Accord du Dialogue : Tshisekedi dit " non " aux évêques et accepte une transition sans Kabila

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Bruxelles, 13/11 - Etienne Tshisekedi est aujourd'hui convaincu que la Majorité au pouvoir ne pourra organiser des élections avant le 19 décembre 2016. Il sait aussi que Joseph Kabila ne procèdera à aucune passation de pouvoir le 20 décembre, tel que le prévoit la Constitution.
Par ailleurs, tout le monde, Majorité et opposition, sait que Kinshasa a volontairement refusé d'organiser les élections dans les délais prévus par la Constitution.

Toutes les manoeuvres étaient bonnes pour contourner la Constitution que la Majorité a échoué à modifier en janvier 2015, au prix d'une 20ne de morts. Une 100ne selon d'autres sources. Question de maintenir au pouvoir leur "génie", pour reprendre les termes de Kin-Kiey dans "Kabila Désir". Pour une durée non déterminée.

Mais c'était sans compter sur une bonne frange de l'opposition réunie autour du Rassemblement et sur une population congolaise dépitée par 16 années de pouvoir sans toutefois réussir à développer le pays d'un iota, sans une redistribution des richesses, les tenants du pouvoir ayant au contraire excellé à piocher dans les caisses publiques, sans que la justice totalement acquise ne puisse lever le petit doigt. "Une armée n'est plus nécessaire pour asseoir une dictature. Aujourd'hui, une justice corrompue suffit", a prévenu un anonyme.

Mais le 19 décembre, c'est presque demain d'ailleurs. Alors, qu'est-ce qui va se passer après la signature de l'Accord du Dialogue, le 18 octobre dernier, après l'annonce de la formation prochaine d'un gouvernement dit d'union sans union nationale. Bref après la poursuite d'une gouvernance du pays "par défi", par déni de démocratie et dans le mensonge, quelle sera la suite ?

Une transition sans Joseph Kabila pour une courte période, concède le Rassemblement

Selon les proches d'Etienne Tshisekedi, le sphinx de Limete est resté de marbre sur sa décision, à savoir celle d'une transition qui devra se dérouler sans Joseph Kabila, qui pour lui demeure l’homme obstacle du processus électoral. Tshisekedi a renouvelé ses voeux au cours de son échange avec différents corps diplomatiques et ambassadeurs qui ont fait le déplacement de la 10ème rue. Mais Limete semble accepter que cette période transitoire puisse être écourtée au maximum pour passer aux élections. L'échéance d'avril 2017 proposée par la communauté internationale reste probable, alors que l'Accord du Dalogue, qui a déjà commencé à glisser, préconise l'année 2018.

Le président du Comité des sages du Rassemblement des forces vives et sociales acquises au changement l’a également répété le jeudi 10 novembre aux évêques de la CENCO qui ont reçu mandat du président de la République de consulter le rassemblement, qui reste une épine sous le pied du régime. Sur cette question de transition, Tshisekedi ne transige pas. Selon lui, Joseph Kabila doit faire ses valises le 19 décembre. Du fait que l’actuel locataire du palais de la nation est fin mandat.

Quant à la question des noms que le rassemblement aurait remis à la CENCO pour le poste de Premier ministre, dévolu à l'opposition aux termes de l'Accord du Camp Tshatshi, cette plate-forme dément formellement l’information, expliquant que c’est de "l’intox du régime en place visant en dynamiter le rassemblement", après avoir réussi à débaucher le mai-mai Willy Mishiki commis pour la besogne.consistant à déstabiliser le rassemblement.

Le sphinx de Limete reste imperturbable

Abbas, l’émissaire de Sassou Nguesso, qui avait pris part au dernier sommet de Luanda, avait supplié Tshisekedi, selon les sources du quotidien La Cité africaine, à travailler avec Joseph Kabila pour une transition réussie. Proposition qu’a rejetée le viel opposant, qui ne jure que sur le départ de Joseph Kabila à l’issue de son mandat qui prend fin le 19 décembre 2016. En définitive, tous les envoyés spéciaux des différents pays étrangers et africains n’ont pas su persuader l’opposant historique pour un glissement avec Joseph Kabila.

