Succès relatif de la Journée ville morte et échec pour l'ouverture des travaux préparatoires au Dialogue, selon La Libre Belgique

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Kinshasa : Le Boulevard du 30 juin déserté
Kinshasa : Le Boulevard du 30 juin déserté

Bruxelles, 24/08 - "Succès relatif de la journée ville morte à Kinshasa", titre La Libre Belgique dans son édition de ce mercredi 24 août, illustrée par la photo d'un panneau où l'on peut lire "Adieu Kabila -RIP", brandi par les manifestants à Kinshasa. Le quotidien belge explique que le pouvoir et l'opposition restent "campés sur leurs positions" et que "Joseph Kabila se trouve aujourd'hui dans la même situation que Mobutu en 1990".

Pour le journal bruxellois, l'opposition a décrété cette opération pour demander le respect de la Constitution, et donc le départ du président Joseph Kabila, la loi fondamentale prévoyant que celui-ci quitte le pouvoir en décembre prochain, à la fin de son second mandat, pendant que le président de la CENI, Corneille Nangaa, a annoncé que la présidentielle ne pourrait avoir lieu avant, au mieux, juillet 2017.

Lundi soir, des échauffourées ont eu lieu devant le siège kinois du parti d'opposition UDPS - dopé par le retour au pays, fin juillet, d’Étienne Tshisekedi, après deux ans de soins en Belgique, rappelle le journal sous la plume de Marie-France Cros, qui relève que la police est intervenue après que des militants eurent mis le feu à des pneus. Quant à mardi matin, signale-t-elle, la circulation au centre-ville était fortement réduite, de nombreux commerces étaient fermés dans les quartiers périphériques et le signal de Radio France internationale était coupé.

Échec pour l'ouverture des travaux préparatoires au dialogue

Guère de succès en revanche pour l'ouverture des travaux préparatoires au "Dialogue", mardi matin, écrit notre consœur qui signale que seul le parti d'opposition UNC de Vital Kamerhe a accepté d'y participer. Pour La Libre Belgique, celui-ci (Kamerhe) a du mal à trouver sa place sur l'échiquier politique depuis que l'ex-gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, lui a ravi, en 2015, le rôle de principal opposant avec Tshisekedi. Les autres partis d'opposition estiment, quant à eux, que le facilitateur, le Togolais Edem Kodjo, a "calibré la réunion selon les désirs du président Kabila, qui en espère l'acceptation d'une prolongation de son mandat".

Notre consœur rappelle que l'opposition a dit n'accepter qu'un dialogue conforme à la Résolution 2277 du Conseil de sécurité de l'ONU - soit en respectant la Constitution, donc le départ de M. Kabila en décembre. Après l'annonce, vendredi, d'un délai d'un an pour la présidentielle, on en est loin, estime La Libre Belgique, d'autant que le pouvoir n'annonce, en guise de "décrispation", que la libération de 24 prisonniers politiques (dont seulement 4 connus) sur 112 demandées, et la réouverture de 2 des 7 médias d'opposition fermés.

On note cependant que l'opposition, rassemblée à Genval en juin dernier sous l'égide de Tshisekedi, a depuis lors adopté la stratégie fétiche de ce dernier, bien qu'elle se soit révélée infructueuse, estime Marie-France Cros qui explique que Tshisekedi avait ainsi refusé des élections sous Mobutu, sous prétexte qu'elles ne pouvaient être que frauduleuses, et à nouveau en 2006, ce qui l'avait exclu du Parlement et éloigné de l'action politique. Ne serait-il pas plus constructif de participer au Dialogue et d'en obtenir un ordre du jour conforme à la résolution 2277, quitte à se retirer si ce n'est pas le cas, propose notre consœur.

Commissariats attaqués, terres disputées

Pendant que le pouvoir et l'opposition s'affrontent dans ce bras de fer, la tension dans le pays ne cesse de monter, note le quotidien belge qui remarque "un nombre croissant de commissariats détruits par la population en révolte, voire des heurts sanglants entre villageois pour des terres".

Pour un Kinois cité par le journal belge, sans autre précision, "le pays tout entier entre dans une zone de turbulences, tandis que certains Congolais s'inquiètent de voir Joseph Kabila dans la même situation que Moburtu en 1990 : comme tout le monde espère ou redoute un changement de pouvoir, chacun prend l'argent où il en trouve, pour mettre de côté en vue d'un coup dur, les projets sont de moins en moins nombreux en raison de la plongée dans l'inconnu et le pays va être de moins en moins géré".

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