Onze cas d'Ebola découverts au Bas-Uélé dont trois décès

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Kinshasa, 14/05 - La résurgence de la fièvre hémorragique à virus Ebola a été confirmée par le gouvernement congolais, avec la découverte de onze (11) cas au Bas-Uélé, dont trois (3) décès entre le 22 avril et le 13 mai 2017. Le ministre de la Santé publique, le Dr Oly Ilunga Kalenga, l'a annoncé samedi dans sa communication spéciale en rapport avec l'épidémie qui sévit depuis le 22 avril 2017 dans cette partie de la RDC.

Selon une dépêche de l'Agence congolaise de Presse (ACP) reçue dimanche, l'information a été transmise par la division provinciale du Bas-Uélé, qui précise que des cinq (5) échantillons de sang prélevés chez les cas suspects, trois (3) sont confirmés négatifs alors que deux (2) se sont révélés positifs. Le ministre de la Santé a précisé qu'une équipe de la division provinciale du Bas-Uélé a été dépêchée dans l’aire de santé de Nambwa.

« Nous avons mis en place un comité national de lutte et j’ai eu ce matin une séance de travail avec le gouverneur de la province du Bas-Uélé pour finaliser la mise en place du comité provincial de lutte. Une équipe d’experts pour la riposte a quitté Kinshasa samedi matin à destination de Likati, tandis que d’autres suivront dans les prochaines heures avec tous les équipements appropriés en vue de renforcer la riposte déjà en cours », a-t-il déclaré.

Le Dr Oly Ilunga Kalenga a également annoncé qu’une séance de travail a été tenue ce même samedi avec la directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Matshidiso R. Moeti, ainsi qu’avec le représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations Unies et coordonnateur humanitaire pour faire le point sur la situation. « Nous pouvons dire que les dispositions adéquates pour gérer la crise ont été prises et la situation est donc sous contrôle», a-t-il affirmé.

Il a invité la population à ne céder ni à la panique, ni à la désinformation, promettant de la tenir au courant de l’évolution de la situation sur le terrain en toute transparence et au fur et à mesure des développements. La RDC dispose d’experts bien formés et expérimentés dans la gestion rapide et efficace de ce type de situation, lesquels ont leurs preuves tant sur le plan national qu’international, a-t-il rappelé.

L'OMS rassure d'appuyer la réponse contre Ebola

La directrice régionale de l’OMS, Matshidiso R. Moeti a, à l'issue de son entretien avec le ministre de la Santé publique, déclaré qu'elle est venue rassurer le gouvernement congolais que l’OMS va travailler aux cotés du ministère de la Santé et du gouverneur du Bas-Uélé en vue d'appuyer la réponse conte la maladie à virus Ebola. « Nous sommes là pour donner l'appui technique de l’OMS et nous sommes en train de mobiliser nos experts pour venir sur place en RDC », a-t-elle indiqué avant de conclure : « J'ai l'espoir que nous allons très rapidement contrôler cette épidémie ».

La population du Bas-Uélé invitée au calme

Le gouverneur du Bas Uele a, de son côté, invité la population de cette province au calme par rapport à la maladie à virus Ebola qui sévit dans cette région. Il l’a dit au sortir d’un entretien avec le ministre de la Santé publique dans son cabinet. Il a indiqué que « La population n’a pas à paniquer car, nous avons déjà eu à vivre ces instants, dont la dernière fois en 2004, et on a pu les gérer. Je pense que nous sommes dans le même cas et on ne peut certainement pas verser dans la panique. Il faut être tranquille et vigilant ».

Il a annoncé qu’au niveau locale, la sensibilisation a déjà commencé juste dans la zone de santé incriminée, notamment Aketi, pour que l'ensemble de la population puisse allez travailler sur la piste d'aviation qui est en train d'être réhabilitée en vue d'accueillir les membres du gouvernement central et les partenaires.

Résurgence de la dermatite à paederus (Ekonda)

La ville de Kinshasa est, elle aussi, victime d'une maladie de la peau, la dermatite à paederus, qui a resurgi à travers la capitale en début de cette saison sèche, a confirmé samedi le dermatologue Aristote Ali, médecin à l’hôpital Bondeko lors d’un entretien avec l’ACP. Selon lui, la dermatite à paederus est un insecte qui fait sa résurgence lors du changement saisonnier. Cet insecte produit une lésion lors de son écrasement partiel sur la peau en y libérant de la péderine (le liquide qui laisse la brulure).

Le plus souvent, l’insecte écrasé est poussé sur le coté pour le faire tomber et la péderine se déposera sur toute la ligne du trajet de sorte que la lésion ait un aspect linéaire. M. Aristote a souligné qu’une fois que la péderine est déposée sur la peau au niveau du point de contact de l’insecte, elle peut se propager sur d’autres parties du corps, à une période allant de deux jours à trois semaines. Il a donc proscrit d'écraser les insectes sur la peau, mais les souffler ou les enlever, tout en recommandant aux personnes infectées de se faire consulter par un dermatologue pour bénéficier d’un traitement approprié.

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