Violences meurtrières : Contenu de la plainte d'Etienne Tshisekedi contre des personnalités civiles et militaires

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Violences meurtrières : Contenu de la plainte d'Etienne Tshisekedi contre des personnalités civiles et militaires

Bruxelles, 26/09 - Un quotidien kinois nous a fait parvenir l'essentiel de la plainte déposée par Étienne Tshisekedi au non du Rassemblement contre des personnalités politiques et militaires, dont voici le texte :
1. FAITS
Nous avons appris l’ouverture à votre office d’une instruction judiciaire suite aux violences résultant des événements des 19 et 20 septembre dernier. A titre de rappel, le gouverneur de la Ville de Kinshasa avait autorisé la marche demandée par le Rassemblement de l’Opposition à travers un de ses membres, le parti politique FONUS et en parfaite entente avec l’UDPS.

Alors qu’il avait été convenu que la marche soit sécurisée par les policiers non armés, il s’est avéré que les forces en uniformes, armées de fusils automatiques ont systématiquement commencé à tirer sur les personnes et notamment les femmes et les enfants. Les différentes images sonores et filmées permettent d’identifier l’emploi des fusils automatiques contre les manifestants sans armes.

Par ailleurs, il a été rapporté que le ministre de la Jeunesse et des Sports, sur instruction du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur de la Sécurité nationale, a distribué l’argent et des machettes aux jeunes délinquants pour s’en prendre aux biens des membres de la Majorité Présidentielle et faire porter la responsabilité aux forces de l’Opposition ainsi bien plus, dans la nuit du 19 au 20 septembre 2016, un groupe d’hommes lourdement armés, dont certains portant les uniformes militaires et d’autres en tenues civiles, ont brûlé les sièges des partis politiques ci-après:
- UDPS : boulevard Lumumba, commune de Limite;
- FONUS: avenue de l’Enseignement, commune de Kasa-Vubu;
- MLP : avenue de l’Enseignement, commune de Kasa-Vubu.
Ces attaques nocturnes ont notamment causé des dégâts matériels énormes et entrainé la mort de 7 personnes battues, jetées dans le feu et totalement calcinées au siège de l’UDPS.

II. TEXTES DES LOIS VIOLEES

Il résulte de la relation des faits ci-dessus, de lourdes présomptions de violations par les autorités citées sous rubriques des instruments et textes de protection des droits de l’homme ci-après :
1. Violation de la Constitution de la République démocratique du Congo en ses articles 182 et 183 ;
2. Violation du Code pénal de la République démocratique du Congo et du Code de Justice militaire;
3. Violation de la Loi organique sur l’organisation et le fonctionnement de la Police nationale du 11 août 2011 ;
4. Violation du Décret-Loi n° 196 du 29 janvier 1999 portant Règlementation des manifestations publiques;
5.Violation du Code de conduite par les responsables de l’application des lois et les principes sur l’utilisation de la force et des armes à feu par les responsables (Adopté par la Résolution 34/169 des Nations Unies à la Havane en 1996). L’enquête que vous allez mener permettra de procéder aux devoirs ci-après:
1. L’audition des personnalités civiles responsables de l’application des lois;
2. L’audition des autorités militaires et policières notamment sur l’utilisation excessive des armes à feu et même des armes de guerre;
3. L’autopsie des victimes, pour relever notamment le type d’armes et des munitions utilisées, de façon à identifier les unités de la police ou de l’Armée, auteurs de ces massacres;
4. L’évaluation des dégâts matériels causés;
5. L’implication de toutes autres personnes qui ont incité aux violences et notamment celles qui se sont exprimées sur les chaines de télévision dont Télé 50 et la RTGA, le soir du 19 septembre 2016 ;
6. La récupération des éléments de preuves recueillis par l’enquête des services de la MONUSCO au lendemain des événements.
Dans l’attente d’une prompte réaction à notre plainte, nous vous prions d’agréer, etc… »

Sont notamment visées

- Evariste Boshab - ministre de l'intérieur
- Denis Kambayi - ministre de la Jeunesse pour avoir recruté et fourni des armes blanches aux délinquants aux fins de s’attaquer aux manifestants et de piller leurs propres permanences
- Général Charles Bisengimana, général en chef de la police nationale congolaise
- Général Célestin Kanyama, commissaire provincial de la Police nationale, ville de Kinshasa, alias « Esprit de Mort »
- Général Gabriel Amisi dit "Tango Four", commandant de la première zone de défense (Ouest de la RDC: ex Equateur, Bandundu, Bas-Congo, Kinshasa)
- Général Ilunga Kampete, commandant de la Garde républicaine.

Pour les observateurs, « ces ministres et officiers étant l'autorité policière et militaire sur le terrain des opérations, n’ont pas empêché l’utilisation des balles réelles. Les commandos d'homme en uniforme qui ont incendié les permanences des partis politiques de l'opposition laissant dans le QG de l'UDPS 7 corps calcinés ont bien été instrumentalisés par ces chefs politique et militaires au ordre du président ».

Il est évident, selon eux, qu’il s’agit d'une liste à compléter, notamment avec :
- Kalev Mutond, administrateur général de l’ANR ; Georges Monga, directeur des opérations de l’ANR ; Jules Katumbwe Bin Mutindi, directeur provincial de l’ANR pour Kinshasa ; le général-major Timothée « Tim » Mukunto Kiyana, officier du ministère public à l'Auditorat général, Premier avocat général des Forces armées ; le général Crispin Tshiwewe Songesa, commandant second de la GR, chargé des renseignements ; le général Seguin Ngoi Sengelwa, commandant de la Légion nationale d’intervention (LENI) ; le colonel Ignace Ngoy Ndombe, chef d’état-major de la Garde républicaine ; le colonel Ndjandjindja, commandant de la police militaire (Camp Kokolo).

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