Le ministre Lambert Mende a réussi à détruire et à abattre l'image de la RDC à l'extérieur

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Vous avez compris ?

Trop de mensonges ont fini par tuer Mende

Bruxelles, 13/11 - Les différentes mesures liberticides prises par Kinshasa pour contrer le meeting du Rassemblement du 5 novembre ont été commentées dans divers sens dans  les informations de la presse internationale, avec en tête du peloton la RFI. Ces informations, à croire le quotidien kinois La Cité africaine (CITAF), présentent la RDC et ses dirigeants sous un jour peu reluisant, qui fait du pouvoir de Kinshasa rien moins qu’un prédateur acharné des libertés.

Le brouillage du signal de Radio Okapi et la coupure de la FM de RFI depuis le 5 novembre jusqu'à aujourd'hui n’a pas aidé à améliorer les choses. Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a expliqué que les autorités locales de Kinshasa et Lubumbashi avaient estimé que RFI s’était « transformée en caisse de résonance, en attaché de presse » des organisateurs du meeting de l’opposition de samedi. Concernant le brouillage des ondes d’Okapi, il renvoie de façon totalement mensongère vers le ministère des Affaires étrangères.

En dépit des explications, le pouvoir est pris à partie de partout, où la condamnation est unanime. Alors que c’est la toute première fois qu’un responsable de l’OIF parle devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, la secrétaire générale Michaëlle Jean, n’a pas trouvé meilleure tribune pour évoquer cette affaire en parlant d’un acte «inacceptable et à éviter, au nom des libertés de la presse et d’expression ».

« Je veux dire ma préoccupation face à la situation qui prévaut actuellement en RDC, un exemple parmi d’autres, où je viens d’être alertée par les plus hautes autorités de RFI du brouillage des signaux FM de cette radio ainsi que ceux de Radio OKAPI, la radio des Nations Unies », déclarait-elle.

Kinshasa coupable d’aggraver les tensions et de provoquer des violences, selon Paris et Bruxelles

« Inacceptable », a également jugé le ministère français des Affaires  étrangères, Jean Marc Ayrault. Le Quai d’Orsay dénonce une « décision incompréhensible dans le monde d’aujourd’hui ». Son porte-parole Romain Nadal a demandé à Kinshasa de respecter  l’indépendance des médias, leurs lignes éditoriales, mais  également la Constitution congolaise et les traités internationaux garantissant les droits de l’homme. Selon lui, les coupures et brouillage de RFI et Radio Okapi « risquent d’aggraver les tensions et de provoquer des violences ou des oppositions ».

De son côté, le vice-Premier ministre et ministère belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, « regrette vivement cette décision, dans la mesure où ces deux radios contribuent de manière significative à la diversité d’information et d’opinions en RDC ». Bruxelles appelle les autorités « à revenir sur cette décision ».

Faisant écho aux conclusions du Conseil Affaires Etrangères de l’Union européenne du 17 octobre, la Belgique rappelle que « l’interdiction de manifestations pacifiques, l’intimidation et le harcèlement à l’encontre de l’opposition, de la société civile et des médias ne permettent pas de préparer une transition paisible et démocratique ».

Les journalistes à travers le monde condamnent aussi la RDC

Même son de cloche du côté des organisations professionnelles de la presse. La Fédération internationale des Journalistes exprime sa vive inquiétude. Philippe Leruth, président de la FIJ, s’indigne : Si « parler de manifestations de l’opposition, comme ça se fait dans tous les pays démocratiques, est assimilé à de la propagande par le pouvoir à Kinshasa, c’est dire son manque de respect de l’opposition et de la liberté d’informer ». « Cela laisse présager des déclarait-elle, choses très inquiétantes », a noté le confrère.

Reporters Sans Frontières n’est pas en reste, jugeant cette situation «préoccupante». « On se demande quelle conception le ministre de la Communication Monsieur Mende peut avoir de la liberté de l’information et des médias », persifle Cléa Kahn-Sriber, directrice du bureau Afrique de RSF.

Les journalistes congolais : « Lambert Mende méconnaît la démocratisation en RDC »

Même les journalistes congolais sont d'avis que leur ministre de tutelle a dépassé les bornes. En effet, leur corporation, l’Union nationale de la Presse du Congo, s’est insurgée de ces décisions contre la presse, qui ne prédisent rien qui vaille. « Surtout que nous entrons dans une période très délicate, très chaude, une période au cours de laquelle, les politiciens vont se battre à travers les micros devant des médias qui sont la plupart instrumentalisés et ça va poser un problème réel de liberté de la presse dans notre pays… Fermer ces médias, c’est renier l’existence de la démocratisation de notre pays », estime Joseph-Boucard Kasonga Tshilunde, président de l’UNPC, avant de lancer : « Nous sommes inquiets et nous avons peur ! »

Se sentant concerné au premier chef, le bureau du Haut-commissaire aux Droits de l’homme de l’ONU « regrette profondément la hausse des restrictions des libertés d’expression et d’assemblée en RDC ». D’après sa porte-parole Ravina Shamdasani, « l’espace démocratique se réduit … Mais l’interdiction systématique des manifestations et les restrictions imposées aux médias, ne désamorceront pas la tension dans le pays ».

L’Ambassade des Etats-Unis à Kinshasa a également exprimé son soutien au droit de s’assembler paisiblement. Les Etats-Unis se sont dits fortement "préoccupés par les restrictions continues du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) aux libertés de rassemblement et des médias". Dans un message, l’ambassade américaine rappelle que la liberté de presse et le droit de se réunir pacifiquement sont des composantes essentielles de la démocratie. La démocratie ne saurait fonctionner correctement sans ces libertés.

Comme quoi, Lambert Mende a réussi à faire l'unanimité autour de sa totale méconnaissance de la notion de démocratie et des libertés fondamentales. Il n'y a plus que les tambourineurs de la Majorité présidentielle, les danseurs du ventre et les naïfs - encore nombreux dans la communauté congolaise - qui continuent d'applaudir les incongruités récurrentes d'un ministre de la Communication, qui s'avère en réalité être un fossoyeur de la dignité nationale et des principes qui fondent la RDC.

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