CENCO : Kabila refuse le dialogue et s'emploie à obtenir un 3ème mandat

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Bruxelles, 30/12 - Les évêques qui ont rencontré Joseph Kabila hier soir sont ressortis de l'audience la tête baissée. En cause ? Les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo qui tentent d'arracher un accord entre majorité et opposition pour éviter le chaos en République démocratique du Congo, sont sortis ce jeudi soir sans mot dire de leur dernière rencontre avec le président Kabila, dont le second et dernier mandat s'est terminé le 19 décembre dernier.

Selon une information publiée par le site de La Libre Belgique hier, tard dans la nuit, alors que depuis dix jours les évêques catholiques annoncent qu'ils sont sur le point d'obtenir la signature d'un accord de partage du pouvoir devant amener le pays vers des "élections apaisées et démocratiques", ils se sont fait éconduire sans ménagement jeudi soir par le président Joseph Kabila qui leur a annoncé qu'il n'entendait signer aucun accord et qu'il allait organiser un référendum populaire.

Comme on peut le constater, le pouvoir persiste dans sa logique d'affrontements. Aussi, les jours prochains seront chauds, même très chauds à Kinshasa et à travers le pays, où la population va également reprendre ses actions visant à envahir les rues pour dire "Bye-bye Kabila".

Collecte de signatures pour le référendum au Katanga et lever de l'immunité de Kyungu

Comme pour prouver que Joseph Kabila ne s'amusait pas et qu'il veut rester seul maître à bord pour plusieurs années encore, les kabilistes ont déjà commencé à collecter des signatures, dès hier jeudi, dans la ville de Kolwezi, province du Katanga, pour obtenir, selon La Libre Belgique, le droit d'aller au référendum et modifier la constitution, en violation complète de l'article 220 de cette même constitution. L'objectif final est de permettre à Kabila de briguer un 3ème mandat, une nouvelle fois en violation de la même constitution.

Pour ceux qui savent lire entre les lignes, ils comprendront pourquoi le pouvoir, après avoir tenté d'éliminer Moïse Katumbi de la course à la présidentielle, s'évertue aujourd'hui à museler le "baba katangais" Gabriel Kyungu wa Kumwanza, accusé d'"offense à chef d'État" et dont l'immunité vient d'être levée à l'Assemblée provinciale du Haut-Katanga par 12 députés pour et 10 autres contre, afin que la justice puisse mettre la main sur lui. Il représentait le dernier dignitaire encore capable de freiner les velléités des kabilistes au Katanga.

Aussi, contrairement aux déclarations du porte-parole de la Majorité, Alain Atundu, lors de ses différentes sorties, suivies  du discours de Kabila le 30 juin où il a souligné que la constitution sera respectée, la politique irresponsable du mensonge a encore prévalu dans ce pays qui multiplie les conditions pour son sous-développement accru, après avoir été classé à la 176ème place mondiale sur 188 pays selon le dernier rapport du PNUD, alors qu'il était avant-dernier en 2013.

Ce vendredi, les évêques catholiques, comme ils l'avaient annoncé, clôtureront les débats d'un dialogue qui a duré trois semaines pour rien, sans espoir d'obtenir la signature d'un accord, mais au contraire avec la certitude d'une déclaration de guerre du pouvoir de Joseph Kabila, à l'égard d'une opposition qui a fait énormément de concessions et, surtout, à l'égard de la population congolaise qui a souvent martelé qu'elle ne voulait pas de prolongation du mandat de Kabila et encore moins d'un nouveau mandat.

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