POINT DE VUE : Tribune libre de Raymond-Camille Inwen

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Katumbi et Kamitatu s’additionnent mais ne se soustraient pas

Paris, 01/06 - Moïse Katumbi, grand homme d’affaires et ancien gouverneur du Katanga est un candidat sérieux à la Présidence de la République. Il l’a déclaré et il le veut. Il est en plein combat pour l’alternance en République démocratique du Congo. Il construit, patiemment et même au péril de sa vie, l’espace sur lequel il se reposera pour atteindre cet objectif.

Comme on le sait, il n’a pas de parti politique encore connu officiellement, dans cette étape de son combat. Il est un homme politique nouveau, qui est en train de s’insérer dans le microcosme politique congolais. Dont acte.

Pour sa part, Olivier Kamitatu, comme j’ai eu à le comprendre, est un homme politique accompli. Il est président d’un parti politique, l’ARC (Alliance pour le Renouveau du Congo). Je connais, personnellement, des amis et des gens sérieux qui ne jurent que par lui et s’y sont investis. Il a un passé avec la République pour l’avoir servie à un très haut niveau. Il a une histoire avec le peuple congolais pour avoir été son élu. Il est comptable, en bien ou en mal, de ce patrimoine duquel il ne peut se départir.

Dans la phase actuelle de la lutte pour l’alternance, je ne vois pas comment M. Kamitatu peut devenir porte-parole de M. Katumbi. Je le vois occuper un rôle beaucoup plus prépondérant que d’organiser la Communication. Il vaut plus et doit laisser ce rôle restrictif et minimal à d’autres, un journaliste patenté ou un homme politique de haut rang non président de parti. Il doit, comme il le fait si bien aujourd’hui, participer avec Katumbi dans la conception, l’organisation de la toile politique à venir. Il doit être une lampe qui éclaire la pensée et non le tribun qui annonce, même s’il en a tous les atouts.

Je sais que M. Katumbi a un grand besoin d’un Porte-parole qui va améliorer certaines insuffisances patentes qui caractérisent ses émissaires. Il peut mieux s’entourer au lieu de conserver ces cloisons qui l’empêchent de voir et d’être vu, qui l’empêchent d’entendre et d’être entendu. Il est révolu cette époque des thuriféraires et autres laudateurs ou courtisans fieffés.

Nommer Kamitatu comme porte-parole, dans le moment actuel, c’est le réduire au rang de collaborateur. Voilà pourquoi je ne souhaiterais pas que leurs passés se télescopent ou s’entrechoquent pour constituer une seule moule qui sera une cible facile que la Majorité Présidentielle, l’ennemie du peuple congolais, n’aurait aucune peine à abattre ou à corrompre comme il sait si bien le faire. L’état d’hébétude actuel du RASSOP doit nous inciter à plus de prudence et de lucidité.

Voilà pourquoi je plaide pour que nos deux champions continuent à cheminer ensemble sans se diluer. Il y a un Katumbi et il y a un Kamitatu, tous deux en marche pour l’alternance.

 

Note du Signal : L’opposant congolais Moïse Katumbi Chapwe, candidat déclaré à la présidentielle en RDC, prévue en principe d’ici la fin de l’année pour désigner le successeur du chef de l’État, dont le second mandat a expiré le 19 décembre dernier, a annoncé mercredi la nomination de M. Olivier Kamitatu Etsu comme porte-parole. Dans un tweet, celui-ci s’est déclaré très honoré de la confiance que Katumbi place en lui.

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