Kabila renvoie les élections aux calendes grecques, selon Le Potentiel

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Kabila renvoie les élections aux calendes grecques, selon Le Potentiel

Bruxelles, 06/08 - Comme nous l'avons annoncé, le jeudi 4 août, au cours d’une conférence de presse conjointe avec son homologue ougandais Yoweri Kaguta Museveni, dans le district ougandais de Kasese, Joseph Kabila a annoncé la tenue des élections après l’opération d’enrôlement des électeurs, lancée le 31 juillet dernier au Nord-Ubangi.

Le président congolais, connu mondialement pour son mutisme, a parlé. C'est cela l'information car il n'a rien dit de bien nouveau, alors que depuis le 30 juin tous les observateurs veulent l'entendre au sujet de ses ses intentions quant à son sort après son deuxième mandat, la Constitution lui interdisant en effet de se représenter, alors que tous même dans son propre camp le soupçonne de convoiter un troisième mandat .

Joseph Kabila, qui annonce qu'il est irresponsable en matière d'organisation des élections, qui incombe à la CENI, évoque néanmoins l’enrôlement des électeurs, débuté depuis le 31 juillet et tutti quanti. Alors qu'en février dernier, Corneille Nangaa le président de la Commission électorale avait indiqué que l’opération de révision du fichier électoral pourra durer au minimum seize ou dix-sept mois, le quotidien kinois Le Potentiel estime pour sa part que « Kabila dicte la cadence : pas de calendrier sans fichier électoral » et donc "pareille déclaration est de nature à renvoyer les élections aux calendes grecques".

La société civile du Nord-Ubangi doute quant à la poursuite de l'enrôlement

Avec raison car, l’opération d’enrôlement des électeurs qui a débuté par Gbadolite, au Nord-Ubangi, se bute déjà à ses premiers couacs qui risquent de retarder indéfiniment la manœuvre. Selon le président de la Société civile de cette nouvelle province, le mauvais état des routes risquent de ralentir à souhait cette opération, prévue pour durer trois mois. M. Taylor Taima, qui a exprimé ses inquiétudes vendredi 5 août au cours d’une rencontre à Gbadolite avec le gouverneur du Nord-Ubangi, Marie-Thérèse Gerengbo, a relevé :

« Les routes sont en très mauvais état en cette période pluvieuse et cela risque de rendre certaines localités les plus reculées inaccessibles. Si les agents recenseurs de la CENI pourront arriver tant bien que mal aux centres d’enrôlement, il sera difficile pour un bon nombre des habitants en âge de voter de faire le déplacement pour atteindre ces centres.

Malgré ladite "révolution de la modernité" - un slogan débité d'ailleurs en mauvais français - « tous les axes routiers du Nord-Ubangi sont en très mauvais état, notamment l’axe Gbadolite-Businga avec un grand bourbier à 12 km de Businga-centre. La route de Bosobolo qui venait d’être rouverte par le HCR est redevenue peu praticable. L’axe Kotakoli-Yakoma est pratiquement coupé par des inondations sur une bonne distance », a expliqué Taylor Taima.

Et lorsque l'on ajoute à cet état de sous-développement notoire le fait que la CENi va travailler au groupe électrogène comme au siècle dernier - elle vient de faire l'acquisition, le mardi 02 août à l’aéroport international de N'Djili de centaines de groupes pour pallier le manque du courant électrique - Joseph Kabila pourra dormir sur ses deux lauriers pour des années encore. Ce qui agace l'opposition.

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