Journée sans école en RDC : Succès mitigé sur fond de pauvreté des parents

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Une classe quelque part en RDC
Une classe quelque part en RDC

Bruxelles, 05/09 - Malgré les menaces de certains sur des médias, Radio Okapi a publié une information sur la "Journée sans école", décrétée par le Rassemblement des forces politiques et sociales de l'opposition congolaise. La menace proférée sur la correspondante de RFI à Kinshasa, Sonia Rolley, n'a eu aucun effet non plus. En bonne professionnelle de l'information, elle a continué à faire son travail comme à l'accoutumée. Et c'est tant mieux aussi bien pour la démocratie que pour la profession. Je me range de son côté. Confrérie oblige.

Selon Radio Okapi, plusieurs établissements de Kinshasa n’ont pas connu l’engouement habituel ce lundi 5 septembre où les élèves ont repris le chemin de l’école. De nombreuses écoles qui ont ouvert leurs portes pour la nouvelle année scolaire n’ont pas reçu le nombre d’élèves attendus pour cette année scolaire. Au Collègue Père Pierre Nengende, dans la commune de Limete, où s’est rendu un reporter de Radio Okapi dans la matinée, seuls 40 élèves ont répondu présents alors qu'environ 1 600 élèves se sont inscrits cette année scolaire dans cet établissement scolaire, soit un taux de 97,5 % d’absences. Des situations similaires ont été observées dans les écoles privées Malula et Massamba, situées dans la même commune de Limete, ainsi qu’à Lemba et Masina, signale Radio Okapi.

Carton presque plein à la Gombe

Dans la commune de la Gombe, certaines écoles ont connu un réel engouement. Au collègue catholique Saint-Joseph Elikya notamment, les cours ont réellement repris en ce premier jour de l’année. Pour preuve, des centaines d’élèves étaient visibles pendant la récréation dans la cour de cet établissement scolaire. Cette dichotomie a également été constatée par Sonia Rolley, qui le confirme dans un tweet.

Certains parents affirment avoir gardé leurs enfants à la maison à cause de l’appel du Rassemblement de l’opposition, qui a décrété une "Journée sans école" ce lundi 5 septembre, jour de la entrée scolaire. Marc Kabund, secrétaire général de l'UDPS, interrogé par RFI, a expliqué que cet appel est une manière d'attirer l'attention de l'opinion sur les maux qui rongent le système éducatif en RDC. Pour l'opposant Franck Diongo, le mot d'ordre pour " l'école morte " a été littéralement respecté. Il exige désormais le respect de tous les articles de la constitution, y compris la gratuité de l'école primaire tel que recommande l'article 43 alinéa 4 de la Constitution. Mais entre les intentions et les actes, la marge est énorme.

D’autres parents ont confié n’être pas encore prêts financièrement pour assurer la rentrée scolaire de leurs enfants. Un tweet de la correspondante de RFI confirme que des parents lui ont confié ne pas avoir l'argent pour payer les frais scolaires, les fournitures et les uniformes, certains à cause du chômage et d'autres pour salaires impayés. D'autres encore estiment que de son côté aussi, le pouvoir décrètent parfois des journées de mobilisation, où les écoles sont fermées, sans que les gens ne s'en émeuvent. A contrario, des parents estiment qu'ils ont boycotté l'appel du Rassemblement et envoyé quand même leurs enfants à l'école. Mais presque partout en RDC, la misère de la population rejaillit sur la rentrée des classes

Bukavu : Rentrée sur fond d’arrestations dans la Société civile
A Bukavu (Sud-Kivu), la rentrée scolaire a été effective mais timide ce lundi. Une rentrée qui intervient au lendemain de l’arrestation de douze membres de la société civile. Ces membres de la société civile dont certains sont des militants de la LUCHA, s'’apprêtaient à manifester pour exiger la suppression totale de la prise en charge des enseignants par les parents d’élèves. Ils ont été libérés.

Dans la plupart des écoles officielles et conventionnées de la ville, les élèves sont arrivés en petit nombre. L’affluence n’a pas été celle observée les années précédentes. Des témoins font état d’un déploiement d’éléments de la police devant certaines écoles du centre-ville. Dans le territoire de Walungu, dans la même province du Sud-Kivu, la rentrée scolaire a été également timide. Les parents excédés par le système de prise en charge des enseignants et appellent à la fin de ce système.

Goma
A Goma au Nord-Kivu, les cours ont bien repris dans la plupart des établissements scolaires. Des élèves étaient visibles ce matin dans les rues de la ville. Dans certaines écoles telles qu’au lycée Chemchem et au collège Mwanza, les enseignants ont présenté les plans des cours et discuté avec les élèves. Plusieurs élèves se sont présentés sans fournitures scolaires, a constaté un reporter de Radio Okapi.

Tanganyika
A Kabalo, Kalemie, Kongolo et Moba, dans la province de Tanganyika, la rentrée scolaire a été timide. Selon des responsables de la société civile locale, plusieurs parents éprouvent des difficultés pour acheter les objets scolaires pour les enfants. Conséquence : des salles de classe sont restées désertes ce lundi pour la rentrée.

Kasaï
Plusieurs écoles n’ont pas ouvert leurs portes en ce jour de rentrée scolaire dans plusieurs villes des provinces issues du démembrement du Kasaï-Occidental. A Kananga dans le Kasaï-central, seuls quelques élèves ont été aperçus dans les rues. Des sources locales rapportent que la plupart des écoles n’ont pas ouvert leurs portes. Une situation qui, selon certains responsables d’école a notamment été occasionnée par la pluie qui s’est abattue ce matin dans la ville. Dans la deuxième ville de cette province, Tshimbulu, ce sont les enseignants qui se sont absentés. D’après la société civile, la plupart des enseignants sont allés à Kananga pour percevoir leurs salaires du mois d’août.

Lubumbashi
Les grandes écoles situées au centre-ville de Lubumbashi (Haut-Katanga) ont fonctionné normalement. « Je suis en 6ème primaire et je suis content de la rentrée de classe ». Dans les autres provinces issues du démembrement du Katanga, la rentrée scolaire a été timide. Dans le Lualaba, le ministre provincial de l’Éducation à Kolwezi qui a fait le tour de la ville de Kolwezi, affirme que dans les grands établissements scolaires l’absence des élèves s’expliquent par le manque de moyens financiers des parents.

Kisangani
A Kisangani, les élèves ont été nombreux à reprendre le chemin de l’école alors que certains établissements scolaires continuent les inscriptions. Selon des sources locales, la plupart des écoles ont reçu les élèves. « Les cours ont débuté et on a beaucoup écrit. Je ne pensais pas qu’on allait écrire comme ça. On a les plans de cours comme la physique et les mathématique », a fait savoir un élève. Certains parents, faute de moyens suffisants, négocient encore l’inscription de leurs enfants dans les écoles.

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