Fin mandat de Kabila : La capitale congolaise pilonnée à l'arme lourde dans la nuit de lundi à mardi

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Les militaires amassés à la station du Rond-point Ngaba

Bruxelles, 20/12 - Les habitants de la ville de Kinshasa ont pratiquement passé la nuit de lundi à mardi terrés chez eux à la maison à la suite de tirs nourris essuyés à partir du début de la nuit dans plusieurs quartiers résidentiels, à l'approche de la fin du 2ème et dernier mandat de Joseph Kabila, alors que celui-ci entend se maintenir à la tête de la RDC.

Selon des sources contactées sur place, à 20 heures, ça tirait déjà à Kingabwa, alors qu'à N'Djili, une commune étiquetée "zone rouge" pour la promptitude de sa jeunesse à passer à l'acte, on signalait un mort par balles.

Mais l'inquiétude des habitants a commencé à aller crescendo au fur et à mesure que s'approchait l'heure fatidique, à savoir 23h59, soit la dernière seconde sonnant la fin du 2ème et dernier mandat de Joseph Kabila à la tête de la RDC aux termes de la Constitution en vigueur.

Aussi, une heure environ auparavant, nous apprenions que les étudiants de l'Université de Kinshasa se rassemblaient sur leur campus, suivis des jeunes des environs, dans l'objectif de faire mouvement vers le centre-ville, avec comme itinéraire le Palais du peuple, siège du parlement, et le Palais de la nation, siège de la présidence, pour signifier à son locataire qu'il n'était plus le chef de l'Etat congolais.

C'est aussi à ces heures que plusieurs sources feront état de tirs quasi-généralisés, notamment à Bandalungwa, à la Gombe, à Lingwala, du côté de Yolo-Kapela et au Rond-point Ngaba, sans vraiment être en mesure de livrer de précisions quant à la cause ni au but des tirs.

Néanmoins, autour de 23 heures, ce fut au tour de la population de surmonter sa peur des armes. Comme un seul homme, les Kinois de toutes les communes ont entamé à l'unisson un concert de casseroles et de sifflets pour infliger le "carton rouge" à M. Kabila et marquer le début d'une nouvelle ère "sans Kabila". Ce qui a sûrement énervé de plus belle les militaires.

Tshisekedi : Appel à ne plus reconnaître l'autorité de M. Joseph Kabila

Pour rappel, c'est depuis samedi matin que la ville de Kinshasa était entièrement quadrillée par des militaires lourdement armés et des policiers munis de matraques. Ceux-ci ont d'ailleurs organisé, en nombre, une caravane piétonne à travers la ville avec, à leur tête, le général Kanyama en personne, allant jusqu'à exhibant leurs biceps, question de dissuader le carré des derniers irréductibles qui pouvaient encore braver l'interdit de manifester. Mais nul ne savait que la population était plus déterminée que jamais.

Par ailleurs, dans une brève allocution, l'opposant historique et président du comité des sages du Rassemblement des forces acquises au changement, M. Etienne Tshisekedi, a appelé la population congolaise et la communauté internationale à ne plus considérer Joseph Kabila comme le chef de l'Etat congolais, à travers une vidéo enregistrée en sa résidence de Limete, à Kinshasa.

"Je lance un appel solennel au peuple congolais à ne plus reconnaître l'autorité de M. Joseph Kabila, à la communauté internationale de ne plus traiter avec Joseph Kabila au nom de la République démocratique du Congo", a-t-il déclaré en substance dans cette vidéo publiée à minuit, dans la nuit de lundi à mardi.

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