C'est officiel : L'Angola vient de retirer ses troupes militaires de la RDC

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Bruxelles, 25/12 - Les troupes angolaises, qui étaient en RDC pour former les forces de sécurité dans le cadre d'une coopération destinée principalement à la Garde républicaine et à la Police, deux corps particulièrement épinglés dans les répressions de la population à balles réelles ces derniers jours, viennent de quitter le Congo, selon des informations circulant à Luanda depuis vendredi et confirmées par diverses sources.

L'Angola condamne «la violence récurrente» en République démocratique du Congo et appelle la classe politique, réunie en ce moment autour de l'Eglise catholique, à «préserver la paix», a déclaré le ministre angolais des Affaires étrangères, Georges Chikoti, lors de son discours de fin d’année vendredi 23 décembre. Ce qui fait croire à des pressions sur le gouvernement congolais.

Selon une source diplomatique angolaise citée par RFI, ces militaires seraient tous « partis en permission, sans pour autant être relevés ». « Ils ont plié bagage et sont partis avec tout », assure un officiel du Bas-Congo où étaient déployés ces formateurs.

Pour d'autres sources diplomatiques, il s'agit bien d'un repositionnement de l'Angola pour démontrer sa neutralité. « Un signal clair de la condamnation de la violence récurrente » dans lesquelles la Garde républicaine et à la Police, formées par les Angolais, se sont particulièrement distinguées, commente un diplomate occidental, qui estime que cette décision, vu l'importance historique de l'Angola pour le président Kabila, peut peser.

Fin octobre, le président Dos Santos semblait davantage en phase avec Joseph Kabila venu à Luanda recevoir les félicitations de ses pairs de la région pour l'accord politique obtenu au terme du dialogue coaché par Edem Kodjo avec une partie de l'opposition. Entre-temps, de nouvelles discussions politiques se sont engagées sous l'égide des évêques catholiques.

La RDC a été confronté à de nouvelles violences meurtrières et à des arrestations massives, consécutivement à la fin du 2ème et dernier mandat de Joseph Kabila, le 19 décembre 2016. L'Angola s'est impliqué pour un règlement pacifique de la crise congolaise et n'a jamais caché son inquiétude face à une escalade qui aurait des conséquences sur tous les voisins de la RDC.

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