Décrispation politique : L'arrestation du SGA de l'UDPS rallume les tensions

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

L'opposant Bruno Tshibala arrêté dimanche
L'opposant Bruno Tshibala arrêté dimanche

Bruxelles, 11/10 - Alors que Joseph Kabila continue d'appeler à un dialogue inclusif, l'arrestation du Secrétaire général adjoint et porte-parole de l'UDPS n'est pas de nature à concilier les points de vue à Kinshasa.

Alors même que cette inclusivité passe immanquablement par la participation du Rassemblement, l'arrestation de Bruno Tshibala a été perçue au sein de ce regroupement politique comme une nouvelle « provocation du pouvoir ». Arrêté dimanche à l'aéroport de N'Djili par les services alors qu’il s'apprêtait à prendre son vol pour Bruxelles, il a été rapidement transféré lundi au Parquet général.

Si les observateurs estiment que cet acte est consécutif aux événements des 19 et 20 septembre 2016 derniers, ce qui interpelle néanmoins est que deux dossiers judiciaires sont entre les mains du Procureur général, d'une part celui du pouvoir contre les "responsables des violences meurtrières et actes de vandalisme, de l'autre celui du Rassemblement de l'opposition pour les mêmes faits, les deux camps se renvoyant la balle en matière de responsabilité.

Pour le pouvoir, tous les acteurs politiques concernés - une dizaine aux termes de la liste d’opposants - ne devaient quitter le territoire national jusqu’à la fin des enquêtes. Il n'a par ailleurs jamais publié les noms des personnes citées par l'opposition et qui, justice et égalité des chances obligent, devaient également être interdites de sortie.

Les dix opposants interdits de sortie

Pour le pouvoir, les dix responsables de l'opposition sont, selon sa réquisition d’information n°6224, des opposants Franck Diongo, Sama Lukonde, Kitenge Yezu, Joseph Olengankoy, Lisanga Bonganga, Jean Marc Kabund, Bruno Tshibala, Willy Mishiki, Ingele Ifoto et Martin Mukonkole.

L'opposition avait également cité nommément les responsables, selon elle, des violences disproportionnées et destruction de biens privés, dont les sièges de trois partis politiques, l’État ayant dans ses attributions la protection des personnes et des biens. Il s'agit de : Évariste Boshab, ministre de l'intérieur, Denis Kambayi ministre de la Jeunesse (pour avoir recruté et fourni des armes blanches aux délinquants aux fins de s’attaquer aux manifestants et de piller leurs propres permanences), général Charles Bisengimana de la police nationale, général Célestin Kanyama, commissaire provincial pour la ville de Kinshasa, alias « Esprit de Mort », général Gabriel Amisi dit "Tango Four", commandant de la première zone de défense ex Equateur, Bandundu, Bas-Congo, et Kinshasa, ainsi que le général Ilunga Kampete, commandant de la Garde républicaine.

Dans cet arbitraire à museler l'opposition et à cajoler les hommes du pouvoir, l justice congolaise s'enfonce de plus en plus dans la consolidation de la dictature. Avec raison, quelqu'un avait dit : "Une dictature n'a plus besoin d'armée pour se maintenir. Aujourd'hui une justice corrompue suffit".

La théorie du complot

Bruno Tshibala, selon des sources proches, avait un rendez-vous avec son médecin depuis de longues dates. Le journal Le Phare, citant le Secrétaire Général de l’UDPS, Jean-Claude Kabund, avait révélé que son adjoint répondait à un contrôle médial après une intervention chirurgicale aux yeux. Pour Kinshasa, qui s'est spécialisé dans la confection de procès des opposants, il s'agissait plutôt d’une « mission de service » que Bruno Tshibala devait effectuer, citant des sources de l’UDPS non précisées et ouvrant ainsi une suspicion de la manipulation de la part du pouvoir.

Pour les services secrets congolais, il y a lieu de lier ce déplacement "suspect" pour lui à "des révélations sur un complot pour un putsch contre le pouvoir établi avec la complicité des français". Et donc de l'avis de ces services, le SGA de lUDPS intercepté, le coup d’État est déjoué. Drôle d'interprétation, alors que sous d'autres cieux, les mêmes services se sont modernisés pour conduire le pays vers un développement économique et stratégique avec l'aide des technologies nouvelles. Les nôtres sont restés cantonnés à la traque des opposants, comme au siècle dernier.

En tous cas, le Rassemblement pour sa part n'a pas laissé cette provocation impunie. Une méga-manifestation est d'ores et déjà évoquée pour obtenir la libération de Bruno Tshibala Kinshasa pouvait faire l'économie d'injures après ceux essuyées au stade des Martyrs à l'occasion du derby RDC-Libye (4-0), mais l'excès de zèle en a pris le dessus.

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souleymane kourouma 26/10/2016 21:33

Bonsoir.je suis Guineen de conakry.je suis interesse par vos publications.