Un des évêques a confié aux opposants séance tenante que Kabila serait d’accord de concéder aux exigences du Rassemblement, notamment la libération des détenus politiques, dont Eugène Diomi accusé de viol sur mineure par le pouvoir et Jean-Claude Muyambo, l’ouverture des médias fermés et le retour des exilés politiques dont Moïse Katumbi. Le prélat ajoute que le président Kabila tient à "un compromis responsable avec le Rassemblement avant la sortie du prochain gouvernement".

De son côté, le rassemblement estime qu'avant toute négociation, il revient au président de la République de passer à l’acte sur ces préalables que l'opposition avait pourtant mis sur table en son temps.

Vital Kamerhe en danger pour le poste de Premier ministre

Si il est vrai que Kabila tient à "un compromis responsable avec le Rassemblement avant la sortie du prochain gouvernement", ce serait un total désavoeu de Vital Kamerhe, qui risque ainsi de perdre son poste tant rêvé de Premier ministre. Un bonze des opposants pro-dialogue qui a requis l’anonymat nous a confié que le seul point qui divise le Rassemblement avec l’opposition pro-dialogue concerne le poste de Premier ministre que le rassemblement a horreur de voir confié à leur "traitre".

Pour Franck Diongo du Rassemblement, qui a rejeté ces allégations, Tshisekedi est prêt à en découdre avec Kabila jusqu’à la fin et que de l'avis de l'opposant légendaire, l’arrivée des quinze ambassadeurs de Conseil de sécurité des Nations Unies à Kinshasa devait se limiter à "exiger une date des élections auxquelles Kabila ne prendra pas part".

Alors que sur le plan interne Tshisekedi maintient la pression, à l’extérieur Moïse Katumbi ne décolère pas non plus. On signale à cet effet que l’ex-gouverneur du  Katanga a été aperçu à Washington où il compte sceller un partenariat solide avec la nouvelle administration américaine issue de l'élection surprise de Ronald Trump, dans le strict respect des valeurs démocratiques.

JJ Mbungani du MLCPour rappel, après une entrevue avec le président Kabila entouré du gouvernement, les ambassadeurs du Conseil de sécurité ont rencontré tour à tour l'opposition pro-Dialogue conduite par Vital Kamerhe, ensuite 9 leaders du Rassemblement sans Tshisekedi, des membres de la Majorité présidentielle et la Société civile féminine dont deux dames de Filimbi et LUCHA, et enfin le MLC représenté par sa secrétaire générale à savoir l'intraitable Eve Bazaiba et le député Jacques Lungwana.

Selon un tweet de son représentant extérieur, le parti de Jean-Pierre Bemba s'en tient au "respect de la constitution et rien que ça". Selon Jean-Jacques Mbungani, la délégation du MLC l'a martelé auprès des représentants du Conseil de sécurité, précisant que "les gouvernements de transition, les régimes spéciaux ou toutes autres formules qui dérogent à la Constitution n'auront jamais le quitus du peuple congolais et du Mouvement de Libération du Congo".
 

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Cornelis Nlandu 15/11/2016 21:02

Tous les schémas sont suicidaires sauf celui qui ne viole pas la Constitution. Même la décision de la Cour constitutionnelle la viole. Certains juges avaient d'ailleurs préféré sécher la séance pour cela. Alors pour le gars qui signe "Kabila" et qui semble ne rien comprendre à la chose, il se dit lui-même qu'il est "minable". Donc le chapitre est clos. Nous qui comprenons continuons à écrire. Cornelisnlandu

Modestine salongo 14/11/2016 07:49

Le schéma proposé par tshisekedi est suicidaire car contraire à la décision de la cour constutionelle, comportant des germes d'exclusion et de violence. Bref, le vieux manque tout simplement de sagesse et n'a pas tiré la leçon de ses multiples échecs depuis ses randonnées chaotiques mobutiennes !

cornelisnlandu 14/11/2016 11:55

Tous les schémas sont suicidaires sauf celui qui ne viole pas la Constitution. Même la décision de la Cour constitutionnelle la viole. Certains juges avaient d'ailleurs préféré sécher la séance pour cela. Alors pour le gars qui signe "Kabila" et qui semble ne rien comprendre à la chos, il se dit lui-même qu'il est "minable". Donc le chapitre est clos. Nous qui comprennons continuons à ecrire. Cornelisnlandu

Kabila 14/11/2016 08:45

Si on ne comprend rien a la chose pourquoi chercher a écrire du n'importe quoi au lieu de rester tranquille. Minable.