Sécurité renforcée autour du stade pour RDC-Libye : Kabila craint les supporters de foot

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Les Congolais, en liesse ou en colère ?
Les Congolais, en liesse ou en colère ?

Bruxelles, 11/10 - Rien n’y fait ! Une nouvelle fois, le nom du président Kabila a été hué par une foule de supporters de foot, dimanche à Kinshasa, constate La Libre Belgique dans son édition de mardi. Ce jour-là, les Léopards rencontraient l’équipe de Libye, en match éliminatoire de zone Afrique pour le Mondial 2018.

Pour éviter qu’il se transforme en manifestation anti-Kabila, comme il y a un mois, les autorités avaient multiplié le prix du billet par cinq, passant de 1000 à 5000 FC, afin d’écarter les milieux populaires et les avait mis en vente au stade Tata Raphaël alors que c’est le stade des Martyrs qui accueillait la rencontre. En vain, écrit notre consœur.

"Kinshasa a choisi son camp"

Car si la foule était un peu moins nombreuse qu’à l’accoutumée, chaque but - et les Léopards ont gagné 4 à 0 - fut salué par les chants rappelant à Joseph Kabila que son second et dernier mandat présidentiel s’achève en décembre, pour Marie-France Cros. Et d’ajouter, cette fois : "Kabila, soki na décembre olongwe te, tokobomana" (Si tu ne t’en vas pas en décembre, nous allons nous entre-tuer) et "Yawe sala, Yawe sala Kabila akufa, sala !" (Dieu, fais que Kabila meure). En lingala dans l'article

Le quotidien belge fait pourtant remarquer que le parti présidentiel, le PPRD, avait pris soin de distribuer ses T-shirts jaunes sur présentation du billet, espérant "remplir les gradins de ses sympathisants, mais Kinshasa a déjà choisi son camp", commente un Kinois pour La Libre. La police a même tiré des gaz lacrymogènes dans les tribunes, précise une source à Kinshasa, sans parvenir à retourner la situation.

Notre consœur rappelle que cette guéguerre politico-footballistique avait commencé en février dernier, quand chaque victoire de l’équipe nationale au Championnat d’Afrique des Nations était saluée à Kinshasa par des manifestations de supporters criant des slogans anti-Kabila. Au retour des Léopards, vainqueurs en finale, l’équipe et la coupe avaient été escamotées dès l’aéroport par la police, avec le général Kanyama en tête, réussissant à peine à décupler l'animosité des Kinois vis-à-vis du régime, lui qui croyait bien faire. La même maladresse avait également ponctué l'enterrement de la très célèbre chanteuse religieuse Marie Misamu quelques jours plus tôt

Images payées mais pas diffusées

Selon le quotidien, en mai, une rencontre à Lubumbashi entre le Tout Puissant Mazembe - propriété de l’opposant Moïse Katumbi - et son éternel rival, le Vita Club de Kinshasa - propriété du général Gabriel Amisi, récemment visé par des sanctions des Etats-Unis pour usage excessif de la force dans la répression des manifestations d’opposition dans la capitale - avait tourné au concours de slogans. Aux "Wumela" (que Kabila reste longtemps) des supporters de Vita Club, les Katangais crièrent, après le but victorieux, "Tu es qui pour ne pas admettre la force de Moïse ?"

La sanction n’avait pas tardé : le 19 juin, le match de Coupe d’Afrique Tout Puissant Mazembe-Medeama du Ghana n’avait pas été retransmis par la télévision publique congolaise, bien que celle-ci eût déjà acquitté les droits, note La Libre Belgique.

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