Trois jours d'empoignade entre la Majorité et le Rassemblement pour éviter l'hécatombe du 19 décembre

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Les travaux sous la médiation épiscopale

Bruxelles, 08/12 - Les évêques catholiques ont réussi finalement à arracher l'accord du Rassemblement pour un "Dialogue inclusif", qui s'est ouvert ce jeudi au Centre inter-diocésain de Kinshasa, sous les auspices de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo). Selon les évêques, le dialogue se tiendra pendant trois jours avec un nombre réduit des participants, à savoir 32 délégués soit16 pour chaque camp.

Même si pour Vital Kamerhe, il ne s’agit pas d'un -il d’un "deuxième dialogue" mais d’une "table ronde", personne n'est dupe : le Dialogue du Camp Tshatshi était tout sauf "inclusif" et de ce fait illégal aux termes de la loi, puisqu'il péchait contre l'ordonnance qui le convoquait. Inutile de pleurer aujourd'hui sur l'immense gâchis en terme de temps et d'argent, au moment où Edem Kodjo est gaiment retourné chez lui, après avoir réussi son cirque et profité de la crédulité des Congolais.

C'est donc officiel. les travaux du Dialogue inclusif réunissant d'une part la Majorité présidentielle et les petits opposants ayant participé au dialogue de Kodjo ainsi que, de l'autre côté, le Rassemblement et le Front pour le respect de la constitution mené par le MLC (Mouvement de libération du Congo), qui avaient refusé d'y prendre part pour, disait-il, ne pas cautionner le "glissement" de Joseph kabila, dont le deuxième et dernier mandat arrive à sa fin le 19 décembre 2016.

Ce round dialogue constitue "l’ultime chance pour réussir une transition pacifique" et éviter l'hécatombe annoncée en RDC, qui traverse une zone de forte turbulence marquée par de très vives tensions sociales née du refus de la Majorité à organiser l'élection présidentielle dans le délai constitutionnel, la confiscation des libertés fondamentales, l'inexistence d'une justice distributive et une pauvreté proche de la clochardisation. .

Il faudra pour les évêques, au cours de ces travaux, de concilier les deux points de vue diamétralement opposés entre les "dialoguistes" de Kodjo qui se sont aligné sur l'arrêt de la Cour constitutionnelle selon lequel pour lesquels "conformément à la Constitution, l’actuel chef de l’Etat reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu" et qui ont fixé à avril 2018 la date de s élections. De l'autre le Rassemblement et le Front pour le respect de la Constitution qui estiment que Joseph Kabila ayant "délibérément" refusé d'organiser les élections doit en tirer les conséquences et la Constitution doit être respectée à la lettre, quoi qu'il en coûte.

Consciente de la détermination de la population congolaise, à bout de souffle et décidée à braver la soldatesque que la Majorité a l'habitude d'aligner devant les civils désarmés, les évêques catholiques ont réussi "la solution médiane" chère à Emmanuel Kant. C'est-à-dire tenter de conciler les deux extrémismes.

En clair, au cours de ces travaux, il faudra jongler en trois jours entre "le président reste en fonction après le 19 décembre" et "la fin du mandat de Joseph Kabila à minuit et pas une minute de plus au pouvoir" d'une part et, de l'autre comment et qui gérer la transition après cette date et pendant combien de temps.

Si le premier camp est satisfait du statu quo, le camp anti-daialogue du Camp Tshathsi estime que si il faut avaliser le glissement, celui-ci doit être réduit et exclure ceux qui se sont rendus coupables de la non-organisation de la présidentielle, au premier rang Joseph Kabila. Il faudra beaucoup de génie, de tact et un peu de magie? pourquoi pas, pour démêler cet écheveau en trois jours.

Première conséquence: Samy Badibanga devra cracher le champagne qu'il a sablé, car son imperium est définitivement perdu, ou presque. Enfin, selon le porte-parole de la CENCO, si "ces échanges directs" entre les protagonistes de la crise politique congolaise aboutissent", ce dont elle n'est elle-même pas encore sûre, c'est alors qu’une "rencontre historique au sommet" pourra avoir lieu entre Kabila et Tshisekedi.

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