en âge de voter ne se pressent pas devant les bureaux de la CENI (Commission électorale nationale indépendante).

Les ressortissants de cette partie du pays semblent plus préoccupés par leur survie au quotidien à travers des activités de champ, de pêche et d’élevage que par l’acquisition des cartes d’électeurs. Et pour cause ? Les tripatouillages vécus lors des cycles électoraux passés tant pour les provinciales, les législatives que la présidentielle ont installé une méfiance totale. Aussi, les gens ont du mal à croire que les élections vont effectivement avoir lieu dans ce pays avant trois ans et qu’elles seraient réellement démocratiques, transparentes et apaisées, indiquent les observateurs sur place.

La même méfiance se lit également auprès de populations du Nord-Kivu. En effet, certaines sources locales affirment que la grande majorité des autochtones pense que la CENI s’est lancée dans une nouvelle campagne visant le trafic futur de leurs voix au profit des candidats qu’ils n’auront pas choisis dans les urnes.

Au regard du manque d’empressement des candidats à l’enrôlement, d’aucuns pensent que la CENI serait obligée, à un moment donné, soit de plier bagages et de laisser au bord de la route plusieurs milliers d’hommes, de femmes et de jeunes en âge de voter, soit de prolonger les délais d’enrôlement et, partant, de cheminer lentement et sûrement vers le glissement du calendrier électoral.

« Le chronogramme arrêté pour les opérations d’enrôlement dans la province du Nord-Ubangi est d’autant difficile à respecter qu’à la désertion des bureaux de la CENI s’ajoute les pannes à répétition des kits. Il semble que les sources d’énergie mises en place pour leur refroidissement connaissent des dysfonctionnements, ce qui précipite la détérioration du matériel d’enregistrement des électeurs et de captage des images.

Le mauvais signal émis à partir du Nord-Ubangi n’augure rien de bon pour la révision du fichier électoral, qui risque de dépasser largement le délai de 16 mois annoncé par le président de la CENI, Corneille Nanga et d'allonger indéfiniment la présence de Joseph Kabila à la tête des institutions nationales.

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