Dialogue : Marchandage pour le poste de président contre celui de Premier ministre, selon LLB

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Un groupe de la "minorité d'opposants" présents au Dialogue
Un groupe de la "minorité d'opposants" présents au Dialogue

Bruxelles, 16/09 - Dans la capitale congolaise, on marchande des postes au Dialogue, tandis que l'opposition prépare des protestations, titre vendredi La Libre Belgique qui signale que ce forum censé préparer un calendrier conforme à la Constitution devait se terminer jeudi mais que ses conclusions ont été reportées au weekend prochain.

D'ores et déjà, cependant, se dessine un marchandage qui confirme les craintes de l'essentiel de l'opposition congolaise, qui a refusé d'y participer, écrit Marie-France Cros qui explique : ce forum est organisé pour permettre au président Kabila de se maintenir au pouvoir, alors qu'il doit constitutionnellement l'abandonner le 19 décembre.

Mercredi soir, le facilitateur du Dialogue a annoncé "un accord entre la Majorité présidentielle et la minorité d'opposants participant à ces discussions : le cycle électoral commencera par l'élection, le même jour, du président, des députés nationaux et provinciaux; alors que la majorité voulait commencer par les locales, très longues à mettre sur pied".

Présenté comme une victoire par les opposants présents au Dialogue, cet accord est considéré par la presse d'opposition comme "une petite compensation à une concession majeure faite à la Majorité : le 'consensus' sur une refonte du fichier électoral, qui prendra seize mois - par référence à des propositions moins longues. Donc retarder la présidentielle", signale encore le quotidien belge.

Selon notre consœur, la Majorité a aussi accepté une refonte du gouvernement, officiellement coupable de n'avoir rien fait pour organiser les élections dans les temps légaux. Une sanction vraiment au rabais et réellement sélective face au crime contre la Constitution.

La Libre signale par ailleurs qu'à Kinshasa, on considère comme "candidats Premier ministre" les deux co-modérateurs du Dialogue, Alexis Thambwe Mwamba (Majorité) et Vital Kamerhe (petite opposition siégeant au Dialogue), dont le parti serait associé au pouvoir, comme celui de Léon Kengo wa Dondo le fut à l'issue des Concertations nationales de 2013 (forum du même type que le Dialogue)".

Craintes de violences pour faire échec à ceux qui violent la Constitution

La majeure de l'opposition considère le dialogue comme "nul et non avenu" puisqu'il a lieu sans elle et n'est donc pas "inclusif", comme il devait l'être, ni ne respecte la Constitution. Pour le journal belge, elle s'apprête à lancer des "actions" à partir de lundi prochain, 19 septembre.

Si ces actions sont annoncées pacifiques, les Congolais craignent des violences, relève le quotidien belge qui explique que mercredi, le régime a fait défiler son arsenal anti-émeute dans Kinshasa ; il a fait dernièrement d'importants achats de matériel répressif - alors même que pour des choses importantes, tous les "kuluna en cravate" à Kinshasa s'égosillent à longueur de journée à faire croire que Kinshasa n'a pas d'argent.

La Libre Belqique fait remarquer que les révoltes contre des abus de la police se multiplient pourtant : à Kolwezi, deux morts; à Kasumbalesa, trois morts; à Tshimbulu, plusieurs dizaines de morts selon les ressortissants du Kasai en Belgique. Et d'ajouter : Les réseaux sociaux diffusent un appel à "appliquer dès le 20 septembre, l'article 64" de la Constitution, qui enjoint aux Congolais de "faire échec à tout individu ou groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force ou l'exerce en violation des dispositions de la présente Constitution"

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