Le "choc" entre Joseph Kabila et Moïse Katumbi paraît inéluctable, pour Le Soir

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Katumbi-Kabila : "Je t'aime, moi non plus"
Katumbi-Kabila : "Je t'aime, moi non plus"

Bruxelles, 02/08 - "Une ligne rouge à ne pas franchir", c'est ainsi que l'opposant historique Étienne Tshisekedi a défini dimanche, devant des dizaines de milliers de Kinois l'échéance du 19 septembre 2016, date à laquelle doit se tenir le prochain scrutin présidentiel, rappelle mardi le journal Le Soir à "la une" de son Actualité internationale sur une page entière.

Le quotidien belge, qui commente les propos tenus par le Sphinx de Limete sous la plume de Colette Braeckman, relève que le leader historique exige le départ du président Kabila d'ici la fin de l'année, au terme d'un "préavis de trois mois de locataire au palais présidentiel", ainsi que les préalables au dialogue, à savoir la libération des prisonniers politiques et d'opinion ainsi que "la cessation des procédures arbitraires judiciaires à l'encontre des leaders de l'opposition, comme c'est le cas de Moïse Katumbi et Martin Fayulu".

Aussi, Le Soir croit savoir que l'ancien gouverneur du Katanga apparaît comme le principal challenger du chef de l’État. Mais on se demande si, dans ce cas, Braeckman est convaincue que Joseph Kabila finira par cracher sur la Constitution et solliciter un 3ème mandat, qui lui est interdit par la loi. Ce auquel, personnellement, je n'ai jamais cru. Les pressions intérieures et extérieures d'une rare violence sur Kabila finiront, selon moi, à décourager celui-ci de braver l'interdit.

Le quotidien belge affirme par ailleurs que "le pouvoir en place aurait souhaité s'associer au poids lourd de la politique" qu'est Étienne Tshisekedi, dont il dit être "le préféré" des quartiers populaires de Kinshasa, "le héros" des Kassaiens et connus jusque dans les campagnes les plus reculées". Pour notre consœur, Kinshasa aurait été "dribblé" par Moise Katumbi, à en croire le ministre Kin-Kiey Mulumba, qu'elle a interviewé.

Grâce à son immense fortune, qui découlerait, selon elle, d'actifs miniers et de bénéfices réalisés par ses sociétés au Katanga, couplée à celle de son frère Katebe Katoto, Moïse Katumbi est "le seul à pouvoir s'offrir une campagne électorale à l'échelle du pays et le seul à pouvoir soutenir ses alliés du G7, ralliés à sa candidature.

Pour le journal, citant les propos de Kin-Kiey Mulumba, le virage d’Étienne Tshisekedi en faveur de Katumbi s'expliquerait par une raison très simple : "Moïse a doublé la mise ... C'est lui qui a payé le jet privé avec lequel Tshisekedi est rentré au pays, l'aller ayant été, voici deux ans, payé par le président Kabila".

Douze millions de dollars dépensés pour courtiser l'UDPS

Au sujet du dialogue qui piétine, Kin-Kiey relève qu'"au début, c'est l'UDPS d’Étienne Tshisekedi qui, au nom de l'opposition, réclamait cette discussion inclusive. Les négociations avec ce parti ont eu lieu en plusieurs endroits : à Ibiza, en Italie, à Bruxelles, à Nice ... Il était question de l'entrée de membres de l'UDPS au gouvernement, d'ouvertures et de promotions au niveau de l'Assemblée nationale".

Ni plus ni moins qu'un copier-coller des méthodes de la vieille époque honnie du MPR parti-Etat où, au lieu de libéraliser l'activité politique, on s'amusait à "acheter" des opposants à coups de millions. Le résultat est connu. Pire, il s'agit là d'un détournement de deniers publics car, même les fouineurs les plus futés échoueront à dénicher dans le budget de l’État une rubrique où caser les dépenses de débauchage des opposants.

Et le quotidien de conclure : Le fondateur du journal Le Soft est formel : "Un accord a été signé, en bonne et due forme ....", ajoutant que Kin-Kiey "ne dément pas lorsque nous citons le chiffre de ce "gentlemen's agreement" qui circule à Kinshasa (entre le pouvoir et l'UDPS) : quelque douze millions de dollars".

Une transition avec le Dr Mukwege ?

Selon Le Soir, "les contours du match Kabila-Katumbi se précisent de plus en plus, avec tout le potentiel de violence qu'il comporte". Cependant l'hebdomadaire français Le Point, que le journal belge estime "généralement bien introduit", assure pour sa part que le docteur Denis Mukwege, malgré ses démentis répétés, pourrait un jour apparaître comme le candidat idéal pour diriger une transition consensuelle. Pour Braeckman, le médecin de Panzi est d'ores et déjà soutenu par une large partie de la diaspora congolaise, de plus en plus présente dans le débat. Mais je crois personnellement, à ce sujet, que notre consœur a tout faux.

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Medard 04/08/2016 12:09

On voit que c'est un professionnel qui a écrit cet article, ,avec un recul digne d'un expérimenté .