L’ouvrage Persona non grata de l’ambassadeur Kimbulu Moyanso wa Lokwa bientôt en librairie

Publié le par Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa

Bruxelles, 3/08 – Le livre Persona non grata : Les souvenirs du dernier ambassadeur de Mobutu, écrit par l’ancien chef de la mission diplomatique du Congo-Zaïre à Bruxelles, M.Jean-Pierre Kimbulu Moyanso wa Lokwa, sera disponible en librairie le 22 septembre prochain, annonce-t-on des milieux proches de l’auteur.

L’ambassadeur Kimbulu, qui a également exercé la carrière la plus longue de chef de mission, du fait de ses relations très étroites avec le Maréchal président, est un témoin et acteur de premier ordre sur les relations souvent torrides qui ont existé entre le chef d’Etat zaïrois et ses partenaires extérieurs, Bruxelles étant le centre névralgique où se nouaient et se démêlaient l’écheveau des rapports entre le Congo-Zaïre et le monde.

Edité par la Fondation Telema, l’ouvrage retrace, sur 309 pages, les souvenirs accumulés par ce diplomate zaïrois au cours de sa longue carrière (1989-1997), au moment où son pays est en pleine splendeur sur les plans aussi bien politique qu’économique, mais qui va allègrement s’estomper au fil des divers conflits avec ses partenaires, spécialement la Belgique, et du processus démocratique très mouvementé amorcé par Kinshasa en 1990.

L’ouvrage s’attarde sur les différents épisodes qui constituent la trame des relations en dents de scie qu’entretenaient Kinshasa et Bruxelles ainsi que sur les diverses tentatives de conciliation, sur fond d’une panoplie d’articles d’une presse belge visiblement hostile au pouvoir en place à Kinshasa et nourries aux élucubrations de l’opposition congolaise naissante.

Persona non grata révèle à cet effet que des acteurs politiques du moment, tels Nguz a Karl-i-Bond mais aussi Lambert Mende – chasser le naturel il revient au galop, dit-on - vont exceller dans la culture du mensonge et alimenter la presse belge totalement acquise à sa cause pour affaiblir Mobutu.

Mais c’est surtout l’Affaire dite de « Massacre de Lubumbashi » qui va asséner le coup de grâce à l’homme à la toque de léopard, même si la Conférence nationale souveraine avalisera, sur le tard, la thèse gouvernementale relative au conflit entre étudiants. Kinshasa paiera d'ailleurs longtemps - et encore aujourd'hui - les turpitudes des uns et des autres, car « le mal était déjà fait », lequel préparera le lit à l’apparition de la rébellion de l’AFDL et l’installation du pouvoir aujourd'hui décrié.

L’auteur, parmi les hommes politiques qui avaient l’oreille de Mobutu, livre ici un récit où se mêlent intrigues et compromissions alimentées par une classe politique rompue aux entourloupes et dont une bonne frange arpente encore les allées du pouvoir à Kinshasa, sous le couvert d’une virginité retrouvée. Il fait aussi la part belle à tous ces étrangers qui étaient contraints de se bousculer au portillon d’un pays aux ressources incommensurables.

Persona non grata, à travers le témoignage d’un acteur souvent aux premières loges, promène le lecteur à travers ce pan important de la vie mouvementée de l’ère Mobutu, de même qu’il livre des pistes de solutions devant servir de point d’appui pour des relations adultes et responsables entre Kinshasa et ses partenaires. A ce titre, il constitue un livre de référence en matière de diplomatie congolaise et – pourquoi pas – belge en matière africaine.

La présentation de l’ouvrage, initialement prévue pour le 7 septembre, date marquant le 20ème anniversaire de la mort du Maréchal Mobutu Sese Seko, devrait être retardée pour cause de congé annuel en Belgique.

 

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