La Majorité sollicite un délai pour présenter ses propositions pour l’arrangement particulier

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Bruxelles, 09/01 - L’élaboration consensuelle de l’arrangement particulier devant accompagner l’accord issu du dialogue politique inclusif dans la mise en œuvre de son contenu constitue un nouveau chapitre est ouvert dans le processus de règlement définitif de la crise de légitimité qui déchire le pays depuis plus d’une décennie, selon des sources proches de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), qui a parrainé les discussions entre signataires et non de l'accord du 18 octobre.

Des informations obtenues indiquent que la Majorité présidentielle a sollicité un délai pouvant lui permettre d’élaborer ses propositions en rapport avec ce document important, tandis que le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement a affirmé être déjà prêt depuis bien longtemps avec les siennes.   

Les discussions en internes sur les propositions ont démarré jeudi dernier en aparté au siège habituel de réunions de la CENCO sujet, entre la Majorité présidentielle, le Rassemblement et la Société civile, tandis que les travaux d’harmonisation des propositions faites par les délégués des deux plateformes politiques et la société civile marqueront incessamment l'étape ultime. Mais il reste à savoir sur quoi portera l’arrangement particulier dont on parle tant depuis la publication de l’Accord issu du dialogue politique inclusif conduit par la CENCO.

Selon Christophe Lutundula, l’une de figures de proue du Rassemblement, cité par l’Agence Chine Nouvelle, l’arrangement particulier dont il est question portera essentiellement sur la composition du Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSAP), le mode de désignation des 28 membres de cette structure et de la composition du gouvernement d’Union nationale de Transition (GUNT).       

Aux termes de l'accord, le CNSAP doit être présidé par le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Etienne Tshisekedi, président du comité de sages du Rassemblement, secondé par des personnalités issues de la Majorité présidentielle, de la société civile ainsi que d’autres partis se réclamant de l’opposition.  

On apprend par ailleurs que Joseph Kabila s’est personnellement impliqué dans la démarche visant l'élaboration de l’arrangement particulier, en encourageant la CENCO d’aller jusqu’au bout de ses bons offices au profit de la RDC et de son peuple. Sans nul doute que le président congolais compte saisir l'ultime chance lui offerte pour sortir la tête haute.

Des couacs concernant la Primature

Si le compromis politique global et inclusif prévoit que le prochain Premier ministre soit issu du Rassemblement de l’opposition, chaque groupe de cette plateforme a proposé un candidat Premier ministre. Mais le Premier ministre Samy Badibanga et son camp ont fait savoir aux évêques que ce compromis-là s’était fait sans leur accord et qu’ils entendent bien avoir leur mot à dire, tout simplement parce qu’au titre de la Constitution, c’est le Premier ministre qui doit choisir de démissionner ou il doit être démis par l’Assemblée. Pour une fois que les gens qui ont voulu fouler la Constitution aux pieds invoque le texte lorsqu'il est en leur faveur.        

Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, avait d’ores et déjà dit que le soutien des députés de la majorité au nouveau gouvernement n’aurait rien d’automatique. Sans démission, pas de nouveau gouvernement. Et il est hors de question que l’on lâche la primature, confie un proche de Samy Badibanga.    

Deuxième point de blocage, le front pour le respect de la Constitution, coatché par le MLC et Eve Bazaiba, conditionne sa signature de l’accord à l’obtention de la présidence du comité de suivi, accordé à Etienne Tshisekedi aux termes de l’accord signé le 31 décembre. La majorité, pour sa part, répète n’avoir signé l’accord que « sous réserve d’inclusivité » et donc sous réserve que la plate-forme du MLC signe également.. Sans inclusivité, pas d’accord.

L'UDPS pour la Primature : oui mais ...

Selon Radio Okapi « le G7 ‘accepte’ que l’UDPS propose un Premier ministre» et précise : « Le G7 ne trouve pas d’inconvénient que le prochain Premier ministre qui sera nommé à la suite de l’accord du 31 décembre soit issu de l’UDPS, parti de l’opposant historique Etienne Tshisekedi ».

« Nous acceptons que l’UDPS puisse nous proposer un candidat Premier ministre », a déclaré samedi 7 janvier Pierre Lumbi, président de ce regroupement de partis qui ont quitté la majorité en 2015 et rejoint l’opposition.  Mais Pierre Lumbi reconnaît que le Rassemblement de l’opposition ne s’est pas encore prononcé officiellement sur la personnalité qui devra occuper les fonctions de Premier ministre.

« Je sais qu’il y a un certain nombre de camarades qui se sont déjà prononcés sur cette question de la Primature. Mais le Rassemblement n’a pas encore levé une option », note-t-il, ajoutant « Nous espérons que tous les amis comprendront que nous avons intérêt à ce qu’un Premier ministre sorte d’un parti fort. Et le premier de ces partis, c’est l’UDPS », soutient le président du G7.       

Plusieurs regroupements sociétaires du Rassemblement ont ainsi déjà déclaré ouvertement avoir donné carte blanche à l’UDPS d’Etienne Tshisekedi pour la désignation d'un Premier ministre, comme c'est le cas du G7 avec le MSR de Pierre Lumbi, l’Unadef de feu Mwando Nsimba, l’Unafec de Gabriel Kyungu, l’ARC d’Olivier Kamitatu, le PDC de José Endundo, le MSDD de Christophe Lutundula et l’ACO de Dany Banza et de la Coalition des Alliés de Tshisekedi avec Lisanga Bonganga, la DC d’Eugène Diomi et autres.

Le portrait robot du nouveau Premier ministre

L’AR (Alliance pour la République) avec l’Envol de Delly Sessanga, le FCR de Jean-Bertrand Ewanga, le MLP de Franck Diongo… avait promis d’adhérer à la même position ce lundi.  Du côté de la Dynamique, la CDC de Gilbert Kiakwama, l’Ecide de Martin Fayulu, Congo na Biso de Freddy Matungulu, les Fonus de Joseph Olenghankoy, le MPCR de Jean-Claude Vuemba… viennent de lancer un message à l’unité du Rassemblement.

Aussi, même si ce regroupement politique de l’opposition ne s’est pas encore exprimé au sujet de la Primature, on croit savoir qu'il sous-entend qu'il faut s'incliner devant le patriarche et président du comité des sages, Etienne Tshisekedi, compte tenu de « sa constance et sa foi dans le combat ».           

Mais ce qui inquiète encore, c’est le choix qu'il faille opérer. Plusieurs voix se font entendre pour dépeindre le profil du futur Premier, qui devrait être "un technocrate répondant aux critères d’expérience professionnelle, de compétence, de probité morale, de patriotisme, de fidélité à l’idéal du changement de gouvernance au sein de l’Exécutif national".

Bref, selon les observateurs, le Premier ministre devra être un homme (qui doit) :
     -  Diplomate, Patriote et crédible  
     -  Compétent, d’une forte personnalité et rassembleur.
     - Avoir une connaissance des grandes questions  liées aux dossiers importants du pays
     - Avoir une expertise de gestion suffisante des affaires publiques ou équivalent,   
     - Intègre, de probité morale approuvée.
Vous voyez déjà, vous, à quelle personne peut correspondre ce portrait robot ?

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