Samy Badibanga pense débaucher des pions du Rassemblement selon des proches

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Samy Badibanga, entouré de l'ABAKO Matusila et de l'UNC Kamerhe

Bruxelles, 25/11 - Le gouvernement Samy Badibanga se fait toujours attendre. Si certains plaisantins se mettent à publier des listes - fantaisistes incorporant des noms de leaders du Rassemblement. La réalité sur le terrain est toute autre. Ce que l'on sait néanmoins, c'est que le Premier ministre congolais est toujours en pleines consultations en vue de tenter de former son gouvernement.

Selon certains signataires de l'accord du Camp Tshatshi, qui pensent que Samy Badibanga est un homme de poigne, le nouveau Premier ministre qui fut un proche d'Etienne Tshisekedi est à même de réussir à "obtenir le ralliement de certaines figures" du Rassemblement. "Aucune chance", répond-on du côté de Limete, où l'on s'en tient à "un dialogue réellement inclusif" avant d'envisager un quelconque participation à un gouvernement.

On sait par ailleurs que pour ce cartel, la période transitoire est la bienvenue, mais alors sans Kabila, dont le mandat prend fin le 19 décembre 2016 aux termes de la Constitution en vigueur, même si son camp politique comme tous ceux qui veulent fouler la loi fondamentale aux pieds tiennent un langage différent.

Samy Badibanga a reçu, le jeudi 24 novembre, une délégation de la Majorité, avant de conférer avec des délégués de l’UNC et alliés de Vital Kamerhe, qui a finalement confirmé la participation de sa formation politique au gouvernement mais sans lui.

Les tentatives pour la formation du gouvernement Badibanga, il faut le dire, sont ralenties par les consultations parallèles. L'Eglise catholique n'a pas désarmé, poursuivant sans relâche la mission lui confiée par le président Kabila en vue d'amener le Rassemblement à rallier l'Accord du Camp Tshatshi, moyennant sûrement quelques amendements.

Mais la longueur des consultations entreprises par les évêques catholiques démontre à suffisance que la tâche n'est pas aisée. Surtout qu'aucun des préalables mis sur la table par les forces politiques et sociales acquises au changement n'a reçu de réponse correcte. Au contraire, le pouvoir multiplie ses arrestations des opposants. Comme si on voulait quelque chose et son contraire, sans se soucier que la décrispation de la situation politique est l'une des conditions pour obtenir l'adhésion des frileux. .

Tshisekedi, à ses côtés Katebe Katoto

Disparition inquiétante du chef d’un parti d’opposition venu de la Diaspora

Dernière en date, dans la crispation de l'atmosphère politique, la "disparition inquiétante" du président d'un parti d'opposition, l'Union pour la République-Mouvement national (UNIR-MN), M. Frédéric Boyenga Bofala, en provenance de Bruxelles, ainsi que de son garde du corps Pablo Diumbu Ndjeka.

Selon Olivier Meskens, le chargé de la Communication de l'UNIR-MN, "Monsieur Boyenga est arrivé dimanche dernier à Kinshasa, où Il avait rencontré une série de personnalités du gouvernement et de l’opposition. Et sans crier gare, jeudi soir, huit personnes – des éléments de la Garde républicaine – sont venues le chercher et l’ont emmené depuis dans un endroit qui est inconnu".

Le gouvernement Badibanga autour de 50 ministres et vice-ministres

Ceux qui croyaient qu'en période de crise, le nouvel Exécutif congolais sera réduit au maximum se sont mis le doigt dans l'oeil. La crise c'est pour la population et pas pour ces politiciens irresponsables. En effet, selon les indiscrétions des consultations et apartés, l'étape actuelle ne consiste pas à dire qui prend tel ou tel autre ministère, mais à définir la structure du gouvernement et donc à jouer les équilibristes entre les différentes composantes du dialogue, majorité, opposition, société civile et même les personnalités , qui doivent toutes prendre part au gâteau.

Et à ce stade, chacun joue des coudes, en faisant valoir son poids politique et, parfois, allant jusqu'à menacer de se retirer ou de rejoindre le Rassemblement si l'on obtenait pas gain de cause. Et donc, la taille du gouvernement devra s'en ressentir. On parle soit de maintenir le statu quo, c'est-à-dire le même nombre que Matata II - qui comptait 37 ministres, dont 3 vice-Premiers et 2 ministres d'Etat ainsi en plus de 10 vice-ministres - soit alors passer à "une légère augmentation".

Bref tout laisse supposer que le gouvernement Badibanga comptera "entre cinquante et soixante postes, vice-ministres compris", soulignent les milieux consultés par le formateur. Que ceux qui croyaient naïvement que ce beau monde travaille pour la population déchantent déjà.

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